Bertrand de Surmont, président de la Chambre syndicale des courtiers d'assurances : la force tranquille

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Bertrand de Surmont est arrivé à la tête de la CSCA sans fracas. Bien décidé à ne pas laisser les luttes d’ego lui tourner la tête.

Bertrand de Surmont
Président de<br>la Chambre syndicale des<br> courtiers
d’assurances
Bertrand de Surmont Président de
la Chambre syndicale des
courtiers d’assurances
LUC PERENOM

Bertrand de Surmont aime la sylviculture – l’exploitation des forêts – un loisir qui donne tout de suite l’image d’un homme patient et stable. Tant et si bien qu’on envisage d’abord que cette passion soit une explication habile pour se poser en homme de la situation, lui qui, en mars dernier, est arrivé à la tête d’une chambre syndicale bousculée par des vents contraires. Il aime d’ailleurs à répéter qu’il faut remettre la CSCA en ordre de marche… mais sans précipitation. Pourtant, ­rapidement, nos échanges dessinent le parcours d’un véritable amoureux des forêts. Adolescent, il souhaitait même devenir garde-chasse. Ces parents ont accepté à condition qu’il passe par un cursus d’ingénieur agronome. Il préférera commencer sa carrière dans les banques ­d’affaires.

Toutefois Bertrand de ­Surmont réfléchit sérieusement à une prochaine activité au plus près des forêts. « Je ressens le ­besoin d’équilibrer différemment ma vie professionnelle et ma vie personnelle dans les années à ­venir », formule-t-il. En attendant, il prend soin de ses futaies en région parisienne et parle avec respect des chênes qu’il cultive. Il répète qu’une vie d’homme ne suffira pas pour voir les résultats de son travail, fasciné par cette temporalité si décalée. Il évoque aussi la chasse, même s’il préfère employer le terme scientifique de « cynégétique ». Et nous confie la légende familiale selon laquelle son père l’emmenait chasser nourrisson, dans son berceau. Ce père, grande figure de l’assurance, dont le fils a longtemps regretté la discrétion. « Il ne parlait pas beaucoup de son métier », glisse le courtier. Sauf un jour de 1993, lorsque son fils lui a annoncé qu’il quittait la banque d’affaires pour intégrer un groupe de courtage. « Surtout pas ! » s’était exclamé le père. « Les courtiers sont finis, les agents vont gagner la bataille .»

SON PARCOURS

  • Son âge 55 ans
  • Sa formation École de commerce (ESLSCA) option banque/bourse
  • Sa fonction Président du courtier FMA Assurances et président de la CSCA (Chambre syndicale des courtiers d’assurances)

Un monde où la parole compte

Une phrase qui fut souvent ­prononcée depuis, tout comme l’inverse, sans que l’une ou l’autre de ces prophéties ne se réalise. Les décennies suivantes ancrèrent simplement Bertrand de Surmont dans un secteur qu’il défend fermement, en quelques mots choisis. « C’est un monde où la parole compte ». Même si ses confrères aux caractères bien ­affirmés lui ont donné du fil à retordre jusque sous les moulures du siège haussmannien de la CSCA. Lorsqu’il aborde les divisions au sein même du syndi­calisme, il rappelle que les ­anciens de Syndicat 10, qui ont ­depuis fondé l’union dissidente Planète Courtier, lui avaient annoncé leurs intentions avant de claquer la porte. Et apprécie le geste. Il juge, en revanche, inattendu le départ du syndicat ­régional ­Sycra. « Je regrette le ­départ du Syndicat 10 et du Sycra, résume-t-il. Mais nous reprendrons les discussions lorsque les échanges seront moins passionnels. La profession a besoin d’unité. C’est ce qu’elle attend. »

Après un intérim de Richard ­Restuccia marqué par des prises de position offensives à l’encontre de Planète Courtier, Bertrand de Surmont a choisi de concentrer ses efforts vers les autorités réglementaires, insistant pour plus de proportionnalité dans l’application des réglementations. « Il faut dire stop aux autorités de tutelle qui n’ont aucune conscience du rôle des courtiers », a-t-il ainsi lancé en septembre devant ses pairs lyonnais, rappelant que 90 % des courtiers sont des petites structures. Face à Planète Courtier, celui qui porte aussi la casquette de courtier grossiste en tant que directeur général de FMA Assurances, préfère répéter que la porte est grande ouverte.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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