Le nouveau label HS2 ou comment bien vieillir chez soi

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Le groupe AG2R La Mondiale a décidé de promouvoir très concrètement la diffusion du label HS2. Une norme qui entend favoriser le maintien à domicile des personnes âgées.

L'objectif du label HS2 est de maintenir le plus longtemps à domicile les personnes âgées.
L'objectif du label HS2 est de maintenir le plus longtemps à domicile les personnes âgées.

La France vieillit et l’Hexagone devrait compter en 2060, quelque 5 millions de personnes âgées de plus de 85 ans contre 1,4 million aujourd’hui. Face à ce phénomène, les Français expriment majoritairement, sondage après sondage, la même volonté : pouvoir finir leurs vieux jours chez eux plutôt qu’en établissement spécialisé. Pour cela, faudrait-il encore que leur lieu de vie soit conçu pour leur maintien à domicile et ne précipite pas, a contrario, l’entrée en dépendance. C’est loin d’être le cas puisque selon les statistiques de l’Agence nationale pour l’habitat (Anah), seuls 6 % des logements sont adaptés à la vulnérabilité de leurs occupants de plus de 60 ans.

Des logements adaptés…

Ce parc devrait s’agrandir, dans quelques mois, d’une cinquantaine de logements sociaux implan­tés en Guadeloupe. Cette résidence, située dans la commu­ne de Baie-Mahault, est effectivement engagée dans une importante opération de rénovation afin de favoriser le « bien vieillir » de locataires âgés en situa­tion de perte d’autonomie. Il s’agit plus précisément de l’un des tout premiers chantiers d’appli­cation de la démarche Haute sécurité santé, dite HS2.

Chargée depuis janvier 2016 de délivrer ce label, Apave Certification s’appuie, pour l’évaluation de logements anciens ou neufs, sur un référentiel de quelque 200 critères. Il s’agit bien évidemment d’adapter et de sécuriser le logement au regard de la diminution des capacités physiques de ses occupants : suppression des sols glissants, installation de balisage lumineux pour les déplacements nocturnes… Mais le label, qui comprend plusieurs niveaux (lire ci-contre), intègre également les nouvelles technologies avec l’installation de dispositifs médicaux connectés (capteurs de chutes, tensiomètres..) et la fourni­ture de services comme une conciergerie électronique.

« HS2 s’appuie sur la révolution numérique des objets connectés pour proposer un bouquet de services pour bien vieillir chez soi », explique Ghislaine Alajouanine. Cette ex-chef d’entreprise au parcours étonnant, impliquée dans l’humanitaire et désormais présidente du Haut conseil française de la télésanté, est à l’origine de HS2, un travail de plusieurs années avec l’appui d’une équipe pluridisciplinaire. « L’originalité du label est qu’il est centré sur les besoins de la personne », poursuit Mme Alajouanine, avant d’ajouter : « Le bien vieillir chez soi, le plus longtemps possi­ble et en toute sécurité, semble plus que jamais répondre aux besoins de la société. C’est ce que désirent les Français et c’est le seul moyen de réduire le coût de la dépendance ». L’équation économique est relativement simple, selon les promoteurs du label. Pour un coût de 6 000 à 12 000 € par logement, la norme HS2 peut contribuer à reculer de plusieurs années l’hospitalisation ou l’entrée en structure lourde de type Ehpad. « Augmenter de cinq années supplémentaires le maintien à domicile d’une personne âgée, versus son placement en maison de retraite, permettrait l’économie de 300 000€ », assure Ghislaine Alajouanie. Et cela après avoir relevé que malgré l’effort de 21 Md€ de la collectivité sur la prise en charge de la dépendance, « plus de 7 Md€ restent à la charge des familles concernées, le plus souvent pour régler des dépen­ses d’hébergement ».

Une labellisation progressive

Le label HS2, pour Haute sécurité santé, est uniquement délivré par Apave certification. Le postulant (bailleurs sociaux, collectivités, promoteurs, acteurs de la protection sociale, etc.) bénéficie, après sa candidature, d’une formation aux enjeux et à la mise en œuvre du référentiel, qui comprend 200 critères. L’audit concerne l’adaptation du logement, de la résidence, la connexion aux nouvelles technologies, l’accès aux services, etc. HS2 prévoit quatre niveaux de labellisation, de minimal à optimal. Les produits, services et lieux obtiennent ainsi de 1 à 4 macarons. Un audit de suivi doit être réalisé deux ans après la délivrance du label.

… une volonté politique et économique

Au total, ce sont près de 2 millions de logements qui pourraient être concernés par la démar­che HS2. Avec bien évidem­ment d’importantes retom­bées économiques pour le secteur du bâtiment, mais également toutes les entreprises et start-up qui travaillent sur les problématiques de vieillissement. « Le label contribue au déve­loppement de toute la filière de la Silver économie, un domai­ne où la France est plutôt bien placée », précise Ghislaine Alajouanie.

Si l’argumentaire paraît bien rodé, reste néanmoins à faire connaître la démarche. Et c’est bien pourquoi AG2R La Mondiale a décidé d’être à l’initiative d’une première mise en œuvre concrète du label en Guadelou­pe. Menée en partenariat avec la Société immobilière de Guadeloupe (SIG), l’opération, d’un montant d’environ 500 000 €, est cofinancée par le groupe de protec­tion sociale, la Caisse guade­loupéenne de retraite par répartition (CGRR) et la Mutuelle interprofessionnelle Antilles Guyanne (Miag). « Cet investissement s’inscrit pleinement dans nos engagements en faveur de la prévention en matière de santé et dans la préservation de l’autonomie des personnes âgées ou fragilisées à leur domicile et illustre parfaitement notre signature “ le contraire de seul au monde ”. La Guadeloupe est un département fortement touché par le vieillissement de la population et la problé­matique du logement est un enjeu majeur dans l’île », explique Yvon Breton, directeur général délégué d’AG2R La Mondiale, avant d’ajouter : « Il faut une prise de conscience, l’autonomie est la problématique du XXIe siècle ».

Dépendance, Instaurer un réel libre choix de l’hébergement

Dans la note qu’il vient de publier sur la dépendance, le Conseil d’analyse économique (CAE) juge que le dispositif actuel « ne garantit pas le choix d’hébergement le plus adapté à la personne dépendante ». Et de relever que le mécanisme de la couverture publique freine « le développement de l’offre d’hébergement non médicalisé adapté à des personnes [...] avec un niveau de dépendance modérée ». La note préconise donc soit de réformer le financement actuel en conservant les trois logiques Soins, Dépendance et Hébergement, soit – « alternative plus ambitieuse » – d’instaurer un système à deux étages, avec « une assurance mutualisée et obligatoire » couvrant toute la population pour les cas de dépendance lourde, et un financement public sous conditions de ressources pour la perte d’autonomie plus légère.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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