Romain de Veyrac (AIAM) : « L'assurance a été trop longtemps décriée »

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Cet agent général Allianz, qui travaille au sein du cabinet familial à Marseille, vient d’être nommé président de l'Association interprofessionnelle de l’assurance en Méditerranée (AIAM). Cette structure, qui rassemble différentes familles du monde de l’assurance, se veut un outil de promotion et de facilitation de l’assurance sur le pourtour méditerranéen.

Romain de Veyrac
Président de l’Association interprofessionnelle de l’assurance en Méditerranée (AIAM)
Romain de Veyrac Président de l’Association interprofessionnelle de l’assurance en Méditerranée (AIAM)
PHOTOS : Ian HANNING / REA
INTERVIEW  

Argus de l'Assurance : Vous avez été élu récemment à la tête de l’Association interprofessionnelle de l’assurance en Méditerranée, une association qui a plus de 20 ans… Quel est son rôle aujourd’hui ?

Romain de Veyrac (AIAM) : L’Association interprofessionnelle de l’assurance en Méditerranée (AIAM) a été créée en 1996 par trois familles du monde de l’assurance. Les courtiers, via la Chambre syndicale des courtiers d’assurances (CSCA) Méditerranée qui représente 150 cabinets. Les compa­gnies d’assurance, via l’Adreca, l’Association des directeurs et responsables des compagnies d’assurances, qui représente une quinzaine de structures, soit 5 000 salariés. Et les agents généraux d’assurance via Agéa, la Fédération nationale des syndicats d’agents généraux d’assurance, qui représente 800 agents généraux dans les régions Paca et Occitanie, hors salariés. Le principe étant celui d’une présidence tournante, j’ai été désigné président de l’AIAM pour deux ans, en tant que membre de la famille des agents généraux d’assurance. À noter que d’autres acteurs sont venus se greffer, au fil des ans : les experts via la Compagnie des experts agréés Provence-Méditerranée, le CDIA, le Centre de documentation et d’information de l’assurance, les centres de formation (Instituts des assurances d’Aix-en-Provence et de Montpellier, l’Institut de formation des profes­sionnels de l’assurance…), les agents maritimes, le Centre national de prévention et de protection (CNPP)... L’objectif de l’AIAM est la promotion de l’image de l’assurance en Méditerranée, de Menton à Perpignan. L’assurance a été trop longtemps décriée. Il est donc important de montrer le rôle considérable de l’assurance dans l’économie locale et nationale.

Comment vous positionnez-vous par rapport aux autres structures et associations représentant le monde de l’assurance ?

L’AIAM ne cherche pas à concurrencer tel ou tel organisme. Nous regroupons toutes les structures de l’assurance pour mettre en place des actions globales, collectives. Nous cherchons à être efficaces, à renforcer la bonne image du secteur. Nous avons, au moins, un équivalent à Lyon, l’Association interprofessionnelle de l’assurance lyonnaise. Pour l’instant, nous n’avons pas d’actions communes, ni de véritables échanges. Mais c’est en projet.

Quelle est la particularité du territoire couvert par l’AIAM, à savoir les régions Paca et Occitanie ?

C’est un territoire vaste avec un poids économique important et une forte densité de popu­lation. C’est aussi une région où les incen­dies sont violents et les événements clima­tiques lourds (inondations, intempéries). Dans ces moments-là, plus que jamais, nous devons nous mobiliser pour être aux côtés des personnes sinistrées afin de répon­dre aux questions et attentes de la population. L’occasion de montrer que les assureurs sont des acteurs majeurs de l’économie, en réinjec­tant de l’argent dans le circuit économi­que.

Quelles autres actions menez-vous ?

Au quotidien, nous avons des contacts avec le monde politique, économique et médiatique local afin d’informer et d’échanger avec eux sur nos métiers et les renseigner. Nous organisons aussi des événements… Le dernier exemple en date : les Rencontres de l’AIAM, qui se sont déroulées en mai 2017 à Marseille, avec un débat consacré à la distribution et à la digitalisation. Nous avons l’habi­tude de cibler des thèmes qui rassem­blent tous les acteurs de l’assurance que nous représentons. Nous souhaitons, à terme, nous ouvrir davantage aux tiers. Cela impliquera de revoir quelque peu les sujets traités lors de nos conférences et rencontres.

SON PARCOURS

Romain de Veyrac, 43 ans, marié, 4 enfants (4 garçons), est titulaire d’une maîtrise de droit et d’un Master droit des affaires à Aix Marseille Université.

  • 1998-2000 Intègre le cabinet familial à Marseille et en devient salarié.
  • 2000 Nommé agent général d’assurance du groupe Allianz.

S’ouvrir davantage aux tiers, c’est-à-dire ?

Nous avons à cœur de montrer qu’il y a de beaux et nombreux métiers dans l’assurance, afin de donner envie aux jeunes, par exemple, de nous rejoindre. Notre message est clair : l’assurance c’est la protection du consommateur dans sa vie de tous les jours.

Et tout au long de sa vie. Les jeunes connaissent les noms des grandes compagnies d’assurance, mais n’imaginent pas tous les métiers que ces dernières proposent.

Vous avez été désigné président de l’AIAM en tant qu’agent. Quel est votre parcours dans cette profession ?

J’ai intégré, en 1998, le cabinet familial, créé après-guerre, en 1945, par mon grand-père. Aujourd’hui mon père est parti à la retraite et je travaille aux côtés de mon frère aîné, Hervé (NDLR : ancien président d’Agéa).

Nous couvrons tous types de risques. Mais nous sommes davantage perçus comme des spécialistes de l’entreprise. Nous intervenons dans plusieurs domaines dont la construction, les assurances collectives, etc. Le cabinet a acquis une belle notoriété grâce, notamment, à son ancienneté et à ses équipes.

Quelle est la taille de votre cabinet ?

Nous comptons aujourd’hui une dizaine de collaborateurs pour environ 1,5 M€ de commis­sions. Notre cabinet a su évoluer en taille, mais aussi en mode de gestion, de fonctionnement. Nous nous sommes adaptés aux mutations du monde entrepreneurial et de l’assurance, ainsi qu’aux différentes (et nombreuses) mesures qui ont modifié la façon d’exercer notre métier. À chaque fois, nous essayons de prendre le bon côté des choses. Ces changements poussent à plus de conseils, plus d’informations et donc davantage de protections pour le client.

Concrètement, que pensez-vous de Solvabilité 2 ?

La directive européenne Solvabilité 2 vise à un renforcement des exigences de solvabilité des compagnies. Par ricochet, l’ensemble des acteurs est concerné. Cela va, notamment, entraîner des évolutions quant à la façon de distribuer les produits. Mais mieux vaut se focaliser sur la finalité de cette directive, c’est-à-dire sa partie positive : la protection du client.

Le consommateur est au cœur de la future directive DDA… Comment l’appréhendez-vous ?

Concernant la directive sur la distribution d’assurance, qui sera transposée en février 2018, celle-ci comprend notamment trois mesures essentielles. À commencer par l’exigen­ce renforcée de formation des distributeurs. Cela ne peut qu’être bénéfique. Et force est de constater qu’aujourd’hui, beaucoup de solutions s’offrent à nous pour accéder à de la formation. Autre mesure : POG pour Product oversight and governance (NDLR : surveillance et gouvernance produit)qui imposera notamment aux fabricants de produits d’identifier le « marché cible » de chaque contrat. Enfin une autre mesure vise à renforcer la notion de conseil et d’information du consommateur. Nous sommes déjà dans cette dynamique, il n’y aura pas de révolution sur ce sujet. Cela ne veut pas dire qu’auparavant, aucun conseil n’était apporté. Aujourd’hui, le conseil doit être formalisé : nous passons de l’oral à l’écrit.

Qu’aimeriez-vous dire aux députés qui viennent d’être élus à l’Assemblée nationale ?

C’est l’entrepreneur qui parle : il faut donner de la liberté d’entreprendre, de la liberté de créer pour favoriser la croissance (et donc embaucher, investir…). Le tissu économique, qu’il soit national ou régional, a besoin de cette grande respiration. Il est nécessaire de créer les conditions d’un développement de l’entreprise pour une croissance partagée. Tout casser n’est jamais une bonne chose. Dans notre métier de distributeur, certains sujets vont être particulièrement importants pour nous : la santé (notamment en assurance collective) et la fiscalité (Assurance vie, immobilier, ISF).



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article extrait de l’argus de l’assurance

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