Laurent Auzié (Cavalassur, Équicourtage) : Le courtage altier

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Après des débuts à l’UAP puis dans la pub, Laurent Auzié s’épanouit dans le courtage de niche chez le leader de l’assurance « cheval ».

Laurent Auzié
Directeur de Cavalassur et d’Équicourtage
Laurent Auzié Directeur de Cavalassur et d’Équicourtage
BRUNO LEVY

Devenir courtier, il y a pensé tout seul quand il s’est expédié, à 46 ans, sa propre lettre de licenciement après quinze ans de bons et loyaux services dans le secteur de la publicité. Il est alors directeur délégué du pôle média de Geophyle, un groupe de presse doté d’une vingtaine de titres dans le domaine du bien-être, de la santé, du vélo vert, de la plongée… qui périclite. « Je me suis dit, tu sais faire du commerce et de l’assurance, j’ai appelé Erik Bervil­le, le patron de Finaxy Group, que j’avais côtoyé quand il travaillait chez Maaf et moi dans la presse automobile, il se trouve qu’il venait juste de racheter TEA Cérède, une société de courtage spécialisée dans l’assurance des voitures de collection », raconte Laurent Auzié.

Voilà qui tombe à pic pour ce diplômé de l’European Business School qui se voit illico proposer la direction de ce cabinet installé depuis soixante ans par son fondateur. Le casting est parfait : l’ex-directeur de la publicité d’Auto Plus, qui avait gagné ses premiers ­galons profes­sionnels au sein de l’UAP comme inspecteur, et poursuivi chez le courtier Vespieren au département réassurance des risques industriels, fait merveil­le. L’entreprise enregistre en à peine plus de deux ans une progression de 40 % de son chiffre d’affaires à 1,6 M€ par an. Et il n’était pas loin de frôler les 2 M€ quand il est débauché, en juillet 2015, par Cavalassur, courtier leader de l’assurance « cheval », fraîchement racheté par l’assureur Albingia.

En selle pour une nouvelle aventure

L’histoire se répète : son fondateur, Jacques Jeangirard, tire sa révérence après quinze années consacrées à asseoir cette affaire dans le microcosme des cavaliers. Le profil de Laurent Auzié, ancien karatéka, adepte des règles, de la rigueur et du self-control inculqués par cet art martial, plaît à la compagnie d’assurance spécialisée dans les risques d’entreprise. Basée à Chantilly, au pays des canassons, le cabinet de 19 personnes réalise alors 3,3 M€ de CA. Sous l’égide du manager, il atteint 3,75 M€ l’an dernier. « L’équipe est essentiellement ­féminine avec une moyenne d’âge de 32 ans », précise ce père de ­famille parisien, ravi d’avoir pour cible de clients potentiels les 700 000 licenciés français. Son obsession : les produits. Outre l’assurance mortalité du cheval qui inclut la garantie d’un capital et des frais vétérinaires, la RC Pro, l’assurance du cavalier et de ses selles, Cavalassur couvre historiquement le transport des chevaux et les activités qui ont trait à l’événementiel. « Nous sommes très vertical sur cette niche », affir­me Laurent Auzié, avant de poursuivre : « Cela exige une grande connaissance de l’animal et de son fonctionnement pour obtenir de bons résultats techniques, car c’est actuariellement très sensible. »

SON PARCOURS

  • Son âge 53 ans.
  • Sa formation European Business School, Paris.
  • Sa fonction Directeur de Cavalassur et d’Équicourtage.

Un marché réceptif

L’ancien « pubard » apprécie spécialement de maîtriser la politique de souscription et de gérer les sinistres. Et si Albingia porte les risques à 99 %, il travaille aussi avec Monceau Assurances, par exemple, pour les remorques et camions. L’essor bat son plein. Fort de son ingénierie, Cavalassur a lancé, il y a un an, Équicourtage, une activité grossiste qui a séduit une centaine de partenaires actifs. Il y a deux mois, une nouvelle assurance dédiée aux établissements équestres a également vu le jour : « Elle était très attendue par le marché », expli­que Laurent Auzié, qui est aussi à l’initiative d’une assurance pour les chevaux de plus de 20 ans en cas de décès accidentel. « Nous avons une approche affective et non utilitaire », résume le directeur, qui fait désormais du VTT plutôt que des katas pour entretenir, « sans risque », son physique de cinquantenaire. Même dans le privé, le courtier contrôle les aléas !



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article extrait de l’argus de l’assurance

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