2011, une année encore plus noire pour l’assurance que 2008

2011, une année encore plus noire pour l’assurance que 2008
LAETITIA DUARTE Bernard Spitz, le président de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA).

Les cotisations, toutes assurances confondues, ont baissé de 9% l’an dernier sous l’effet de la chute de 85% de la collecte de l’assurance vie. Des contre-performances pires que celles enregistrées à la suite de la faillite, il y a quatre ans, de la banque d’affaires Lehman Brothers.

« Résistance », « constance », « confiance » : Bernard Spitz, le président de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), avait beau répéter ces mots en boucle lors de la présentation, le 26 janvier, des chiffres annuels de l’assurance, son mantra avait du mal à cacher la triste réalité. Comme les professionnels le craignaient, 2011 figure bien parmi les annus horribilis de l’assurance. Les cotisations, toutes assurances confondues, sont passées l’an dernier de 207,2 Md€ à 189,6 Md€. Soit une baisse de 9%. Un résultat pire qu’en 2008 où les cotisations avaient enregistré un recul de 6% sous l’effet de la crise financière. La faute en incombe aux assurances de personnes qui ont connu une chute de 14% de leurs cotisations alors que celles des assurances de biens et de responsabilité ont progressé, dans le même temps, de 4%.

Cinquième mois de décollecte

Cette mauvaise performance des assurances de personnes résulte, là aussi sans surprise, des piètres résultats de l’assurance vie, dont la collecte brute recule en 2011 de 14%, passant de 143,8 Md€ à 124 Md€. Pour mémoire, elle avait seulement baissé de 11% en 2008. Décembre dernier a été, à ce titre, catastrophique avec une collecte nette négative de 3,8 Md€. Ce qui en fait le cinquième mois consécutif de décollecte. Du jamais vu ! Au final, si la collecte demeure positive sur l’année avec un « petit » 7,6 Md€ en 2011, elle enregistre quand même une chute de… 85% par rapport à 2010. Les causes en sont connues : la crise du pouvoir d’achat et le resserrement du crédit qui poussent les Français à puiser dans leur épargne, la concurrence des produits bancaires qui affichent des rendements plus élevés ou encore l’immobilier plus que jamais considéré, en ces temps de perte de confiance dans les établissements financiers, comme une valeur refuge. Pour autant, « l’assurance vie reste le produit d’épargne le plus populaire de France. Elle représente 56% des 2 500 Md€ de l’épargne longue des ménages », a rappelé Bernard Spitz. Son encours a, d’ailleurs, augmenté de 2% en 2011 pour atteindre 1 362 Md€. Petite lueur d’espoir : janvier 2012 pourrait présenter une collecte nette positive, a laissé entendre Bernard Spitz.

Hausse des tarifs

De son côté, l’assurance de biens et de responsabilités sauve les meubles. Les cotisations auto ont progressé de 4% (19 Md€), celles en MRH de 6% (8,4 Md€) et celles en dommages aux biens des professionnels de 3% (6,1 Md€). Quatre facteurs sont avancés pour expliquer ces hausses : l’augmentation de la population assurée, la croissance de la valeur des biens, le lancement de produits innovants et enfin… la hausse des tarifs. « Elle est consécutive à un rattrapage en matière de sinistralité par rapport aux années précédentes », a expliqué Bernard Spitz. A la FFSA, on se réjouit de la baisse des accidents auto. En revanche, l’envolée de 9% des cambriolages en 2011 inquiète.

Pas de changements fiscaux en vue

Enfin, interrogé sur le rapport critique sur l’assurance vie récemment publié par la Cour des comptes, Bernard Spitz a jugé le document comme « globalement, un bon travail ». Le président de la FFSA ne se dit pas opposé à une incitation fiscale en vue d’encourager l’épargne longue. Il ne croit pas, en revanche, à une modification substantielle de la fiscalité de l’assurance vie même s’il reconnait, élections présidentielles obligent, que « le secteur de l’assurance sera directement ou indirectement concerné par de nombreuses propositions (des candidats, NDLR), ce qui est naturel s’agissant d’un secteur clé de l’économie française. » Quant à Solvabilité 2, Bernard Spitz estime que le calendrier a de grandes chances de ne pas être respecté. En attendant, un groupe de travail a commencé, au sein de la FFSA, à plancher sur une transposition de la directive européenne dans le droit français.

Jean-Philippe Dubosc

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