Christophe Harrigan (La Mutuelle générale ) : mutualiste nomade

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Ce voyageur au long cours a trouvé dans le monde mutualiste un nouveau terrain de découvertes et de rencontres.

Christophe Harrigan
Directeur général de La Mutuelle générale
Christophe Harrigan Directeur général de La Mutuelle générale
Xavier Renauld

S’il avait supporté la vision de la découpe d’un corps humain rigidifié, avec parfois un morceau qui vous tombe sur le pied, Christophe Harrigan ne serait sans doute pas devenu directeur général de La Mutuelle générale (LMG). Mais confronté à l’autopsie, qui constitue tout de même une épreuve, le pire étant l’odeur que rien ne camoufle, il réalise, à l’issue de la première année, que la médecine n’est peut-être pas sa voie. Ses parents médecins lui permettent alors de faire autre chose à condition que cela débou­che sur un plan de carrière solide. Va pour les sciences écono­miques, puis l’IAE de Rennes couronné par un diplôme d’études supérieures comptables et financières (DESCF). Entre le droit, l’économie, la finance et la culture générale, le tout lui a procuré, à la grande satisfaction de ses parents, un très bon bagage…

Issu de ce que certains appellent le melting-pot – père haïtien et mère française de père italien ayant fui Mussolini –, Christophe Harrigan aime aussi voyager. Après ses études, il part au Cana­da, puis à Londres, avec un projet simple, devenir bilingue et intégrer un cabinet d’audit.

En 1999, alors qu’il travaille dans la capitale britannique comme serveur, il est contacté, via les réseaux d’anciens d’élèves, par Socapi – une société d’assurance vie alors filiale du Crédit Mutuel –, pour travailler sur le passa­ge à l’an 2000 et à l’euro. Il accep­te ce premier poste qui lui permet de rejoindre au bout d’un an PwC, le commissaire aux comptes de Socapi, réalisant ainsi son projet initial.

Des missions variées

Au fil de ses missions, il découvre des lieux aussi inattendus que le centre de réfugiés de Sangatte, alors qu’il auditait la Croix-Rouge qui en assurait la gestion pour le compte de l’État. En 2006, il rejoint Groupama, où son passage dans la filiale grecque lui laisse d’autres souvenirs marquants. Arrivé à Athènes en 2007 en tant que directeur financier, il vit la crise grecque de l’intérieur. Il reste impressionné par cette soirée où il a assisté, depuis le toit de l’immeuble de Groupama, à l’incendie de cinq bâtiments voisins par les cocktails Molotov des émeutiers…

Rentré en France depuis deux ans pour prendre la direction finan­cière de la caisse régionale Groupama Paris Val-de-Loire, Christophe Harrigan saisit en 2013 la nouvelle opportunité de devenir directeur financier de La Mutuelle générale. Poste qui le mène, en octobre dernier, à la direction générale. S’il a rejoint cet organisme, c’est parce qu’il a « tout de suite senti une mutuelle agile, dynamique, qui n’a pas les freins des très grands groupes ». Bien sûr, le propos très corporate sied à la fonction.

SON PARCOURS

  • Son âge 42 ans.
  • Sa formation Diplômé de l’Institut d’administration des entreprises de Rennes et titulaire d’un diplôme d’études supérieures comptables et financières.
  • Sa fonction DG de La Mutuelle générale.

Défendre le mutualisme

Mais au-delà des apparences, on devine un homme foncièrement attaché à son métier et à son entre­prise. Il semble parfaitement sincère lorsque, dans un élan résilient presque nietzschéen – ce qui ne tue pas rend plus fort –, il revient sur l’échec du rapprochement avec Malakoff Médéric pour dire qu’il « pense que c’est une expérience où LMG s’est enrichie, [car] mener un rappro­­chement est aussi une occa­sion de mieux se connaître ».

Arrivé dans le monde de l’assurance par hasard, Christophe Harrigan est aujourd’hui pétri des valeurs mutualistes. Il semble goûter la singularité des relations humaines de son milieu actuel tout autant que celle des ren­con­tres faites lors de ses voyages. Si les treks qui l’ont mené du Pérou à la Mongolie sont un peu du passé pour cause de paternité, ce père attentionné qui ne souhaite pas exposer sa fille de presque cinq ans au contact de nourritures indéterminées, ni s’en séparer longtemps, a trouvé un nouveau terrain de découvertes.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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