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, DIRECTEUR GÉNÉRAL DU GROUPE MACSF (1) : " NOUS SOUHAITONS MUNIR 50 % DE NOS SOCIÉTAIRES DE LA GAV "

L'activité vie a fait un bond de 40 % en 2001 à la MACSF, grâce au contrat RES au rendement net de 6,25 %. La mutuelle d'assurances des professions de santé compte également accentuer les souscriptions de Gav, tandis que s'ouvre une période d'incertitude quant à l'évolution de la RC médicale.



En assurance vie, l'année 2001 s'est avérée favorable à la MACSF, dans un contexte pourtant difficile. Comment l'expliquez-vous ?

La MACSF a effectivement enregistré une croissance de 40 % de son chiffre d'affaires en assurance vie et même de 50 % sur son contrat phare en euros (le RES). Les provisions ont progressé de 8 % en 2001, pour atteindre 7,1 Md€ à fin décembre. Il est clair que les performances boursières médiocres ont conduit de nombreux épargnants à revenir vers des produits sécurisés offrant un bon rendement. La politique du groupe est constante depuis dix ans que j'accompagne Jean-François Naud, mon prédécesseur. Elle consiste à privilégier les fonds en euros, même si des unités de compte sont aussi proposées aux sociétaires.

Une certaine forme d'insécurité juridique semble régner autour de l'assurance vie. Ne risque-t-elle pas de peser sur son développement ?

Je ne suis pas d'accord avec cette idée, car ce sont des cas exceptionnels, mis en évidence par des professionnels du droit ou par la presse, mais qui ne correspondent à aucune réalité. La Cour de cassation a d'ailleurs rappelé dans son rapport annuel que, dans le fameux arrêt Leroux, il s'agissait d'un cas d'espèce, réaffirmant à cette occasion la différence entre un contrat de capitalisation et un contrat d'assurance vie. En plus, le Service de la législation fiscale vient de préciser qu'il convenait de rechercher l'abus de droit et non la requalification des contrats dans ce type d'affaires. Néanmoins, la FFSA a joué son rôle en rappelant certaines règles de bon sens à respecter à la souscription, afin de limiter le plus possible les risques de réintégration des contrats dans le patrimoine du défunt, au moment de l'ouverture de la succession de l'assuré, par exemple.

Les Français utilisent souvent l'assurance vie pour compléter leur retraite. Vos sociétaires préfèrent-ils souscrire une rente Madelin ou un contrat d'épargne à versements libres ?

Dans sa forme initiale, le contrat RES a été créé dans les années soixante-dix, pour permettre aux professionnels de santé d'épargner en vue de racheter des points de retraite à leur régime par répartition ! Cette possibilité, autorisée à l'époque, était plus avantageuse, juste avant la cessation d'activité. Plus tard, beaucoup ont considéré qu'il était intéressant de continuer à épargner. La liberté étant toujours préférée à la contrainte, les sociétaires épargnent plus sur le RES que sur un système avec une sortie obligatoire en rente, même avec la forte incitation fiscale dont bénéficient les contrats Madelin. Cependant, si un sociétaire veut pouvoir disposer d'un complément de ressources à vie, au moment de la retraite, la rente est indispensable. Sinon, il prend le risque de consommer l'intégralité de son capital avant son décès et de manquer de revenus en fin de vie. Mais, s'il considère que les régimes par répartition continueront à lui apporter une pension suffisante, alors mieux vaut effectivement qu'il privilégie la constitution d'un capital (transmissible dans de bonnes conditions) pour réaliser un projet, par exemple. Dans le doute, il est préférable de placer une partie de son épargne en Madelin et une autre sur un contrat à versements libres.

La loi Fabius sur l'épargne salariale concerne aussi les professionnels de santé. Comment votre groupe se positionne-t-il sur ce créneau ?

Nous allons créer notre propre société de gestion d'épargne salariale, afin de proposer à nos sociétaires une offre complémentaire à notre contrat de retraite Madelin. Nous sommes capables d'en assumer la gestion administrative, car nous avons déjà acquis une expérience de la gestion quotidienne de petits comptes, grâce aux contrats en UC pour lesquels nous sommes certifiés Iso 9001. Nous venons d'ailleurs de fêter l'obtention de ce label de qualité également en assurances de dommages.

Quels sont vos axes de développement en dommages ?

Nous souhaitons mettre l'accent sur la garantie des accidents de la vie. Pour l'instant, nous avons 13 000 contrats en portefeuille et nous en espérons 20 000 à la fin de l'année. L'objectif à terme étant de munir la moitié de notre sociétariat. Pour y parvenir, nous faisons jouer, notamment, ce que nous appelons l'effet miroir. C'est-à-dire que notre comportement se rapproche de celui qu'un praticien adopte lui-même avec ses patients. Ainsi, quand nous lui " prescrivons " de souscrire un contrat Gav pour couvrir un accident grave, il peut nous faire confiance.

Sur les autres branches, nous entendons poursuivre notre rythme de croissance, tout en respectant notre choix de rester exclusivement la mutuelle des professionnels de santé (libéraux, salariés, retraités ou étudiants). Avec un développement parallèle de 3 % à 4 % par an, sur l'ensemble des produits. Ce qui correspond, à peu près, au progrès de productivité réalisable en habitation, en RCP et en prévoyance.

En assurance automobile, vous privilégiez depuis longtemps déjà une approche services. Pensez-vous qu'il soit néanmoins possible de gagner du terrain sur ce marché saturé ?

Je ne crois pas qu'il soit saturé, à condition de trouver un second souffle. Même s'il faut pour cela faire émerger de nouveaux besoins, comme savent le faire les constructeurs automobiles. Par exemple, notre nouvelle garantie des dommages mécaniques assure un service dépannage vingt-quatre heures sur vingt-quatre et, si un moteur est cassé, elle indemnise son coût de remplacement, même s'il n'est plus sous garantie, et cela jusqu'à dix ans ! Cette assurance est valable pour d'autres pannes mécaniques : elle est comprise dans la garantie tout risque avec la même franchise, et pour environ 27 € de prime supplémentaire par an.

Mais cette approche services qui peut augmenter les cotisations s'adapte à un sociétariat plutôt aisé...

Aujourd'hui, des enfants de personnes aux revenus modestes disposent de téléphones portables qui leur coûtent plus de 30 € par mois. Est-ce que se service est supérieur à celui qu'un père de famille pourrait attendre d'une assurance qui lui rembourse un moteur alors qu'il n'a pas les moyens de remplacer sa voiture et qui, en outre, lui coûte quinze fois moins cher ? Je pense au contraire que ce type de garantie s'adresse aussi à une clientèle aux revenus modestes. Aujourd'hui, tous les services sont en concurrence et le problème majeur dont souffre l'assurance relève plutôt d'une déficience marketing dans la création de nouveaux produits.

Le sociétariat de la MACSF l'oblige à rester présente sur le secteur difficile de la RC médicale. Quels soucis cette branche vous pose-t-elle aujourd'hui ?

La loi sur le droit des malades redéfinit la faute médicale. Une nouvelle jurisprudence va donc créer des incertitudes. Les commissions de conciliation et d'indemnisation régionales vont réunir des représentants d'associations de victimes, des assureurs et des professions médicales. L'examen d'un problème de responsabilité d'un professionnel de santé par 21 membres, dont très peu seront au fait de ces questions, risque de susciter des réactions difficiles à mesurer. Toutefois les travaux des magistrats seront mieux encadrés.

Cette période d'incertitude vous contraint à renforcer vos provisions et, donc, vos tarifs. La grogne se fait-elle sentir parmi vos sociétaires ?

Nos provisions sont satisfaisantes sur ce type de risques. Les tarifs ont été fortement majorés pour 2002. Pour les échographistes (déjà réévalués après l'arrêt Perruche), nous avons tenu compte des effets de la loi qui devrait alléger les charges prévisibles. En outre, d'après notre sondage Ifop, si 60 % des Français se déclarent prêts à mettre en cause la responsabilité de leur médecin, ils ne le feraient que si le préjudice était grave, car il existe une relation de confiance. Pouvoir réclamer réparation à une commission administrative anonyme risque donc d'augmenter les demandes.

Envisagez-vous de mettre en oeuvre des partenariats, sachant que MACSF est déjà dans Covéa ?

Covéa est une plate-forme de discussions et de réflexion, nous ne cherchons pas à nouer des partenariats commerciaux. Nos seules coopérations sont d'ordre technique, avec le Sou médical et la Mutuelle d'assurances des pharmaciens. Notre taille modeste ne nous a pas empêchés de figurer parmi les premiers à monter des plates-formes de règlements de sinistres ! Et notre clientèle potentielle (estimée à 2 millions de personnes) nous offre une perspective intéressante, puisque le groupe compte 400 000 sociétaires. Sandrine Lemoine

(1) MACSF : Mutuelle d'assurances du corps de santé français.



SA CARRIÈRE

Âgé de 55 ans, Michel Dupuydauby est ingénieur des Arts et métiers et diplômé de l'IAE.

1970 Il commence sa carrière dans un bureau d'études construction.

1974 Il rejoint la MGFA, puis les Mutuelles unies, la MPG et Uni Europe.

1977 Il dirige la région Est à Axa assurances.

1992 Il devient directeur technique IARD et vie à la MACSF.

2001 Il succède à Jean-François Naud au poste de directeur général du groupe MACSF. Il est membre également des comités exécutifs de la FFSA et de la Roam.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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