Pierre-Olivier Ruchenstain (Ugem) : à grandes enjambées

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Derrière une allure de jeune premier, le nouveau dirigeant de la branche mutualité affiche déjà une solide carrière dans le monde institutionnel.

Pierre-Olivier Ruchenstain
Délégué général de l’Ugem
Pierre-Olivier Ruchenstain Délégué général de l’Ugem
Pierre-Olivier RUCHENSTAIN

Lorsque Pierre-Olivier Ruchenstain nous reçoit au siège de l’Union des groupements des employeurs mutualistes (Ugem), on doute un instant d’avoir face à soi le nouvel homme fort du syndicat d’employeurs de la mutualité. Décontracté, en jean et pull à col roulé, le délégué général de l’Ugem rompt avec les codes, même dans un univers mutualiste. Pour autant, au-delà de sa tenue vestimentaire, c’est sa jeunesse pour un poste à si fortes responsabilités qui frappe. « La question de ma jeunesse et de la légitimité qui en résulte s’est quelquefois posée lorsque j’ai pris des fonctions à responsabilités, surtout à l’égard de personnes qui avaient fait carrière dans les structures que j’ai dirigées. Mais j’ai toujours réussi à m’imposer grâce à mon travail », répond-il.

Amateur de défis

À 36 ans, ce diplômé de Sciences Po Paris – titulaire également de deux masters en droit processuel et sociologie du droit – a davantage d’expérience que l’on pourrait croire. Après avoir débuté comme avocat spécialisé en droit de l’entreprise, il rejoint en 2010 la chambre des métiers et de l’artisanat de Seine-Maritime en tant que secrétaire général. « Comme j’avais remporté l’examen national d’aptitude pour l’accès à l’emploi à ce poste, j’avais le choix dans mon affec­tation. J’ai opté pour la difficulté en rejoignant une structure en grave crise institutionnelle, en déficit, et épinglée à plusieurs reprises par la Cour des comptes », se rappelle celui qui est alors, à 29 ans, le plus jeune secrétaire général d’une chambre consulaire en France.

SON PARCOURS

  • Son âge 36 ans
  • Sa formation Sciences Po Paris et deux masters en droit processuel et sociologie du droit
  • Sa fonction Délégué général de l’Ugem

Pourquoi ce pari osé ? « Je savais que si je réussissais ce défi en début de parcours professionnel, j’avais une carrière très ouverte devant moi. Or, lors de mon départ quatre ans plus tard, la chambre était en excédent et de nouveau légitime aux yeux de tous dans la région », se félicite aujourd’hui Pierre-­Olivier Ruchenstain.

En 2014, ce féru de politique est recruté pour devenir directeur général de l’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec), la principale organisation professionnelle des chefs d’entreprise de la coiffure. À ce poste, il est en charge, entre autres, de la relance du dialogue social dans la branche et du repositionnement de la fédération. « Cette fonction a été l’occasion d’ajouter des cordes à mon arc, puisqu’il y avait un côté lobbyiste, mais aussi commer­cial, que je n’avais jamais connu jusqu’alors. »

Hyperactif passionné

Celui qui se définit comme « éclectique et curieux » décide de donner un nouvel élan à sa carrière en septembre?2016 en rejoignant l’Union des groupements des employeurs mutualistes. « J’ai tenu à tisser un fil rouge dans mon parcours : j’ai toujours évolué autour du monde institutionnel, en étant constamment animé par la défense des intérêts généraux d’un secteur. » Au sein du syndicat d’employeurs de la Mutualité, il entend mener plusieurs travaux de front, notamment en renforçant les synergies avec la FNMF ou en améliorant le service proposé aux adhérents.

Ayant connu quatre emplois en moins de dix ans, où se voit-il désormais dans un avenir à moyen terme ? « Je ne me ferme aucune porte, y compris à l’étranger », précise ce passionné d’Amérique latine, qui a déjà vécu au Pérou et au Mexique. Très actif, Pierre-Olivier Ruchenstain est aujourd’hui inscrit à l’École du Louvre pour y suivre des cours d’histoire de l’art, et pratique aussi l’escalade depuis deux ans. En outre, ce grand lecteur vient d’achever les mémoires de l’écrivain, diplomate, homme politi­que, et poète chilien ­Pablo Neru­da. « J’aime m’inspirer des personnes qui ont vécu intensément leur vie. Car, comme eux, j’aime me remettre constamment en question, sortir de ma zone de confort et apprendre », conclut-il, non sans malice.


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