Une assurance ski aux pistes multiples

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Chaque hiver, 8 millions de personnes fréquentent l’une des 250 stations de ski françaises, dont 3 millions pendant les 4 semaines de vacances d’hiver. Un marché de niche pour des assureurs qui misent sur l’affinitaire...

Aux sports d’hiver, il faut savoir slalomer entre les… différentes couvertures ! Jugez plutôt : si un vacancier cause un accident à un autre skieur, c’est sa responsabilité civi­le, comprise dans la plupart des contrats MRH, qui jouera. Pour un accident sans tiers res­pon­­sable (chute par exemple), c’est l’assurance individuelle acci­dent ou la garantie des accidents de la vie (GAV) qui entrent en jeu. Elles couvrent les domma­ges corporels, les frais médicaux et les conséquences de l’accident sur la vie de la victime et celle de sa famille (indemnités invalidité/décès, aide familiale…) mais ne sont pas obligatoires.

Des frais de secours variables

Quant aux frais d’assistance en montagne, même si la commune est tenue d’organiser les secours sur le domaine public, elle peut ensuite se retour­ner contre le skieur pour obtenir le remboursement des frais engagés. Le coût moyen des secours en montagne en France oscille entre 180 € pour une évacua­tion en bas de piste et 2 000 € pour une évacuation en hélicoptère, selon Carré neige. Les cartes de crédit contiennent également des garanties de prévoyance et d’assistance, ainsi que le remboursement des frais de séjours en cas d’accident ou d’annu­lation (sous réserve d’avoir payé ces prestations avec la carte), mais les conditions d’interventions et les plafonds diffèrent selon la carte.

2 formules affinitaires

  • La Carte neige (avec la FFS)
    Proposée par la Fédération française de ski à ses 140 000 adhérents, ainsi qu’aux 80 000 adhérents de la Fédération française des clubs alpins de montagne, la Carte neige est orientée vers une pratique régulière (en loisirs ou en compétition). Elle peut être souscrite via Internet et couvre 22 activités de glisse, y compris en hors-piste. Le risque est porté par Europ Assistance (et QBE pour la RC), via le courtier Verspieren.
  • Le Carré neige (avec l’ESF)
    Créé il y a 25 ans, et proposé par le comité de ski de Savoie, le Carré neige est orienté vers la pratique occasionnelle amateur. Il peut être souscrit directement dans les guichets des stations lors de l’achat du forfait, ainsi que dans la plupart des Écoles de ski français, sur place ou lors des réservations en ligne. Sur le seul mois de décembre 2016, près de 440 000 carrés neige ont été vendus. Le risque assistance est porté par Mutuaide assistance, via le courtier Diot Montagnes.

Un millefeuille de garanties

Les solutions packagées comme la Carte neige ou le Carré neige (voir encadré) ont l’avantage de compiler l’ensemble des garan­ties précitées, ainsi que le vol et la casse du matériel, la perte ou le vol du forfait, le rembour­sement des cours de ski et des forfaits non-utilisés, selon le niveau de garantie choisi. Citons également le forfait AssurGlisse propo­sé par Gras Savoye et Mondial Assistance aux guichets des stations membres de l’association Orion Ticket Neige.

Si certains assureurs proposent également de souscrire avant le départ des assurances à la journée, comme Voyageo Neige d’Axa ou l’assurance ski d’April International, d’autres misent sur leurs contrats classiques : «Une personne ayant souscrit une MRH et une individuelle accident chez nous est couverte pour 95 % des risques qu’elle est susceptible de rencontrer aux sports d’hiver : RC, individuelle accident et assistance», estime Floréal Sanchez à la Macif. Ce n’est pas l’avis de Catherine Dibouès, res­pon­sa­ble marché Mobilité/Loisirs à la direc­tion marketing & digital de Mondial Assistance France, pour qui la garantie frais de secours en montagne, compre­nant le trajet des pistes de ski vers l’hôpital, est essentielle. «Or, elle est souvent exclue des contrats de type GAV ou cartes bancaires classiques, qui proposent uniquement du rapatriement au domicile». Le problème, c’est que «les assurés ne savent pas toujours pour quoi ils sont couverts exactement. La superposition de différentes assurances n’est pas la meilleure solution à terme» considère Laurent Cellot, directeur commercial Sports & Événements chez Gras Savoye. Et à choisir, beaucoup préfèrent avoir des «doublons» plutôt que des «trous dans la raquette». D’où le succès de ces assurances spécifiques.

Les sports d’hiver à la loupe

  • 8 millions de personnes pratiquent les sports de glisse en France (dont 7 millions le ski alpin).
  • 150 000 blessés au ski chaque année.
  • 11 % des accidents ont pour origine des collisions.
  • 40 000 interventions/an des services de secours sur les domaines skiables français.
    Sources : FFA, Allianz, Assureurs prévention et accidentologie des sports d’hiver – Médecins de montagne

L’assistance en tête du marché

«Le marché est assez tendu et rela­tivement stable actuellement. Peu de nouveaux entrants osent l’aventure, et s’ils le font, ils ne pra­tiquent pas une politique agressive de prix» explique Laurent Cellot, avant d’ajouter : «Le nerf de la guerre se cristallise autour de l’assistance/frais de secours, qui représente la part la plus importante de la prime. C’est un risque de fréquence, qui n’est pas bon techniquement. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les assisteurs ont repris le lead sur ce marché». Une fois les appels d’offres remportés, ces derniers complètent leur offre par des garanties RC et individuelle accident, qui sont liées à «des risques d’intensité, moins fréquents, mais qui peuvent se chiffrer en millions d’euros» précise Catherine Dibouès.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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