Ulrich Wallin, PDG d'Hannover Re : l'anticonformiste

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Le nouveau patron d'Hannover Re est venu à la réassurance par la gestion des grands risques de HDI et de E + S, deux autres filiales du groupe allemand Talanx. Un homme du sérail, qui entend néanmoins imprimer sa marque sur le quatrième réassureur mondial.

On dit qu'il est l'homme des cas difficiles. Ulrich Wallin ne pouvait trouver mieux que 2009 pour succéder à Wilhelm Zeller,à la retraite depuis juin 2009. Cette année de crise aura été le baptême du feu à la tête du quatrième réassureur mondial pour cet Allemand du Nord qui mêle à la fois réserve et affabilité. Il ne s'en plaint pas. Celui qui est connu dans le groupe pour avoir résolu d'épineux dossiers de risques aériens aime les exercices de haut vol.

 

Résumé de carrière : un prêté pour un rendu

 

« Grâce à nos résultats techniques assurances, nous avons pu surmonter mieux que prévu les conséquences de la crise. Et c'est agréable de pouvoir annoncer au final de bons résultats », confie-t-il avec modestie. Hannover Re, qui avait essuyé en 2008 une perte de 127 M€ devrait pour 2009, renouer avec les bénéfices à hauteur de 700 M€.

Tout en reconnaissant volontiers avoir été flatté de l'offre du directoire, Ulrich Wallin n'avait pourtant pas inscrit ce poste dans ses projets. Il n'en avait d'ailleurs pas. « Je ne suis pas quelqu'un qui fait des plans de carrière, je prends simplement beaucoup de plaisir dans mes activités de réassurance. » Le sourire timide se fait gourmand au souvenir de ces chèques ramenés d'outre-Atlantique... C'est en effet au hasard d'un dossier aux États-Unis pour le compte de HDI qui l'a conduit à la réassurance. « À l'étude de ce dossier, j'ai mesuré la dimension réassurance de ce risque et je me suis rapproché de mes collègues d'Hannover Re », se souvient-il. De bonnes grâces, HDI le « prête » à la filiale réassurance de Talanx, la maison mère. Elle ne le reverra plus. Aujourd'hui, ses collègues des risques aériens et le marché sont particulièrement heureux de le retrouver dans un fauteuil de chef.

De son prédécesseur, il a le cheveu blanc et la franchise du regard bleu. Mais Ulrich Wallin a d'emblée occupé la place, sa place. « Il n'a pas fait table rase du passé, rien bouleversé en surface, mais il est très ouvert aux propositions de changement », déclare-t-on dans les couloirs du siège au à Hanovre. « Il donne à chacun l'occasion d'exprimer ses idées et incite à l'initiative », se félicite un nouvel arrivant dans la maison.

 

Avancer, c'est parfois aller à contre-courant

 

Ulrich Wallin n'a d'ailleurs pas tardé pour innover. Il a créé un département dédié au « management des chances », chargé de détecter les pistes de développement du groupe. Car, « depuis 2002, la branche de la réassurance n'a pas enregistré de croissance notoire, et il s'agit aujourd'hui d'envisager de nouvelles opportunités », expose-t-il, ajoutant que cette initiative est sous-tendue, comme le reste des activités, par le souci de rentabilité et de la discipline de souscription.

Cela n'empêchera pas le nouveau patron d'Hannover Re de mener sa barque parfois à contre-courant du marché, comme il l'a fait récemment en continuant de réassurer les risques de l'assurance-crédit. Il faut parfois savoir être contracyclique, saisir les chances du marché tout en parant les coups. Relever le gant devrait cependant être un jeu d'enfant pour cet ancien hockeyeur qui a raté de peu l'entrée en ligue nationale : « Car la balle est dure, mais on a une crosse pour se défendre. »


 


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