Auto : le FGAO repart en campagne contre la non-assurance

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Le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages recense entre 370 000 et 740 000 véhicule qui circuleraient sans assurance. Un défaut d'assurance contre lequel le Fonds a décidé de lutter, grâce à une campagne lancée en partenariat avec l'association Prévention routière.

En 2013, le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) a traité 27 164 dossiers d’accidents de la circulation routière dans lesquels le défaut d’assurance auto a été constaté. Une augmentation de 28,4% par rapport à l’année 2008. A ce jour, 370 000 à 740 000 véhicules circuleraient sans assurance.

«Nous ne bénéficions pas des progrès de la Sécurité routière», explique François Werner, le directeur général du Fonds. Pour rappel, les accidents corporels en France ont baissé de 22% depuis l’année 2009. D’où l’idée du FGAO d’associer directement la question de l’assurance automobile à la Sécurité routière dans une campagne de communication grand public, menée en partenariat avec l’association Prévention Routière.  

«Sans assurance, découvrez le vrai coût de la vie»

La campagne «Sans assurance, découvrez le vrai coût de la vie» (voir ci-dessous) s’adresse à une cible jeune et insouciante, mais plutôt bon élève. Cible qui ne devrait pas être trop difficile à convaincre du bien-fondé de prendre au sérieux son assurance automobile. Par souci de délivrer un message aisément compréhensible, le Fonds a donc pris le parti d’illustrer des petits sinistres corporels provoqués par de jeunes conducteurs qui se sont mis dans un cas de non-assurance par légèreté (achat d’un smartphone au lieu de payer la prime, déclaration en conducteur occasionnel pour profiter du tarif de papa...). Petits sinistres, certes, mais la facture est salée. Ainsi, pour 89 219 € versés à la victime, un conducteur sans assurance devra payer 300 € par mois pendant 25 ans… de quoi marquer, même les jeunes esprits.

Une grande absente : la «criminalité routière»

Là où le bât blesse, c’est que le «top 20» des sinistres les plus lourds indemnisés par le Fonds est compris entre 2 et 7 M€, déduction faite des frais médicaux pris en charge par l’Assurance maladie. A mots à peine voilés, on comprend que ces sinistres sont souvent causés par une population de conducteurs absolument imperméable aux messages citoyens : conducteurs sans permis qui, pour certains, ont déjà commis de graves infractions. Et parfois auteurs de délits de fuite, ce qui laisse alors le FGAO sans recours pour récupérer les sommes indemnisées... Pour lutter contre la non-assurance de cette population, une seule solution : la «coercition», selon le FGAO.

Retour dE l'idée du répertoire central

Fort de l’augmentation du nombre de dossiers de non-assurance traités par le FGAO ces dernières années, l’idée de créer un répertoire croisé entre le fichier des cartes crises et les données des assureurs fait un retour en force. Cet outil, qui permettrait aux forces de l’ordre de contrôler avec beaucoup plus d’efficacité l’existence de l’assurance automobile, a été préconisé dans le rapport, remis au ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie dès avril 2011, sur le «bilan de la non-assurance en France et ses propositions pour la faire régresser».

Lorsque l'on interroge le Fonds sur les blocages qui empêchent sa mise en œuvre, la réponse est claire, il s’agit surtout d’une question de priorité politique. Le consensus avec les assureurs existe, et le bénéfice escompté est bien supérieur au coût estimé.



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