« Le dommages, mais pas à n'importe quel prix »
Mots clés : - Solvency 2
Quel est le bilan 2009 d'Axa Corporate Solutions ?
Hors effet de change, l'activité 2009 progresse de 2,3 % pour s'établir à 1,9 MdE. En dépit de la crise économique, les investissements que nous avions réalisés en 2007 et 2008 pour disposer de bureaux Axa Corporate Solutions à Shanghai, à Singapour, à Hong Kong ou encore dans les pays du Golfe, se sont révélés pertinents en 2009. C'est dans ces régions que nos clients sont allés l'an dernier et nous avons pu les accompagner. Ce mouvement a soutenu notre croissance.
Quelles sont les lignes d'activité qui ont enregistré les meilleures performances ?
Même si cela est un peu inhabituel pour un assureur grands risques, l'automobile est l'une des satisfactions de 2009 pour la société. Le département flotte auto poursuit son développement en ce début d'année, avec 12 ME d'affaires nouvelles au 1er janvier. Alors que certains de nos concurrents opèrent actuellement d'importantes majorations tarifaires, Axa CS s'est attaché depuis 2000 à suivre ce risque au plus près, du coût des corporels notamment, et à revaloriser progressivement ses niveaux de primes en fonction de ces évolutions. Si, dans le passé, nos concurrents ont pu bénéficier de cette démarche très « technique », aujourd'hui qu'ils opèrent un rattrapage tarifaire, c'est Axa Corporate Solutions qui profite de la situation. La RC, pour d'autres raisons, fonctionne bien également. Sur cette branche à déroulement long, les clients apprécient la stabilité dans le temps et la surface financière d'Axa Corporate Solutions.
Et la branche dommages aux biens ?
La branche dommages aux biens est centrale dans la relation qui se noue entre un assureur des risques industriels, comme Axa Corporate Solutions, et son client. Donc notre intérêt reste entier, mais pas à n'importe quel prix. Compte tenu de la sous-tarification chronique de l'activité depuis cinq ans, nous avons en 2009 initié une stratégie nouvelle. Parce que notre principal objectif est de conserver la relation nouée avec nos clients, nous avons choisi, quand des baisses de primes intervenaient sans être légitimées techniquement, de diminuer notre part, parfois substantiellement, dans le programme de coassurance. Cette stratégie permet de garder la relation tout en privilégiant l'aspect technique de notre souscription. En sens inverse, la démarche est la même : dès lors qu'une affaire est équilibrée techniquement, nous avons cherché à augmenter nos positions. Résultat, notre taux de rétention (95 %) est élevé et, d'un point de vue actuariel, la rentabilité du portefeuille s'améliore.
Qu'en est-il de la sinistralité ?
La sinistralité Cat s'est révélée plus clémente l'an dernier qu'en 2008. C'est une bonne chose, car cela permet aux assureurs d'afficher des résultats techniques de bonne facture en dépit de la crise économique. Cependant, cela a une conséquence fâcheuse, car cette clémence gomme une bonne partie de la sous-tarification à l'oeuvre sur la branche dommages aux biens. Dans l'analyse des comptes et de la rentabilité des activités menée en interne, nous nous attachons à suivre la sinistralité sur dix années pour annuler les fluctuations dues au hasard. Bien entendu, les comptes 2009 publiés sur le marché reflètent seulement l'exercice passé. Contrairement à la branche RC (du fait des IBNR), les marges de manoeuvre en dommages sont quasi inexistantes. Le tremblement de terre de L'Aquila en Italie constitue toutefois un sinistre Cat significatif, tant pour Axa Corporate Solutions que pour le marché. Dans notre portefeuille, un petit nombre d'entreprises ont été affectées pour un montant supérieur à 100 ME. Enfin, le principal sinistre de l'exercice passé est une autre catastrophe, il s'agit du vol Rio-Paris d'Air France. Au total, le ratio sinistres à primes (s/p) 2009 s'améliore par rapport à 2008 et notre ratio combiné est en amélioration à 99 %.
Quid de Solvabilité 2 pour Axa CS ?
Depuis deux ans maintenant, nous publions nos comptes avec en tête l'architecture préconisée par Solvabilité 2. Même si ce mode de calcul, cette feuille de route, est appelée à évoluer avant son entrée en vigueur, lorsque nous l'appliquons aujourd'hui à Axa Corporate Solutions, il ressort un ratio de solvabilité largement supérieur aux exigences du régime. Sous Solvabilité 2, notre marge de solvabilité est confortable puisqu'elle se chiffre bien au-delà de 100 %. Axa Corporate Solutions dispose dans cette architecture prudentielle d'un avantage important : notre mix de business est très diversifié, avec une activité automobile, une activité dommages aux biens, transport, responsabilité civile, individuelle accident... Cet effet de diversification représente un avantage considérable, une économie en fonds propres d'environ 30 %, si l'on compare avec ceux d'un assureur cantonné aux seuls dommages aux biens.
Le nouveau régime prudentiel fera-t-il évoluer vos relations avec le groupe Axa, votre actionnaire ?
Les implications de ce régime dans nos relations avec notre maison mère se résument à deux éléments. D'une part, il apparaît qu'Axa CS dispose de suffisamment de fonds propres et que l'actionnaire n'aura nul besoin d'en apporter de nouveaux. D'autre part, le régime prudentiel réclame davantage de fonds propres pour fonctionner et, même si Axa CS en dispose déjà en interne, l'actionnaire nous demandera de les rémunérer. Disposer d'une solvabilité accrue apporte une garantie supplémentaire et, comme toujours, cette garantie a un prix. La tendance induite par Solvabilité 2 est donc à la hausse des tarifs.







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