Après Fukushima : Le risque « supply chain » au centre des discussions

Un peu moins d'un an après la catastrophe japonaise de Fukushima, le risque lié aux chaînes d'approvisionnement est plus que jamais au centre des interrogations. Lors des Rencontres de l'Amrae à Deauville, un certain nombre d'assureurs, de risk-managers et de courtiers se sont exprimés sur le sujet.

Pour 46% des 153 risk-managers interrogés, les capacités proposées par les assureurs pour couvrir les risques liés à leur supply chain sont insuffisantes. C'est ce que révèle l'enquête menée par la Fédération européenne de risk-management (Ferma) quelques mois après son forum à Stockholm en octobre 2011. Cela montre à quel point la catastrophe japonaise de Fukushima qui s'est déroulée en mars a pointé du doigt « les carences qui existaient en matière de couvertures de la chaîne d'approvisionnement », estime Zaiella Aissaoui, responsable assurances groupe pour Yves Rocher. Qui ajoute : « C'est devenu une question majeure depuis l'an der-nier alors que cette problématique est historique. » Et les récentes inondations thaïlandaises ont placé, une fois encore, cette problématique au centre des discussions.

Du côté des assureurs, directement mis en cause par les gestionnaires de risques, la ligne de défense est simple. Ils renvoient clairement la balle aux risk-managers en parlant de manque de transparence et de méconnaissance de leurs fournisseurs. « Nous avons observé deux cas bien précis. En ce qui concerne les entreprises présentes physiquement sur place, il n'y a pas réellement eu de problèmes d'identification des fournisseurs, tempère Dominique Debray, inspecteur dommages d'Axa Corporate Solutions (Axa CS). Pour ce qui est des industriels n'ayant pas de représentation dans ces pays, nous avons, en revanche, constaté une lenteur au niveau des remontées d'informations. »

FUKUSHIMA

300 Md$ C'est le montant estimé, toujours provisoire, de l'impact économique du tremblement de terre du 11 mars 2011. Le montant des dommages assurés serait de 35 Md$.

SOURCE : SWISS RE-SIGMA, JANVIER 2012

 

Bien identifier les risques et responsabiliser chaque partenaire

Pour les risk-managers, l'une des solutions réside dans le fait de bien identifier en amont toutes les composantes de la chaîne d'approvisionnement. Trois ambitions : identifier les risques pour les limiter, promouvoir des actions de prévention auprès des partenaires, diminuer à terme le niveau de leur prime. Faurecia est l'exemple parfait de cet état d'esprit émanant des groupes internationaux. L'équipementier s'est peu à peu développé à l'international, y compris en Asie, une zone où l'exposition aux risques naturels est sans commune mesure avec le Vieux Continent. Depuis le séisme et le tsunami japonais, cette filiale de PSA a mis en place un outil de géolocalisation de ses sites industriels, où sont matérialisées leur exposition aux risques naturels (séismes, tempêtes, tornades) ainsi que celle de leurs fournisseurs. Du côté du groupe PPR, on décide plutôt de responsabiliser les partenaires étrangers pour mieux identifier et limiter l'impact d'une défaillance potentielle dans la supply chain. « Nous proposons à nos fournisseurs de souscrire une offre assurantielle développée par Ace Europe. La garantie concerne leur RC produits et les frais de retrait pour les affaires réalisées avec nous. L'idée est de leur permettre de se couvrir et d'éviter des pertes d'exploitation de notre côté », lance Anne-Marie Fournier, risk-manager de PPR.

Outre ces réalisations menées en interne par les gestionnaires, d'autres outils sont développés par les courtiers eux-mêmes. Exemple, Gras Savoye vient de déployer une plate-forme de veille afin de « surveiller l'ensemble de l'activité de l'entreprise », selon Jason Crumley. Et le directeur maîtrise des vulnérabilités de l'entreprise chez Gras Savoye Risk Consulting de préciser : « Nous leur permettons d'avoir une vision de leurs propres sites de production ainsi que de ceux de leurs fournisseurs. »

Cette « transparence » et ce « travail d'identification » soulignés par Dominique Debray « permettent de faire remonter rapidement les informations, de régler au plus vite un sinistre et de pouvoir en mesurer les impacts réels sur les affaires de l'entreprise ». Chez FM Global, l'heu-re est à l'ajout d'extensions de garanties. La société mutualiste américaine maintient aussi sa stratégie qui consiste à proposer une couverture pour les fournisseurs de rang « n ». En ce qui concerne d'autres acteurs de la place assurantielle française, comme Zurich, on tente de se frayer un chemin entre les géants Axa CS ou Allianz Global Corporate et Speciality en développant une gamme dédiée à la supply chain.

QU'EST-CE QUE LA SUPPLY CHAIN ?

La notion de supply chain, ou chaîne d'approvisionnement, repose sur un processus commençant par le fournisseur du fournisseur et allant jusqu'au client du client. Elle inclut ainsi toutes les activités comprises dans le flux et la transformation de biens, et ce de la matière première au produit fini distribué au consommateur. Elle comprend aussi les flux d'informations et la logistique qui y sont associés.

 

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