Philippe Denormandie (MNH Group) : Un mandarin chez les mutualistes

Par - Publié le

,

,

,

Ce chirurgien, qui possède tous les codes du monde médical, médico-social et syndical, représentera le groupe mutualiste MNH dans son écosystème.

Dr Philippe Denormandie
Directeur des relations santé de MNH Group
Dr Philippe Denormandie Directeur des relations santé de MNH Group
Pierre CHIQUELIN

Philippe Denormandie a toujours mené une double vie - professionnellement s’entend. Sur sa vie privée, on se bornera à révéler qu’il a un fils, Julien, secrétaire d’État auprès du ministre de la Cohésion des territoires, qualifié par la presse politique de « Macron boy », et qu’il est, à ses heures perdues, ostréiculteur. Chaque année, le Docteur Denormandie produit deux tonnes d’huîtres, ainsi que quelques gambas et palourdes à l’île de Ré. Sa femme souhaitait une maison au bord de la mer, mais il s’ennuie sur la plage. Il ­fallait donc un remède pour ce mari qui fait les choses par plaisir, pour autant qu’elles soient utiles.

Un hyperactif tranquille

Ayant commencé à travailler jeune, il pourrait se retirer, couler des jours paisibles à cultiver son lopin de mer sous le ciel délavé du littoral atlantique. Mais ce n’est pas le style de cet homme dont l’allure posée et le débit tranquille dissimulent un hyperactif qui pratique le cumul emploi-­retraite. Depuis début mai, le docteur Denormandie est ­directeur des relations santé de MNH Group, le groupe diversifié qui s’est construit autour de la ­Mutuelle nationale des hospitaliers. Sa feuille de route ? « Participer à la réflexion de la maison, aider à ouvrir des portes, être le porte-parole du groupe, défendre une vision innovante dans les ­services que nous proposons. Je suis pour faciliter, pour aider, il faut que ce soit efficace et productif », explique-t-il brièvement.

Le propos peut faire penser à ­celui d’un lobbyiste, mais il n’avait, ­assure-t-il « aucune obligation » de rejoindre MNH Group. On lui a proposé ce poste et il a trouvé l’histoire et les hommes intéressants. Lui qui se dit « convaincu qu’un des sujets importants pour les professionnels de santé est de les dégager au maximum d’un certain nombre de sujets pour qu’ils puissent se consacrer à 100 % à leur métier » a été séduit par la volonté de faire évoluer une structure ­assurantielle vers les services.

Il a tenu aussi à conserver une seconde activité. Chirurgien à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches depuis 1990, il y pilote l’unité qui fait référence en France sur la prise en charge des déformations d’origine neurologique. Sa spécialité consiste à permettre aux gens de reposer leur pied à plat quand il est tordu, ou à ouvrir une main recroquevillée par une ­sclérose en plaques. Il parle avec pudeur et sobriété de sa pratique et des recherches qu’il poursuit, mais on comprend qu’il s’occupe de gens vraiment très cabossés par la vie et son regard s’emplit d’un voile de gravité lorsqu’il évoque ses patients. « C’est triste comment les gens arrivent chez nous... Quand je pense aux six malades que j’ai opérés hier », lâche celui qui supervise deux équipes chirurgicales.

SON PARCOURS

  • Son âge 62 ans.
  • Sa formation Lauréat de la faculté de Médecine de Paris, titulaire d’un CES de chirurgie orthopédique et d’un CES de chirurgie générale.
  • Sa fonction Membre du Comex et directeur des relations de MNH Group, chirurgien à l’hôpital de Garches.

Attaché au service public

Très vite, il dépasse l’affect pour dire son attachement à Garches, un hôpital « unique et avant-gardiste », et au service public hospitalier. Le privé, il ne s’y est engagé qu’en tant que gestionnaire. Avant MNH Group, il a exercé son deuxième métier au sein du groupe de maisons de retraites médicalisées Korian, notamment en tant que directeur général adjoint. Pendant les vingt années précédentes, son engagement fut pour l’Assistante publique – Hôpi­taux de Paris (AP-HP), où il collectionna les postes à responsabilité. En 1986, la direction générale de l’AP-HP, qui voulait faire bouger les lignes, était allée chercher ce syndicaliste révolutionnaire rangé. En deux clics sur Google, on retrouve sa trace en tant que leader des grandes grèves qui avaient bloqué les hôpitaux universitaires pendant six semaines en 1983. Sans doute une des étapes les plus marquantes du parcours d’un mandarin qui a découvert le monde de la santé par un petit boulot d’aide-soignant à 16 ans et reste marqué par les 32 lits à faire le premier jour.


Philippe  Denormandie

Philippe Denormandie

Directeur Relations Santé de MNH Group

1983 : diplôme de la faculté de Médecine de Paris. 1983 : diplôme d'études spécialisées (CES) de chirurgie générale 1985 : CES de chirurgie orthopédique. 1986-90 : [...]

Lire la suite

Effectuer une autre recherche

Rechercher

article extrait de l’argus de l’assurance

Tous les vendredis, l’information de référence
des institutionnels et des réseaux
 Contactez la rédaction
 Abonnez-vous