Louis De Broglie (start-up Inspeer) : Figure de proue de l'insurtech

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Ce fort en maths a trouvé lors de vacances en Espagne l’idée qui l’a fait basculer de l’actuariat à l’entrepreneuriat.

Louis de Broglie, cofondateur de la start-up Inspeer.
Louis de Broglie, cofondateur de la start-up Inspeer.
luc PERENOM

Du haut de son mètre quatre-vingt-dix-sept et de ses 34 ans, Louis de Broglie a une motivation : faire compren­dre au secteur de l’assurance que sa start-up complète le service des acteurs traditionnels du secteur. Inspeer propose de partager entre proches le paiement de la franchise appliquée en cas d’accident. Une idée qui lui est venue lors d’un voyage en Espagne pendant ses études. « Nous avions loué une voiture avec des amis et nous avions le choix entre une assurance abordable, avec une franchise importante, ou un service premium beaucoup plus cher. Nous nous sommes donc accordés pour mutualiser le risque de la franchise, en cas d’accident, afin de conserver notre budget pour nos vacances. » Le principe même d’Inspeer est né à ce moment-là.

SON PARCOURS

  • Son âge : 34 ans
  • Sa formation : Diplômé d’un MBA à l’IE Business School de Madrid
  • Sa fonction : Cofondateur et CEO d’Inspeer

Un actuaire cherchant sa voie

Auparavant, l’entrepreneur a surtout cherché sa voie. Dans un premier temps, il suit les traces de son arrière-grand-oncle, prix Nobel de chimie. « Malgré de réelles facilités en sciences, j’ai su dès ma licence que je ne serai jamais à la hauteur d’un tel héritage », reconnaît-il, presque en s’excusant. Il se réoriente alors vers les mathématiques appliquées. Après l’obtention de son master, il devient actuaire, dans la compagnie de conseil Winter et associés. Durant un peu moins de cinq ans, il travaille alors pour les plus grands, dont Allianz, BNP Paribas Cardif, Axa et Generali. « Cependant, j’ai vite réalisé que j’étais plus attiré par l’actif que le passif, par l’investissement que par les normes, par l’entrepreneuriat que par l’actuariat. »

Les business angels répondent présent

En 2011, tout juste la trentaine, il fait donc le choix de reprendre ses études, part pour Madrid et suit un MBA à l’IE Business School. C’est à ce moment-là que le projet de créer sa start-up dans l’assurance prend corps, entre la révélation de son roadtrip et ses recherches sur l’économie collaborative. Une fois son diplôme en poche, il se lance fin 2013. Tout s’enchaîne ensuite rapidement en 2014 : en février, il crée la société Inspeer ; en juillet, il lève pas moins de 100 000 € auprès de business angels et de fonds d’amorçage, puis il s’associe avec Emmanuelle Mury, cofondatrice d’Inspeer. En mars 2015, ils lancent ensemble la plateforme en ligne. La presse ainsi que les acteurs traditionnels s’intéressent largement alors à leur jeune pousse. « Cette notoriété soudaine donne un peu le vertige ! »

Une copie à retravailler

Pour autant, rien n’est gagné. « Notre hypothèse de base était que les particuliers étaient prêts à partager les risques avec leurs proches. Mais elle a été invalidée », admet-il simplement. En bref, le concept classique d’assurance semble demeurer la norme : les particuliers préfèrent partager leur risque avec des profils similaires, même si ces derniers demeurent des inconnus. « Nous cherchons encore notre business model », reconnaît-il simplement. Mais il ne s’avoue pas pour autant vaincu. Louis de Broglie et Emmanuelle Mury développent actuellement des partenariats « d’envergure » avec des assureurs et réassureurs traditionnels, analysent de nouvelles pistes pour convaincre les internautes de l’intérêt de leur solution et tentent même de réaliser une deuxième levée des fonds. Une chose est sûre : ces prochains mois seront décisifs pour l’avenir de la petite société… et la carrière de son fondateur.

 



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article extrait de l’argus de l’assurance

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