Corinne Droissart, conseillère Macif : Elle signe son engagement
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CORINNE DROISSART
©Laetitia Duarte
Volontaire pour apprendre la langue des signes, Corinne Droissart reçoit, depuis 2004, les sociétaires sourds et malentendants au point d'accueil de Compiègne.
«Essayez de regarder un film sans le son, et faites la somme de ce que vous aurez compris et retenu. » Sensibilisée dans son entourage familial aux difficultés rencontrées par les sourds dans leur vie quotidienne, Corinne Droissart sait que les démarches administratives - et d'assurance en particulier - représentent souvent un casse-tête insurmontable.
Téléphoner pour déclarer un sinistre ? Quasiment impossible. Expliquer au commissariat que l'on a été victime d'un délit de fuite ? Une gageure... Prendre rendez-vous avec l'expert pour le dégât des eaux ? Pas gagné... « C'est pour accompagner les sociétaires sourds dans ce genre de démarches que ma mission est importante au sein du point d'accueil de Compiègne, dans l'Oise », explique Corinne Droissart.
Six mois de formation intensive...
Arrivée à la Macif en 1987 presque par hasard, après un BTS de secrétariat de direction, Corinne Droissart fait partie de la vingtaine de conseillers qui se sont portés volontaires dès 2004 pour apprendre la langue des signes, dans le cadre de Macif Egalis, une démarche d'accessibilité à l'assurance pour les personnes handicapées. « Je n'ai pas hésité un instant, cela s'est imposé comme une évidence. Surtout que j'avais déjà quelques bases. »
Six mois d'apprentissage à Paris, à l'International Visual Theatre (créé par Emmanuelle Laborit), à raison de deux semaines par mois : cette formation intensive, réalisée par des professeurs et des comédiens sourds, l'ont profondément marquée. « Les personnes sourdes cherchent souvent à être le plus autonomes possible. Elles apprécient donc beaucoup de pouvoir dialoguer directement avec moi en signant », explique Corinne, qui reçoit une dizaine de sociétaires déficients auditifs chaque mois : « Bien que nous ayons mis en place un système de visioconférences par webcam dans de nombreux points d'accueil de la région, ces sociétaires préfèrent le contact en face à face. Parfois, ils font des kilomètres pour venir me voir. Je sais que je dois prendre le temps de les écouter et de les rassurer. »
Au fil des années, des liens de confiance se sont tissés. Parfois, le bouche-à-oreille lui amène de nouveaux sociétaires sourds ou malentendants, envoyés par un voisin ou un cousin.
... et un apprentissage permanent
Parler lentement pour favoriser la lecture sur les lèvres, se positionner en face plutôt que de profil, articuler sans exagérer... Autant de conseils que Corinne s'évertue à donner à ses collègues qui ne maîtrisent pas la langue des signes, mais qui sont parfois amenés à accueillir des personnes sourdes ou malentendantes.
Elle a même été à l'origine du projet de création d'un « Guide de l'accueil des personnes handicapées », qui rassemble des conseils et bonnes pratiques pour les salariés du groupe. « J'aimerais pouvoir signer plus souvent, car, comme tout idiome, la langue des signes se perd vite si l'on ne la pratique pas régulièrement. Parfois, j'oublie un signe au milieu d'une conversation, ou je me trompe, ce qui crée des situations cocasses. Heureusement, mes interlocuteurs sont compréhensifs. » Et d'ajouter : « L'assurance est parfois tellement complexe que je dois faire des périphrases, car le mot technique n'a pas été prévu en langue des signes. Ainsi, je traduis "avenant" par "changement dans le contrat" ! »
Longtemps membre active de l'association des sourds de l'Oise et adepte du tai-chi-chuan, Corinne Droissart se consacre depuis peu à sa nouvelle passion, le jardinage, une autre façon de faire parler ses mains...
SON PARCOURS
Son âge 49 ans.
Sa formation BTS de secrétariat de direction.
Sa fonction Conseillère au point d'accueil de la Macif à Compiègne.







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