Marie-Hélène Poirier, directrice juridique et fiscal de Swiss Life France : L'affranchie
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Cela commence à 20 ans. Elle part faire un chantier humanitaire au Burkina Faso. La nuit, elle dort dans des cases en banko (boue séchée). Le jour, elle participe à la réhabilitation d'une école. « À 20 ans, on est toujours un peu idéaliste », convient la directrice juridique et fiscale de Swiss Life France. En vérité, Marie-Hélène Poirier est une jusqu'au-boutiste dans l'âme. Elle a toujours voulu baigner dans l'univers de la justice. « Et j'ai très vite su que ce serait le droit des affaires. » Parce que, à ses yeux, cette spécialité implique l'action.
De l'ambiance monacale à la compétition mondiale
Pour son doctorat, elle choisit une thèse sur les « groupements de moyens » et va même jusqu'aux États-Unis pour étudier de près les joint ventures à l'université de Yale. Une expérience qu'elle juge « extraordinaire » : « Les bibliothèques sont renversantes. Tout repose sur la jurisprudence, c'est difficile pour une juriste française ! »
Son premier poste l'emmène à la FNSAGA (aujourd'hui Agéa), comme directrice du service de protection juridique pendant quatre ans et ensuite en tant que directrice des affaires juridiques. Elle apprécie particulièrement de « défendre les intérêts d'une profession ». Après huit ans, elle bifurque aux éditions Francis Lefebvre comme responsable de la rubrique juridique ouvrage. « C'est une école de rigueur absolue. Quand on sort du moule, on est marqué à vie ! » Elle contribue à la conception de nombreux ouvrages, un goût qu'elle a d'ailleurs conservé quand il lui arrive de participer à la rédaction d'articles pour la presse patrimoniale et des éditeurs spécialisés. Elle trouve également le temps d'être chargée de cours à Paris-I, à l'Institut des assurances de Paris, et d'être professeur affiliée au mastère d'ingénierie internationale du patrimoine à l'école Skema de Sophia Antipolis. « J'adore enseigner. J'aime beaucoup les échanges avec les étudiants. Ils sont impitoyables ! » Mais l'excellente école Francis Lefebvre a une atmosphère « un peu monacale », elle jette l'éponge et se met en quête d'intégrer une compagnie.
C'est à ce moment-là qu'elle met un pied à la Société suisse. Elle y entre en 1996 comme directrice juridique, l'année du rachat du groupe espagnol Phénix et de La Baloise. C'est également celle où le groupe en devenir est candidat au rachat de Gan assurances et arrive en short list. De quoi satisfaire son appétence pour l'action !
Du contentieux comme sport de combat
Aujourd'hui, elle s'occupe de tout ce qui touche à l'assurance vie : veille réglementaire, information, formation, mais aussi réponse aux questions des différents services de gestion des partenaires. Au programme également, la lutte antiblanchiment, qu'elle juge d'ailleurs « très complexe. C'est nous qui établissons notre grille de risque ». Parallèlement, elle assure la fonction de secrétaire générale et de préparation des assemblées générales et conseils d'administration. « Je ne m'ennuie jamais », convient-elle.
Bien sûr, elle s'occupe d'une partie du contentieux, principalement de celui qui est qualifié de « sensible ». « Il y a relativement plus de contentieux en santé, les enjeux sont plus importants. En assurance vie, il y en a peu, mais un débat sur la clause bénéficiaire surgit parfois. Le contentieux, c'est stimulant, c'est très sportif. Quand il y a un échec, j'essaie toujours d'en tirer les leçons. Dans beaucoup de procès il y a des aléas judiciaires. Depuis le temps, je ne suis ni transportée de joie ni déprimée. »
Même si son sens de la justice a connu des désillusions (« certaines décisions de justice sont de mauvaise qualité »), elle continue de faire sienne cette formule : « C'est la liberté qui opprime et le droit qui affranchit. »
- Sa formation Doctorat de droit et DEA de droit des affaires (Paris-I)
- Sa fonction Secrétaire générale et directrice juridique et fiscal de Swiss Life France








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