Jacques Lemoine (Eeckman Art and Insurance) : un courtier au musée

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À 64 ans, l’ancien directeur du département Beaux-Arts de Gras Savoye prend la direction de la succursale française du cabinet belge Eeckman Art & Insurance.

Jacques Lemoine
Directeur général France chez Eeckman Art & Insurance
Jacques Lemoine Directeur général France chez Eeckman Art & Insurance
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C’est à l’entrée du musée Marmottan, dans le XVIe arrondissement de Paris que Jacques Lemoine nous a donné rendez-vous. Le courtier a oublié son portefeuille. Il a peur de ne pas pouvoir rentrer. Mais l’inquiétude est vite dissipée. Aussi­tôt présenté on lui ouvre les portes sans demande de justificatif. Monsieur Lemoine est un peu chez lui ici. Lui-même n’est pas capable de se remémorer combien d’expositions il a assuré à Marmottan, tellement il y en a eu. Celle qui se tient actuellement, «Pissaro, le premier des impressionnistes», est également à inscrire à son tableau. Jacques Lemoi­ne l’a décrochée pour le compte du cabinet belge Eeckman Art & Insurance, son nouvel employeur. À 64 ans, ce spécialiste rempile pour une nouvelle aventure dans le monde de l’assurance des œuvres d’art.

De l’hôtellerie à l’assurance

À peine a-t-on pénétré dans la galerie de Marmottan, que le courtier se sauve. Il s’est réfugié au sous-sol dans l’espace dédié à Claude Monet. Jacques Lemoine contemple «Impression, soleil levant», l’une des peintures les plus célèbres du monde. «Je l’ai assurée plusieurs fois», commen­te-t-il. Depuis dix-sept ans qu’il travaille au contact des conservateurs et des commissaires-priseurs, Jacques Lemoine affir­me avoir visité tous les musées de France et assuré nombre de trésors nationaux. Presque un comble pour cet homme qui reconnaît lui-même ne pas être un passionné d’art. «Ma passion c’est d’assurer les œuvres. Je suis un risk manager en assurance d’œuvre d’art», expli­que-t-il.

SON PARCOURS

  • Son âge 64 ans.
  • Sa formation Diplômé de l’école nationale d’assurances.
  • Sa fonction DG France, chez Eeckman Art & Insurance.

Le parcours de Jacques Lemoine est plutôt atypique dans un milieu où se côtoient surtout des historiens et des spécialistes. À 18 ans, sans le bac, il part faire une école hôtelière à Paris. À sa sortie il est engagé comme chef de rang dans l’actuel restaurant Chez Rech d’Alain Ducasse dans le XVIIe arrondissement de Paris. Le travail est dur. «C’était du six jours sur sept», se rappelle-t-il. Après son service militaire, il décide de s’orienter vers un autre métier : ce sera l’assurance. Le Parisien part se former à l’école nationale d’assurances. Embauché comme agent administratif par une compa­gnie en 1972, Jacques Lemoi­ne gravit les échelons… La quarantaine passée, il officie comme souscripteur en charge des risques spéciaux pour le compte des Mutuelles du Mans.

Les pieds dans le sable

Il est alors contacté par un certain Jean-Louis Ricot, le directeur de la branche Beaux-Arts du cabinet Gras Savoye. En cette année 2000, ce dernier se cherche un successeur : il a jeté son dévolu sur Jacques Lemoine. L’assureur apprend pendant deux ans le métier de courtier. «Jean-Louis Ricot m’a dit : “Travaille à côté de moi”. J’ai beaucoup écouté», raconte-t-il.

Le changement de décor est total. Jacques Lemoine se rappel­le de sa première rencontre avec le conservateur du musée de Saint-Tropez. Arrivé en costume-cravate, le courtier est reçu sur la plage, les pieds dans le sable… Après 14 ans chez Gras Savoye, un passage rapide chez Siaci Saint Honoré, Jacques Lemoine rejoint l’équipe de son ami Eric Eeckman en ce début d’année 2017. Les deux hommes se connaissent bien. Ils se sont rencontrés pour la première fois à Wolfsburg en 2000, à l’occasion de l’European register conference (ERC), le rendez-vous annuel des régisseurs et des dirigeants de musées européens. De là est progressivement née une amitié. Hier concurrents, les voilà désormais rassemblés dans la même équipe. Nommé directeur général en charge de la succursale française du cabinet Eeckman Art & Insurance, Jacques Lemoine a pour mission de multiplier par cinq le chiffre d’affaires de l’entité. Un nouveau challenge que l’assureur d’art ajoute à sa collection déjà bien remplie.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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