Séverine Grégoire (MesDocteurs) : toujours une idée d'avance

Par - Publié le

,

Après la mode en ligne, cette trentenaire réitère en créant une start-up spécialisée dans le téléconseil médical avec le soutien de Delta Assurances.

Séverine Grégoire
Présidente de MesDocteurs
Séverine Grégoire Présidente de MesDocteurs
Laetitia Duarte

Séverine Grégoire, présidente et cofondatrice de MesDocteurs, le reconnaît : « Sur le papier, nous cumulions les difficultés : jeunes, femmes, marseillaises, issues du milieu de la mode, sans connaissance ou relation dans les secteurs de la santé et de l’assurance ! » Pas de quoi déstabiliser cette trentenaire férue de travail et de digital qui s’est lancée, fin 2015, dans l’e-santé. Il faut dire que cette entrepreneuse dans l’âme a déjà à son actif une belle réussite professionnelle : la création, en 2006, de Mon­Showroom, dans le domaine de l’e-commerce de la mode. Après deux levées de fonds et une croissance à trois chiffres pendant plusieurs années, la société a été revendue au groupe Casino, en 2014. Depuis, comme le rappelle la brochure de présentation du Salon des Entrepreneurs Marseille Paca 2016, elle fait partie « des 100 entrepreneurs & dirigeants d’entreprises de premier plan ».

En avance sur son temps

À l’aise à l’oral – contrairement à son amie de toujours, Chloé ­Ramade, cofondatrice de Mon­Showroom et de MesDocteurs – Séverine ­Grégoire répond volontiers aux ­sollicitations profes­sionnelles, pour raconter son parcours et divulguer de bons conseils. C’était notamment le cas, au Palais des congrès de Marseille, fin octobre, sur le thème « Site Internet, référencement, réseaux sociaux… Accélérez votre business grâce au numérique ! ».

Et qu’importe si elle intervient au beau milieu d’une brochette de « stars » de la nouvelle économie comme Mathieu Cervety (manager B2B marketing de Google France) et Matthieu Laporte (responsable département PME de Facebook France et Benelux).

SON PARCOURS

  • Son âge 36 ans
  • Son diplôme Maîtrise de gestion
  • Sa fonction Présidente de MesDocteurs

Si la solution n’existe pas, nous la créons

Il faut dire que le numérique, c’est le dada de cette grande blonde : ­« Pour gagner sur Internet, il faut être en avance sur son temps et croire sincèrement en son idée. Avec Chloé, nous avons monté notre ­première société à 25 ans, en pro­po­sant aux internautes d’acheter des vêtements en ligne, sans les toucher ni les essa­yer. Et alors que le paiement par Internet suscitait encore certaines réticences de la part des consommateurs. Aujourd’hui, avec notre deuxième société, nous proposons à des patients d’obtenir via Internet une réponse immédiate d’un docteur 24h/24. Tout en garantissant le secret médical ».

Le point commun entre ces deux sociétés ? « À chaque fois il s’agit d’une problématique qui nous concerne. Si la solution n’existe pas, nous la créons. » MonShowroom a été la réponse idéale pour ces « fashionistas » lassées de devoir se rendre à Paris pour trouver les marques qu’elles affectionnent. « L’idée de MesDocteurs nous est venue un vendredi soir, après avoir surfé sur le Web pour comprendre les résultats d’analyses sanguines de Chloé. » Le constat est sans appel : « sur Internet, derrière chaque ­bobologie se cache un cancer ».

Opportuniste, donc, mais également convaincante. Séverine ­Grégoire se souvient de son rendez-­vous chez Delta Assurances, son courtier historique, au moment de la création de MesDocteurs. « Je venais parler assurance et je suis sortie du bureau du directeur général, Benoît Lecat, avec une proposition de prise de participation dans le capital de ma société. » Si la jeune pousse a réalisé une levée de fonds, début 2016, et s’appuie sur des acteurs de l’assurance pour diffuser son service à l’instar de Gan Eurocourtage, beaucoup de travail reste à faire. Lucide et déterminée, Séverine Grégoire rappelle que « comme souvent avec les start-up de la nouvelle économie, l’équilibre n’est pas pour demain ». En attendant, elle partage son emploi du temps professionnel entre le sud de la France et la capitale, où, ­regrette-t-elle, « tout se passe en matière de business ». Heureusement, lance-t-elle avec une certaine ironie, « c’est l’occasion pour nous d’entendre : voilà les deux ­petites Marseillaises ! ».



Effectuer une autre recherche

Rechercher

article extrait de l’argus de l’assurance

Tous les vendredis, l’information de référence
des institutionnels et des réseaux
 Contactez la rédaction
 Abonnez-vous