Les assureurs ont encore des marges de progression

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Réunis la semaine dernière à Londres, les risk-managers membres du Ferma ont dressé un bilan sans concessions de leur profession, mais aussi de leurs préoccupations vis-à-vis de leurs assurances.

Les relations des entreprises avec les assureurs ? « C'est l'histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein : le sondage réalisé montre des points de satisfaction, et d'autres sur lesquels, à l'évidence, rien ou presque n'a progressé côté assureurs... », résume un risk-manager. Cette année, 782 risk-managers (contre 555 en 2008) d'entreprises publiques et privées - dont plus de la moitié cotées, et la plupart à périmètre d'activité international - de 19 pays européens (16 en 2008) ont répondu à l'enquête.

 

Certaines pratiques ont la vie dure

L'étude, réalisée par la Fédération européenne des associations de risk-management (Ferma) en partenariat avec Ernst et Young et Axa Corporate Solutions, offre donc un éclairage unique sur les préoccupations et les besoins de la profession. Alors que la crise a entraîné des évolutions dans leurs réflexes d'achat et leurs besoins, les entreprises se déclarent satisfaites du niveau des prix de l'assurance aujourd'hui, tout en craignant le prochain retour du hard market, sous l'influence notamment de Solvabilité 2 - dont elles redoutent en outre l'impact sur leurs captives.

De même, alors qu'elles estiment majoritairement que les services et l'accompagnement à l'international par les assureurs sont satisfaisants, certains chiffres trahissent encore des pratiques à la vie dure. Ainsi, plus de la moitié des risk-managers interrogés n'ont vu aucune amélioration depuis deux ans dans les délais d'émission de leurs polices locales (40 % pour les programmes internationaux). Près du tiers d'entre eux continuent en effet de recevoir les polices de leurs programmes internationaux trois mois après la date de prise d'effets des garanties... et 20 % d'entre eux au-delà de trois mois ! Et les résultats sont encore pires pour l'émission des polices locales (38 % dans les trois mois et 23 % au-delà). Des « résultats catastrophiques », de l'aveu même d'un assureur. « Au Japon, il est obligatoire d'émettre la police avant la date de prise d'effet », fait observer Denis Waerseggers, directeur adjoint du département assurances du groupe GDF Suez, ajoutant que « la qualité même des polices émises pose souvent problème, avec par exemple des difficultés dans la traduction des documents ».

 

Vers plus de transparence sur la rémunération

Sur la question de la transparence en matière de rémunération des courtiers, en revanche, il semble que les pratiques aient évolué dans le bon sens, poussées il est vrai par la réglementation, le lobby des associations nationales et internationales de risk-managers et la pression directe des acheteurs. Ainsi, 55 % des risk-managers affirment aujourd'hui bénéficier de cette transparence, et 21 % « la plupart du temps ». Cela dit, « 100 % des entreprises devraient pouvoir dire qu'elles ont connaissance dans le détail de la rémunération de leurs intermédiaires ! Il existe donc à l'évidence encore une bonne marge de progression », souligne Peter den Dekker, président du Ferma, qui devrait signer avant la fin novembre l'accord avec le Bipar (Association européenne des intermédiaires d'assurances) sur cette question.

Une autre voie d'amélioration concerne les interdépendances des risques et les risques émergents, pour lesquels les risk-managers souhaiteraient une plus grande implication des assureurs et davantage d'innovations. Les entreprises ont également exprimé le besoin de couvertures plus étendues et davantage taillées sur mesure. Bref, les assureurs et les courtiers ont encore du pain sur la planche !

 

Témoignage

Regis Demoulin, directeur commercial et du réseau international d’Axa Corporate Solutions

«S’assurer de la conformité légale et réglementaire fait partie de notre qualité de service, il s’agit d’un atout compétitif entre assureurs»


Pourquoi la question des délais d'émission des documents n'est-elle toujours pas réglée ?

Le marché de l'assurance a fait des progrès mais c'est vrai qu'il reste beaucoup de chemin à parcourir. Chez Axa CS, nous avons pris l'engagement d'émettre les polices quinze jours avant la date d'effet, et nous y parvenons dans 70 % des cas. Cela représente un immense travail pour nos équipes et nécessite aussi un effort commun des courtiers et des clients. Car il s'agit d'une tâche très complexe, pour laquelle aucun assureur n'a de process parfait.


Que pensez-vous de l'appel du président du Ferma aux assureurs et courtiers pour trouver une solution de marché dans le domaine de la conformité réglementaire ?

S'assurer d'être toujours au fait des évolutions légales et réglementaires dans plus de 90 pays où nos clients développent leurs activités fait partie de notre qualité de service, pour laquelle nous avons des équipes dédiées à temps plein. Il s'agit d'un atout compétitif entre assureurs. Penser que le marché peut mutualiser des ressources afin de faire ce travail pour le compte de tous paraît peu probable !



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article extrait de l’argus de l’assurance

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