Assurance à la demande, c'est parti !

Assurance à la demande, c'est parti !
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Deux start-up, Leocare et Valoo, débarquent dans le monde de l’assurance avec l’intention de bouleverser le marché. Leur ambition : redonner le pouvoir aux assurés en proposant des solutions auxquelles les clients peuvent souscrire instantanément via leur mobile, et qu’ils résilient quand ils le veulent.

Le 7 mars 2018 restera-t-il comme une date importante dans l’histoire de l’assurance ? David Gascoin, président de Valoo, en est persuadé. Ce jour-là, sa start-up – connue jusqu’alors sous le nom CBien – a lancé une solution « jamais vue en France » selon lui, à savoir la « première assurance à la demande » pour les biens personnels. « Le client ne paiera désormais que ce qu’il consomme, précise-t-il. En appuyant sur un bouton, il activera l’assurance. En réappuyant dessus, il l’interrompra. » Valoo certifie pouvoir assurer n’importe quel objet nomade, n’importe quand, via une application mobile. Autrement dit, couvrir sa caméra embarquée juste pour une journée de plongée ou son appareil photo uniquement durant une semaine de vacances devient possible.

Maîtrise technologique

« Notre promesse ? La simplicité, la rapidité et le 100 % mobile », avance, de son côté, Christophe Dandois, fondateur de Leocare. Le 16 janvier, cette start-up a annoncé quant à elle le lancement de l’une des premières offres à la demande en France sur le marché de l’assurance automobile (apparue en 2017, Wilov est également sur ce créneau, lire page 28) et logement. Public visé : les personnes qui souhaitent prêter leur appartement ou louer leur voiture sans franchise additionnelle. À ceux-là, Leocare garantit de pouvoir activer et désactiver des options telles que le conducteur secondaire ou encore le copartage. En seulement quelques clics.

Trov, l’exemple à suivre

David Gascoin, le fondateur de Valoo, est formel : « Trov est sans doute la seule entreprise aujourd’hui dans le monde à savoir si le marché de l’assurance à la demande est rentable. » Fondée en 2012, cette start-up californienne promet d’assurer n’importe quel objet (bijou, montre, appareil photo, etc.) contre la perte, le vol, le sinistre, depuis une appli sur mobile. Et cela, pour une durée déterminée par le client. L’assuré ne paie ainsi que ce qu’il utilise. En partenariat respectivement avec les assureurs Suncorp et Axa, ce courtier a déjà conquis les marchés australien et britannique. Et, cette année, il s’attaquera aux États-Unis. En décembre, Trov a aussi annoncé avoir noué un partenariat avec Waymo, une filiale de Google, pour assurer les conducteurs de véhicules autonomes. En seulement cinq ans, Trov a déjà levé plus de 97 M$, soit près de 80 M€.

Loin d’être un phénomène de mode, l’assurance à la demande semble, à l’image de ces deux nouveaux opérateurs, vouloir s’installer durablement dans le marché français. « Fini le stade de l’expérimentation. Désormais, ces nouveaux acteurs maîtrisent parfaitement la technologie pour souscrire à un contrat d’assurance en moins d’une minute », observe Christophe Angoulvant, directeur associé sénior du cabinet Roland Berger. Un exemple : CBien propose depuis 2013 un service digital d’inventaire de biens mobiliers (high-tech, électroménager, meubles…). Une plateforme sur laquelle plus de 10 millions d’objets sont déjà référencés. Or cette solution permet dorénavant à Valoo d’estimer instantanément le prix de marché des biens que les clients veulent assurer. « Nous sommes mêmes capables de définir le prix de la prime d’assurance en temps réel », affirme le président de Valoo.

Au travers de ces nouvelles offres, ces startup entendent, en outre, répondre aux nouvelles habitudes de consommation. « Aujourd’hui, les clients sont plus dans l’utilisation que dans la propriété », rappelle Christophe Angoulvant. « Les jeunes entreprises qui connaissent un grand succès auprès des consommateurs s’appellent Netflix, Uber, Spotify. Leur point commun ? Toutes s’appuient sur un service à la demande. Il n’y a pas de raison que l’assurance échappe à cette tendance », assure David Gascoin.

Bien qu’ils ne maîtrisent pas toute la chaîne de valeur (assurance de sinistres, assistance…), ces deux courtiers digitaux ne manquent pas d’ambition. « Il est temps que les insurtechs se montrent ! Nous sommes prêts à séduire les clients des acteurs historiques », clame d’ailleurs Christophe Dandois. L’objectif de Leocare : conquérir « plusieurs centaines de milliers de clients », en l’espace de trois à cinq ans.

Deux acteurs se lancent

  • Leocare
    - Cible Assurance habitation et auto.
    - Porteur de risque L’Équité-Generali.
    - Comment ça marche Pour accéder à l’offre à la demande, il faut au préalable être parrainé par un adhérent à Leocare. Ensuite, le client obtient un devis en répondant à quatre questions pour le logement, et sept pour l’automobile. Il peut souscrire son contrat directement sur son smartphone via la signature électronique, le scan de la carte de crédit et la reconnaissance faciale.
  • Valoo
    - Cible
    Assurance des biens technologiques et nomades.
    - Porteur de risque Altima, filiale dommages du groupe Maif.
    - Comment ça marche Le système est basé sur une cotisation journalière. Lors de son inscription, le client doit répondre à quelques questions et communiquer ses coordonnées bancaires. Ensuite, l’assurance se prend en un clic. Si le bien est éligible, le client appuie sur un bouton via l’appli Valoo. En appuyant à nouveau sur ce bouton, la garantie de son bien est suspendue.

Les grands groupes à l’affût

Le modèle économique de l’assurance à la demande reste toutefois encore à définir. « Difficile de savoir quelles seront nos marges sur ce marché qui s’apparente à de la micro-assurance », reconnaît David Gascoin. Afin de capter le plus grand nombre d’utilisateurs, Valoo ambitionne d’ailleurs de se déployer rapidement à l’international. « Nous venons d’ouvrir au Luxembourg, et dans très peu de temps, nous serons présents dans d’autres pays européens », précise son fondateur. Soucieux de s’appuyer sur plusieurs relais de croissance, Leocare prépare, pour sa part, deux nouveaux produits. Sortie prévue : second semestre 2018.

Un nouveau mode de consommation

Avec l’assurance à la demande, le client choisit le produit à assurer pour la durée de son choix. Il ne paie l’assurance que lorsqu’il utilise son bien. Pour activer la garantie ou la suspendre, quelques clics sur un smartphone suffisent.

Sans avoir pour l’instant lancé leurs propres produits à la demande, les grands noms du monde de l’assurance observent d’un oeil attentif l’émergence de ce nouveau marché. L’Équité- Generali est ainsi le porteur de risque de la solution proposée par Leocare tandis que, dans le même temps, Altima – la filiale dommages de la Maif – assure les contrats de Valoo. « C’est un pari, parce qu’il n’y a pas d’abaque (NDLR : instrument de calcul) sur ce type d’offres. Nous n’avons aucune statistique, et assez peu de recul sur les fréquences des sinistres via l’assurance à la demande. Notre intuition nous pousse néanmoins à croire qu’il y aura une forte appétence pour ce marché », indique Florent Villain, directeur général d’Altima.

Pour lui, il n’était pas question d’attendre plus longtemps : « Nous préférons être précurseurs et collecter les premiers enseignements, plutôt qu’attendre que d’autres se lancent sur le marché. » Un avis partagé par Christophe Dandois, de Leocare. « Pour avoir rencontré un des Gafa, la réceptivité du marché français pour un marché d’assurance à la demande semble aujourd’hui réelle. À nous de saisir dès à présent cette opportunité et de la concrétiser rapidement… avant l’arrivée éventuelle de l’un de ces géants », conclut-il.

Il est temps que les Insurtechs se montrent ! Nous sommes prêts à séduire les clients des acteurs historiques.

Christophe Dandois, fondateur de Leocare

Le client ne paiera désormais que ce qu’il consomme. [...] Nous sommes même capables de définir le prix de la prime d’assurance en temps réel.

David Gascoin, président de Valoo

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