Bernard Levêque (ex-Covéa) : le « gourou » des RH

Par - Publié le

,

De son allergie pour le monde de l’entreprise qui «formate» les individus, cet ex-directeur de Covéa en a fait son métier : coach interne.

Bernard Lévèque
Ex-directeur du développement de l’intelligence
collective de Covéa
Bernard Lévèque Ex-directeur du développement de l’intelligence collective de Covéa
Laetitia duarte

Lors de son départ; ce haut cadre de Covéa a fait preuve d’autodérision. «J’ai passé 32 ans dans la même entreprise… pour un spécialiste du changement, c’est le comble !». Mais son fait de gloire, c’est d’y avoir, justement, inoculé le changement. D’autant que le groupe mutualiste en question n’a cessé de changer de visage. Mais c’est chez Drouot (Axa) que Bernard Lévè­que a toutefois débuté, à 27 ans, pour recruter des agents et vendre des contrats au porte-à-porte à Nanterre. Un saut à l’élastique pour cet ancien pion d’Arles qui voulait élever des lapins Angora en Ariège, distribuait des parfums et surfait le plus clair de son temps au Grau-du-roi quand il ne vagabondait pas au Maroc au volant de sa fourgonnette aux rideaux fleuris.

«J’étais un marginal qui refusait de rentrer dans le monde social et professionnel par peur qu’il ne me formate», confie ce diplômé de Sciences éco qui finira quand même par intégrer Axa … en recherche de «babas cool recentrés» pour diversifier son management ! Quatre ans plus tard, l’inventif rejoint la direction marketing et communication d’Azur. En 1994, une réorga­nisation le parachute au département international. Chargé de créer la GMF espagnole, il se retrouve, en 2000, au chevet d’Azur Seguros, au bord de la faillite. Guérie, cette filiale lui offre ses galons de redresseur d’entreprise.

Coach du codéveloppement

C’est pourtant parce qu’il échouera, malgré un quasi-retour à l’équilibre, à sauver Reflex Assurances, la première start-up de vente directe d’Azur-GMF, en 2003, que Bernard Lévè­que donnera corps à sa passion : le codéveloppement professionnel. En effet, responsable du plan social, il se forme alors au coaching. Et coup du sort, Azur Seguros se rappelle à lui, affrontant, cette fois, des diffi­cultés humaines. La mise en pratique de ses nouvelles compétences de médiateur fait mouche. S’en suit la fusion d’Azur-MMA, en 2006, et le projet Réussir ensemble qui changeront sa vocation en statut… autocréé : «J’ai proposé le terme d’accordeur en organisation, d’accompagnateur des hommes et de directeur de l’intelligence collective», raconte-t-il. Rattaché à la direction des RH, Bernard Lévèque peaufine son art consistant à travailler sur les comportements humains pour accroître la performance de l’entreprise. «Le paradoxe de l’intelligence collective, c’est qu’il faut s’intéresser à l’individu, favori­ser la singularité et la biodiver­sité managériale, défend-t-il. Je m’inquiète d’ailleurs quand les équipes sont trop d’accord».

SON PARCOURS

  • Son âge 62 ans.
  • Sa formation Maîtrise de Sciences éco, diplômé d’International Mosaik et de l’école du Paradoxe.
  • Sa fonction Ex-directeur du développement de l’intelligence collective de Covéa (PDG de Qreo et Syscodev).

Le coach propose, ainsi, aux direc­teurs du groupe de lui remonter les problé­matiques qu’ils rencon­trent au quotidien dans leurs équipes. Puis Bernard Lévè­que agit, dénoue les nœuds relationnels.

Gourou de l’assurance

En 2008, le codéveloppement est devenu, sous son égide, une structure au sein de Covéa. «Je propose aux managers de consacrer 5% de leur temps de travail, soit une demi-journée par mois, à réfléchir à leurs pratiques relationnelles. L’organisation est un organisme qui doit respirer», poursuit cette sorte de professeur de yoga des organisations. À ce jour, plus de 1 000 managers de Covéa ont pratiqué ses exercices. Désormais président de ­Syscodev, l’école qu’il a créée en marge de ses fonctions il y a cinq ans, il ­dirige sa propre société Qreo (Qualité ­relationnelle au service de l’écologie organisationnelle). «J’ai formé plus de 150 coachs à la pratique Covéa chez PSA, Dano­ne, EDF». À 62 ans, tout juste retraité du groupe mutualiste, le « gourou » de l’assurance n’a donc pas fini de faire des petits.



Effectuer une autre recherche

Rechercher

article extrait de l’argus de l’assurance

Tous les vendredis, l’information de référence
des institutionnels et des réseaux
 Contactez la rédaction
 Abonnez-vous