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Les filières d'excellence

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Certaines formations initiales ont davantage la cote que d'autres auprès des DRH. Suivre ces cursus, c'est la certitude de décrocher rapidement un emploi, qui plus est à un bon salaire.

José Milano, directeur des affaires sociales à la Fédération Française Des Sociétés d'Assurances (FFSA)
José Milano, directeur des affaires sociales à la Fédération Française Des Sociétés d'Assurances (FFSA)
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Alors que le chômage ne cesse de progresser en France, le secteur de l'assurance continue d'embaucher. Selon l'Observatoire sur les métiers des salariés de l'assurance, le secteur a recruté plus de 12 000 personnes en 2011. Ce phénomène est en partie dû au « papy-boom ». Pour compenser les nombreux départs à la retraite, les entreprises ont décidé de faire appel à un afflux de jeunes diplômés. Ainsi, les nouveaux entrants dans l'assurance sont majoritairement (58,4%) des moins de 30 ans, titulaires pour les trois quarts d'entre eux d'un diplôme d'un niveau égal ou supérieur à bac + 2. Un quart des embauchés (24,1%) détiennent même un bac + 5 et plus. Un taux qui n'a cessé de croître ces dernières années, augmentant de 8 points depuis 2002.

« Nos métiers sont de plus en plus techniques et complexes. Du coup, nous recherchons des personnes dont les qualifications sont plus adaptées à ces métiers », justifie Yves Laqueille. Comme le directeur des ressources humaines d'Allianz France, les recruteurs veulent désormais embaucher des jeunes diplômés titulaires au minimum d'une licence et/ou d'un master.

ÉCOLE SUPÉRIEURE D'ASSURANCES (ESA)

  • Lieu : Paris 20e.
  • Statut : association loi de 1901.
  • Formations initiales liées à l'assurance : BTS assurance, bachelor assurances, certificat de qualification professionnelle (CQP) de chargé de clientèle, manager de l'assurance, MBA ingénierie et gestion de patrimoine, MBA audit et management des risques et des assurances de l'entreprise. - Étudiants formés : 400. - Coût moyen d'une formation : 6 000 € par an.

ÉCOLE NATIONALE DE LA STATISTIQUE ET DE L'ADMINISTRATION ÉCONOMIQUE (ENSAE)

  • Lieu : Malakoff (Hauts-de-Seine).
  • Statut : école d'ingénieur.
  • Formations initiales liées à l'assurance : ingénieur statisticien économiste spécialité actuariat, mastère spécialisé mention actuariat.
  • Étudiants formés : de 30 à 40.
  • Coût moyen d'une formation : ingénieur statisticien économiste (615 €), mastère spécialisé (10 000 € si salarié, 5 000 € sinon).

Les deux phares du secteur

Or, les établissements d'enseignement supérieur délivrant ces précieux sésames ne manquent pas. Entre les nombreuses écoles de commerce, les écoles d'ingénieurs et les cycles universitaires, les étudiants ont le choix.

Seulement voilà : pour rentrer dans le monde de l'assurance, mieux vaut aujourd'hui être diplômé d'écoles reconnues par la profession. Car même si tous les recruteurs interrogés disent « s'intéresser plus à la personnalité qu'au cursus des candidats », certaines filières ont davantage la cote que d'autres auprès des DRH. Selon Louis Guastavino, directeur senior des divisions banque et assurance du cabinet de recrutement Page Personnel, « les écoles phares pour les bac + 5, ce sont l'Enass puis l'Esa ». À elles deux, l'École nationale de l'assurance (Enass) et l'École supérieure d'assurances (Esa) accueillent plus de 1 000 étudiants par an, parmi lesquels figurent bon nombre de salariés du secteur en formation professionnelle continue. La spécificité de ces établissements parisiens ? « Ce sont les deux seules formations en France dédiées à 100% à tous les métiers de l'assurance », répond Pierre-Charles Pradier, directeur délégué de l'Enass, qui ajoute : « Nous sommes l'école d'une profession, le lieu où tous les assureurs se retrouvent. Les enseignants de l'école sont d'ailleurs tous des acteurs du secteur. » Autre particularité : les diplômes proposés dans ces filières foisonnent. Rien qu'à l'Esa, du BTS assurance (bac + 2) au MBA audit et management des risques et des assurances de l'entreprise (bac + 5), on ne compte pas moins de six formations initiales liées à la profession.

ÉCOLE NATIONALE D'ASSURANCES (ENASS)

  • Lieu : Paris-La Défense.
  • Statut : programme coordonné du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).
  • Formations initiales liées à l'assurance : licence professionnelle d'assurance, master assurance.
  • Étudiants formés : 770 élèves, dont 650 en formation initiale.
  • Coût moyen d'une formation : 5 150 € par an.

ÉCOLE UNIVERSITAIRE DE MANAGEMENT

  • Lieu : Clermont-Ferrand.
  • Statut : université.
  • Formation initiale liée à l'assurance : master 2 gestion de patrimoine. 
  • Étudiants formés : une cinquantaine.
  • Coût moyen d'une formation : entre 300 et 400 € par an.

Une voie étroite,mais une voie royale

Pour autant, tous les jeunes diplômés recrutés dans l'assurance ne sortent pas uniquement de ces deux écoles. « Pour les métiers techniques, nous ne cherchons pas des généralistes, mais plutôt des profils qui sortent d'écoles spécialisées », indique Christine Goavec, directrice hommes, marque et culture d'April. Un argument qui vaut principalement pour les actuaires. En effet, les évolutions liées aux normes européennes, et plus particulièrement aux exigences de Solvabilité 2, placent ces financiers au coeur de la stratégie des sociétés d'assurances. Du coup, les étudiants formés aux techniques actuarielles sont très recherchés par les entreprises.

« Dans ce domaine, l'Isfa et l'Isup [Institut de statistique de l'université de Paris, NDLR] font figure de référence, avec le Centre d'études actuarielles [CEA] », observe Frédérique Bouvier, directrice du recrutement d'Axa France. Preuve de son succès, l'Institut de science financière et d'assurances (Isfa) de Lyon, qui forme une centaine d'actuaires par promotion, « reçoit environ quatre fois plus de demandes d'inscription qu'il y a de places dans l'école », selon son administrateur provisoire, Nicolas Leboisne. Précision importante : l'Isfa, l'Isup et le CEA sont trois des dix formations reconnues par l'Institut des actuaires (1), l'organisme qui réglemente la profession.

La liste des filières d'excellence dans l'assurance ne s'arrête pas là. « Même si l'assurance est assez peu enseignée dans les facultés, il y a toutefois des cursus universitaires qui sont très prisés par les acteurs du secteur. Je pense notamment au master 2 gestion de patrimoine de Clermont-Ferrand ou encore au master assurance et gestion du risque de Paris-Dauphine », indique Olivier Arroua, cofondateur de Selenis, cabinet de conseil spécialisé dans les secteurs banque, assurance et protection sociale.

Pour les étudiants, suivre l'une de ces formations - qu'elles soient privées ou publiques -, c'est l'assurance de décrocher rapidement un poste. « Plus de 95% des diplômés de notre master trouvent un emploi dans les trois mois : pour les étudiants en formation initiale, ce chiffre est encore supérieur à 90%. Soit un taux d'insertion professionnelle largement supérieur à la plupart des formations de niveau bac + 5 », précise Pierre-Charles Pradier, directeur délégué de l'Enass. Mieux, « régulièrement, les étudiants sont même embauchés avant la fin de leur master », explique Benoît Raynaud, codirecteur du master 2 gestion de patrimoine à l'université d'Auvergne.

INSTITUT DE SCIENCE FINANCIÈRE ET D'ASSURANCES (ISFA)

  • Lieu : Lyon 7e.
  • Statut : école rattachée à l'université Lyon-1.
  • Formations initiales liées à l'assurance : masters 2 sciences actuarielle et financière (SAF), sécurité des systèmes informatiques en finance et en assurance (S2IFA), recherche en gestion des risques en assurance et en finance (GRAF).
  • Étudiants formés : 600.
  • Coût moyen d'une formation : 250 € pour l'année.

UNIVERSITÉ PARIS-DAUPHINE

  • Lieu : Paris 16e. - Statut : université.
  • Formation initiale liée à l'assurance : master assurance et gestion du risque.
  • Étudiants diplômés : entre 30 et 35 par an.
  • Coût moyen d'une formation : entre 1 500 € et 4 000 €.

Attention : ces six établissements ne constituent pas une liste exhaustive des formations à l'assurance dispensées en France.

Des rémunérations plus qu'honorables

Si le marché offre de belles perspectives de carrière pour ces jeunes diplômés, Olivier Arroua précise que « les diplômés de ces filières ont en majorité des salaires plus qu'honorables dès leur premier emploi ». Les étudiants qui sortent de l'École nationale de la statistique et de l'administration économique (Ensae, autre formation ayant l'agrément de l'institut des actuaires), « reconnus aussi bien pour leurs connaissances théoriques que pour leurs compétences pratiques », selon Xavier Milhaud, responsable de la voie actuariat à l'Ensae, ont une rémunération moyenne de 46 000 € par an. Une preuve supplémentaire que l'assurance est épargnée par la crise.

 

1. Les dix filières reconnues par l'Institut des actuaires : le Centre d'études actuarielles (CEA), le Collège des ingénieurs, le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), l'École supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec), l'Ensae, l'Euro-institut d'actuariat de l'université de Brest (Euria), l'Isfa, l'Isup, l'université de Strasbourg, l'université de Paris-Dauphine.

 

" Pour les métiers techniques, nous recherchons plutôt des profils sortant d'écoles spécialisées. " Christine Goavec, directrice hommes, marque et culture d'April

 

José Milano, directeur des affaires sociales à la Fédération Française Des Sociétés d'Assurances (FFSA)) « Les universités sont également d'excellentes formations »

  • Quelles filières préparent le mieux aux métiers de l'assurance ?

On pense spontanément aux écoles supérieures dédiées à l'assurance, ainsi qu'aux formations spécialisées comme celles destinées aux actuaires. Pour ma part, je suis persuadé que les universités sont aussi d'excellentes formations. Certes, ces filières sont plus généralistes. Pour autant, elles représentent un formidable vivier de candidats pour les entreprises. Et elles ont l'avantage de couvrir l'ensemble du territoire national.

  • Ces filières ne sont-elles pas perfectibles ?

Les métiers de l'assurance se sont considérablement complexifiés. Par exemple, les dimensions services et réglementation n'existaient pas, tout au moins à ce degré, il y a dix ans. Désormais, les universités doivent donc prendre en compte ces évolutions dans leurs formations. Or, aider et inciter ces filières à faire évoluer leur offre pédagogique, c'est le rôle de l'Université de l'assurance, créée il y a bientôt deux ans pour promouvoir les métiers de notre secteur. Nous travaillons aussi pour que ces formations théoriques deviennent plus professionnalisées. Des changements seront visibles dès la rentrée universitaire 2013.


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