Assurance vie : la lente marche vers les unités de compte

Assurance vie : la lente marche vers les unités de compte

Contraints par le contexte de taux bas, les assureurs vie accélèrent la conversion des épargnants vers les unités de compte. Mais les volumes gérés ne permettent pas des rééquilibrages rapides. Et les fonds euros restent encore très présents dans les encours.

Àla lecture des chiffres, le cru 2015 ne sera pas, pour les assureurs vie, leur meilleure année. Pour preuve, les cotisations affichent des progressions bien moins importantes que l’an passé. Ainsi CNP Assurances, qui enregistrait une croissance de 18 % en 2014, ne progresse que de 2,8 % en 2015. Le repli est encore plus sévère pour le Conservateur : +18,2 % en 2014, contre seulement 0,7 % en 2015. Certaines collectes brutes sont même en recul : -22,3 % pour Ag2r La Mondiale, -7,2 % pour Macsf Épargne retraite et -8,2 % pour Prépar-vie. Mais il ne faut pas s’y méprendre ! La persistance de taux d’intérêts historiquement bas a rebattu les cartes en 2015 et convaincu les assureurs de freiner la collecte sur les contrats d’assurance vie investis à 100 % en euros. L’objectif ? Ne pas être obligé de réinvestir massivement sur de l’obligataire qui rapporte peu, afin de ne pas diluer davantage le rendement des portefeuilles. La bataille ne s’est donc pas jouée sur les cotisations, mais bien sur la conversion des épargnants aux unités de compte. Et la manoeuvre a fonctionné… dans une certaine mesure. L’année 2015 a ainsi vu la collecte en unités de compte (11,1 Md€) dépasser celle des fonds euros (8,8 Md€). Il est vrai que les assureurs vie n’ont pas ménagé leurs efforts pour adapter leur modèle économique à l’environnement de taux bas et convaincre les épargnants qu’une autre voie était possible en dehors des fonds euros. Fin 2015, CNP Assurances a ainsi lancé un multisupport structuré permettant de garantir son capital au terme de 4 ans. Nombre d’acteurs, comme Axa, ont développé des options de gestion pilotée ou sous mandat pour accroître la part d’unités de compte des épargnants. Sans compter les stratégies de bonus au rendement des fonds euros conditionné à la part investie en unités de compte qui se sont multipliées. Plus étonnant, le mutualiste Maif s’est même lancé sur la clientèle haut de gamme avec son contrat Avenir Patrimoine qui prévoit un investissement minimum de 30 % en UC. La fin du tout euros ? Mais tous ne recueillent pas les fruits des efforts déployés. Si l’on observe la part des unités de compte dans les portefeuilles, les classements s’inversent. Les derniers deviennent les premiers. Les bancassureurs, bien positionnés sur la clientèle dite mass market, ont eu plus de mal à prendre le virage de la fin du « tout euros » que les assureurs positionnés sur une clientèle plus haut de gamme, à l’instar de Swiss Life avec 47 % de taux d’UC et plus encore le Conservateur, spécialiste de la tontine, champion des UC avec un taux de 70 % (voir classements). Et si tous les acteurs affichent une progression de la part d’UC en 2015, ces dernières ne représentent en moyenne qu’un peu plus de 20 % des encours. Les fonds euros restent prédominants, résultat d’années de succès de ce support sécurisé. La proportion atteint même 95 % chez certains assureurs mutualistes. C’est bien pourquoi l’offensive continue de la part des mutuelles et du marché pour convaincre les épargnants d’investir plus massivement sur ces supports risqués. Un projet d’amendement est d’ailleurs dans les tuyaux, soutenu par des mutuelles comme la Macsf et approuvé par l’AFA, pour élargir le dispositif Fourgous à un plus grand public, comme les associations d’épargnants. Pour mémoire, ce dispositif permet de transformer un contrat monosupport en euros, en contrat multisupport sans perte d’antériorité fiscale, à condition d’investir 20 % de l’encours en unités de compte. Il est donc clair que l’année 2016 sera placée sous le signe de l’accélération de l’éducation des épargnants au risque.

Top 30 des producteurs d’assurance vie : chacun veut prendre sa place

  • L’assurance vie est un mastodonte lent à manœuvrer et trusté par les bancassureurs. En tête, CNP Assurances conserve sa première place d’assureur vie français avec 21,3 Md€ de cotisations. Société générale Insurance, qui talonnait BNP Paribas Cardif l’an dernier, s’installe en 3e place avec 8,1 Md€ de cotisations, mais il lui faudra faire plus du double pour ravir la 2e place à Crédit agricole Assurances.
  • Mais cette année, notre classement réserve quand même des surprises. Ainsi Suravenir s’invite dans le Top 10 et grignote 3 places par rapport à l’an dernier avec une hausse des cotisations de 22,5 %. Le classement 2016 fait aussi la part belle à de nouveaux entrants comme Neuflize vie qui s’installe à la 20e place avec 926 M€ de cotisations et un encours moyen par contrat de 347 524 € ! Plus modeste, la Carac (402,2 M€) et la France mutualiste (248,1 M€) entrent dans le cercle du Top 30 de l’assurance vie.
  • Derrière les leaders historiques, la majorité du classement réalise des cotisations entre 1 Md€ et 6 Md€ en 2015, mais fait marquant cette année, plusieurs enregistrent des cotisations en baisse, Ag2r La Mondiale affichant même une décroissance de 22,3 %, signe que l’activité commerciale du marché n’a pas poussé les feux sur la collecte, notamment en fonds euros.

Méthodologie

  • Le top 30 de l’assurance vie est réalisé sur le segment de l’assurance vie-épargne individuelle, en euros et en unités de compte des organismes assureurs qui conçoivent et/ou produisent les contrats. Il n’intègre ni les produits de capitalisation, ni les produits de retraite (individuelle et collective) dont l’enveloppe juridique peut être celle de l’assurance vie (comme le Perp ou le Madelin).
  • Le classement est établi sur la base des cotisations en affaires directes (en brut de réassurance, hors acceptations) pour l’activité 2015 en France.
  • La Carac et Neuflize Vie intègrent cette année le classement et La France mutualiste y fait son retour. À noter : plusieurs ruptures dans les séries sont à constater pour l’année 2014 par rapport à notre édition de 2015, notamment chez Axa, Covéa, Aviva, Allianz et Prepar Vie. Elles sont dues à un changement de périmètre (transfert de portefeuille...), les montants 2014 ont donc été recalculés.

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