Blockchain : comment Monuma permet d'expertiser et assurer ses objets de valeur

Par - Publié le

,

,

Présente à l'édition 2018 du CES de la Vegas, la start-up Monuma permet à un assuré, grâce à l'utilisation de la technologie Blockchain, d'évaluer et de certifier les objets de valeurs. A terme, cet solution ouvre la voie aussi à une assurance à l'usage d'une montre deluxe ou d'un bijou. 

A mi-chemin entre Insurtech et Arttech, Monuma est une application d’authentification et d’expertise des objets de valeurs reposant sur la technologie de la Blockchain. Durant le CES (Consumer Electronic Show) qui s’est tenu du 9 au 12 janvier à Las Vegas, la start-up est même arrivée en finale (1) de la session de pitchs organisée par French Village et la French Tech Culture.

« Il y a seulement un an, le marché de l’assurance était encore très fermé à la Blockchain, observe Emmanuel Moyrand, co-fondateur de Monuma, start-up spécialisée dans l’expertise numérique des œuvres d’art et objets de valeur. Aujourd’hui, tous les grands assureurs ont une équipe spécialisée dans cette technologie. »

La bascule a eu lieu en septembre 2017, quand Axa a lancé Fizzy, la première assurance voyage paramétrique entièrement automatisée. « Ce n’est qu’un début, poursuit Emmanuel Moyrand. A l’avenir, les assureurs, mais aussi les notaires ou les experts comptables qui n’auront pas intégré la blockchain auront un problème. »

Monuma montre la voie : cette application permet d’évaluer et de certifier à distance les objets de valeur. Elle a été créée début 2017 par deux experts-estimateurs travaillant depuis plus de 20 ans avec les compagnies d’assurance et les tribunaux. Objectif : simplifier la gestion d’éventuels sinistres en permettant aux assurés d’évaluer et de certifier leurs objets de valeur.

La procédure est simple : en cinq à dix photos horodatées, géolocalisées et certifiées, l’assuré peut faire expertiser tout objet de valeur (art, bijou, mobilier, collection ou même vin) à distance. Encapsulée dans la Blockchain, ces informations sont infalsifiables : « Un certificat Blockchain est attaché à chaque objet, explique Emmanuel Moynand. Nous pouvons ainsi, sur un marché de l’art encore opaque, créer de la traçabilité et sécuriser la data. »

Les fondateurs sont convaincus qu’à terme, le digitalisation permettra d’aller vers une assurance à l’usage : il sera ainsi possible de n’assurer un objet précieux (une montre ou un bijou par exemple) que lorsqu’il soort du coffre fort, à l’occasion d’une soirée par exemple. A plus court terme, Monuma s’apprête à lancer une offre Transport permettant de suivre un objet à toutes les étapes de ses déplacements.

La formule semble séduire les assureurs : sélectionnée par Allianz France, Monuma a passé cinq mois dans son incubateur de start-ups. Elle bénéficie également d’un partenariat stratégique : tous les agents généraux d’Allianz présentent l’appli à leurs clients MRH. Ce qui n’empêche pas la jeune entreprise d’approcher l’ensemble de la place : « Nous avons l’ambition d’établir le standard du marché de l’expertise à distance, explique Emmanuel Moynand. Nous devons donc travailler avec tous les assureurs. » Et pas seulement : les galeries et les maisons de ventes aux enchères sont aussi en ligne de mire.

Pour Karine Lazimi Chouraqui, ex-Innovation Manager qui a créé son cabinet de courtage (LCK Assurances), Monuma répond à un véritable besoin : « Tous les assureurs ont connu ces sinistres impossibles à régler convenablement faute d’évaluation fiable des objets volés ou détruits. » Son cabinet devrait prochainement lancer une offre permettant d’anticiper le règlement des sinistres en expertisant tous les objets de voleurs des assurés.

(1) Dix entreprises retenues sur 150 participants.

 

 



Effectuer une autre recherche

Rechercher