Avec PolySème, Philippe Lepeuple réinvente l’assurance vie

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C’est en réfléchissant à la manière de « sauver » l’assurance vie que Philippe Lepeuple a monté sa start-up et un produit doublement primé : PolySème.

Philippe Lepeuple
Président d’Innovative Insurance Insights (InCube)
Philippe Lepeuple Président d’Innovative Insurance Insights (InCube)
Xavier Hacquard/Macif

Tout a démarré sur une ­péniche, en janvier 2012, à la soirée de l’Association ­française d’épargne et de retraite (Afer). Comme une boutade, un dirigeant de la FFSA (1) lance à ­Philippe Lepeuple un défi, faus­sement candide : « Toi qui as toujours des idées, en as-tu une pour sauver l’assurance vie ? ». Dans le brouhaha ambiant, la requê­te est reçue au premier ­degré par le dirigeant de la socié­té de conseil Intégraales Agora. À l’époque en pleine lecture de la biographie de Steve Jobs, cet ­expert en services financiers entreprend de répondre « de façon ­décalée, comme le patron d’Apple l’aurait fait ». Et sa répon­se ­s’appelle PolySème. Une solution d’épargne de long terme créée par les équipes de la start-up Inno­vative Insurance Insights qu’il a monté, dans ce ­dessein, dès 2013. L’outil – une interface techno­lo­gique commerciale – repen­se la manière de vendre et d’acheter de l’assurance vie. Tant et si bien qu’à l’heure des interro­gations sur l’avenir des fonds euros, l’ACPR accueillerait, dit-on, favo­rablement la perspective d’utiliser les principes mis en œuvre dans ­PolySème pour favoriser le transfert vers les unités de compte.

Les étapes d’avancement sont prometteuses. ­Inscrit à l’Orias comme courtier, le patron d’InCube – le nom commercial de sa jeune pousse – a pu déve­lopper son produit grâce à un premier partenariat avec un assureur français.

SON PARCOURS

  • Son âge 54 ans
  • Sa formation Diplômé de l’Ensae (école nationale de la statistique et de l’administration économique)
  • Sa fonction Président d’Innovative Insurance Insights (InCube) et d’Intégraales Agora (conseil stratégique)

Du côté du client

En janvier 2015, son offre centrée sur le client – ce dernier choisit de répartir sa capacité d’épargne en fonction de ses projets de vie – est labellisée par le pôle de compé­titivité Finance Innovation. À 54 ans, l’entrepreneur hybride (start-upeur et consultant) qui a démarré sa carrière trente ans plus tôt à la Compagnie bancaire devient donc patron de fintech. De quoi attirer le courtier April qui accompagne ­InCube parmi d’autres investisseurs dans le cadre d’un plan de financement global de plusieurs millions d’euros. « Cela nous permet d’avancer en R&D », souligne ­Philippe Lepeuple, par ailleurs père de trois enfants, qui parle de PolySème avec fierté comme de son dernier bébé… Il faut dire que l’outil fait twister un domai­ne d’activité, la vie-prévoyance, plutôt abscons d’approche pour les particuliers. « Le client crée dans l’interface ses ­projets personnels comme le financement d’une résidence secondaire et de sa retraite, et PolySème alloue ensuite les capacités d’épargne du client en fonction des arbitrages sécurité/performance opérés sur chaque projet, dont il peut modifier, à tout moment, le capital cible ou l’échéance », résume ce matheux, fan d’algorithme. « Notre interface traduit automatiquement les décisions prises par le client dans le langage habituel traité par le système d’information de l’assureur ».

Un déploiement en 2017

Démonstration faite, c’est ludique et concret grâce aux photos des enfants ou de la future maison de vacances apposée sur chaque ­projet serti de code couleur correspondant chacun à une classe d’actifs ­risqués. Après avoir brandi, en avril dernier, son Argus d’Or pour ­PolySème dans la catégorie « ­Produits ou services à destination du grand public en épargne, patrimoine et retraite », l’ancien cadre qui a cumulé les postes de direction chez Cardif, Hénin Vie (La Mondiale Partenaires), GE Capital ­Finance, Allianz France, Guardian Vie, JP Morgan Fleming et Suez, vise un déploiement commercial de sa solution l’an prochain dans les ­réseaux d’assurance et les banques, jetant au passage des passerelles vers l’écosystème ­numérique (e-travaux, e-santé...) avant une extension à l’international… Le joueur d’échec et de Cavaquinho (2) ­commence juste sa partie.

1 - Fédération française des sociétés d’assurance, devenue Fédération française de l’assurance (FFA).2. Instrument de musique brésilien.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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