Anne Savey : la clé de l'audit

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Pur produit de la construction du groupe mutualiste Covéa, Anne Savey prouve que l’on peut faire carrière dans l’audit interne. Et aimer çà.

Anne Savey, Responsable de la direction opérations
audit interne France de Covéa
Anne Savey, Responsable de la direction opérations audit interne France de Covéa
LAETITIA DUARTE

Depuis le 2 février, Covéa se rapproche du « Solvabilité 2-compatible ». Parce qu’elle porte les activités d’audit interne, celle des quatre fonctions clés qu’il est impératif de sanctuariser, Anne Savey est direc­tement rattachée au PDG du géant mutualiste, Thierry Derez. Si ce gage d’indépendance est souhaité par les textes, il a aussi valeur de symbole. « J’ai la chance formidable d’avoir pu suivre Covéa dans sa construction, et d’avoir accompagné le déploiement des métiers de l’audit et du contrôle », estime ce pur produit maison, enthousiaste d’être, avec la vingtaine de personnes de l’équipe d’audit – issues de la GMF, de la Maaf ou de MMA et basées à Niort, au Mans ou à Paris – « assez représentatifs, à notre petite échelle, de ce qu’est Covéa ».

SON PARCOURS

  • Son âge 42 ans.
  • Sa formation Centrale Nantes, DESS administration des entreprises (IAE de Lille), CHEA.
  • Sa fonction Responsable de la direction opérations audit interne France de Covéa.

Calcul des structures

Anne Savey partage sa fonction avec Bertrand Lefebvre : l’audit interne groupe pour lui, les opérations d’audit sur les entités françaises pour elle, soit environ vingt-cinq missions par an. Le tandem devrait bien fonctionner. « Je suis dans son sillage depuis 2006, sous sa responsabilité directe depuis 2010, et quand il a rassemblé toutes les équipes d’audit interne françaises en 2013, il m’en a confié la responsabilité. Je lui dois beaucoup », explique Anne Savey qui, tout en travaillant très régulièrement à Tivoli (les nouveaux locaux du groupe, rue Saint-Lazare à Paris), reste officiellement basée au Mans, où elle apprécie de pouvoir cultiver son jardin.

Le Mans est aussi le berceau professionnel de cette Normande, rentrée chez MMA en 1996 comme chargée d’études actuarielles sur l’assurance habitation. Un premier poste qui plonge cette ingénieure spécialisée dans le calcul des structures dans la technique assurantielle. Un monde dont, certes, son père était issu – comme inspecteur puis directeur régional chez PFA-Athéna (Allianz) –, mais bien loin de la modélisation des dispositifs d’amarrage des méthaniers, objet de son stage de fin d’étude chez GDF…

L’audit interne, elle tomberadedans en 1999, dans le cadre de son deuxième poste. En plus d’y découvrir une « grande variété de sujets », elle assiste à l’acte I de la naissance de Covéa, avec la fusion de la Maaf et de MMA. Si elle repasse ensuite par l’actuariat, cette fois sur le marché des entreprises (« mon expérience d’ingénieure m’a bien servi »), ce sera pour replonger en 2006. Au moment où l’histoire de Covéa commence à s’écrire à trois, avec Azur-GMF. Au moment où « l’activité d’audit commençait à apparaître dans ses nouvelles dimensions, préfigurant les fonctions clés de Solvabilité 2 ».

Évolution du métier

Parallèlement, elle prend la présidence du groupe professionnel assurance de l’Institut français des auditeurs et contrôleurs internes (Ifaci). Dans ce « groupe d’échange, entre homologues de la place, nous partageons des méthodes, nous débattons de la façon dont il faut interpréter les textes de Solvabilité 2 et, surtout, nous réfléchissons à l’évolution de nos métiers », explique Anne Savey. Un sujet qui, manifestement, la préoccupe : en 2013, son mémoire du CHEA portait sur « l’assurance sans assureur ». Convaincue que « la science du risque est un vrai métier », elle tend à défendre le rôle des « vrais assureurs ». Sans nier les offensives sur la chaîne de valeur de l’assurance, qu’il serait une erreur, selon elle, de résumer aux Facebook, Google, ou autres chantres du big data.

Même si son parcours prouve que « des carrières se font dans l’audit interne », la suite n’est pas écrite. Pourquoi ne pas « retourner dans l’opérationnel, tout en gardant une dimension transverse » ? Mais attention, la priorité aujourd’hui est de « finir d’installer la fonction, pour passer le cap du 1er janvier 2016 ».



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article extrait de l’argus de l’assurance

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