Assurance vie : les stratégies pro-unités de compte ne sont pas toutes à maturité

Assurance vie : les stratégies pro-unités de compte ne sont pas toutes à maturité

Les assureurs vie sont en plein virage pour réorienter leur activité vers les supports en UC. Ces derniers progressent dans les résultats mais tous les acteurs ne parviennent pas à mettre le frein sur l’euro.

Les assureurs vie sont passés de la théorie à la pratique ! Les deux tiers des acteurs de notre classement 2017 affichent des cotisations en baisse. Société générale Insurance recule de 4,7 %, la Macsf de 11 %. Le Conservateur chute de 20,2 %, et Neuflize Vie de 38,6 %. Même le leader CNP Assurances recule de 6,9 %. Ce mouvement est le résultat des efforts déployés pour réorienter leur business mix en freinant la collecte en euros au profit de souscriptions en unités de compte (UC). En cause, le contexte de taux d’intérêts historiquement bas qui s’est maintenu en 2016 et qui limite les possibilités de réinvestissement des assureurs. La restriction des souscriptions uniquement en euros et la forte baisse des rendements servis au titre de 2016 sur les fonds en euros semblent avoir fonctionné.

Donner le goût du risque aux épargnants…

Toutefois, les succès de ces stratégies se révèlent contrastés et la conversion des épargnants aux placements risqués, pas toujours évidente. À y regarder de plus près, certains acteurs ont, en effet, des difficultés à désintoxiquer leurs clients du support 100 % sécurisé. C’est le cas de BNP Paribas Cardif qui gagne cette année une place dans notre classement, mais continue à engranger de l’euro (voir ci-dessus). Pour le bancassureur, qui pâtit d’une baisse de la collecte sur l’eurocroissance, comptabilisée comme de l’unité de compte, cette contre-performance s’explique. « Malgré la baisse des taux servis en 2016 sur les fonds en euros, ces derniers restent intéressants par rapport aux placements sans risque, ce qui peut expliquer que l’engouement continue sur les fonds en euros », analyse Benoît Gommard, responsable de la stratégie client de BNP Paribas Cardif France.

Pour d’autres, la résistance au changement est à chercher du côté de la distribution. « En 2016, on voit une différence nette entre les réseaux bancaires et les réseaux courtiers et agents, où les politiques de fermeture de souscription en euros ont été appliquées de manière plus forte, constate Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne. Les assureurs ont accepté de voir leur collecte diminuer. Pour les bancassureurs, il est plus difficile d’avoir un message dur vis-àvis de l’euro du fait de la forte concurrence entre les banques sur les produits d’épargne ».

Pourtant, plusieurs assureurs vie parviennent à s’illustrer. Ainsi, Crédit agricole Assurances affiche une progression de 190,7 M€ de cotisations en unités de compte contre un recul de 100,6 M€ sur l’euro. De même, Generali, qui affiche un recul de 9,3 % de ses cotisations et une décollecte nette de 222 M€, arrive à creuser l’écart entre euros (-514 M€) et unités de compte (+46 M€).

… un enjeu difficile à atteindre

« Le taux d’unités de compte du marché en 2016 retrouve à peine son niveau d’avant crise, mais il a progressé fin 2016 et début 2017 », relève Philippe Crevel. Dans les encours, la part en support risqué progresse de quelques points chez presque tous les acteurs (voir page 14). Une tendance qui devrait se renforcer, car les épargnants, à la recherche d’un meilleur rendement pour leurs placements, sont de moins en moins frileux. C’est ce qui ressort du sondage réalisé par le Cercle de l’épargne en mars 2017 : 38 % des sondés jugent intéressants les supports actions (+9 points par rapport à 2016), aidés en cela par la bonne reprise des marchés financiers sur la fin de l’année.

Toutefois, cette recherche de rendement pourrait se faire sur d’autres terrains que l’assurance vie. Déjà, la croissance des rachats est sensible dans les résultats 2016 de notre classement, conduisant à un effondrement des collectes nettes. « La hausse des prestations en 2016 s’explique pour partie par la frénésie des épargnants pour l’immobilier », constate Philippe Crevel qui anticipe des perturbations pour 2017. « Le coup de frein sur la collecte en euros devrait se poursuivre mais le marché risque d’être confronté à un attentisme des épargnants lié aux menaces sur le régime fiscal de l’assurance vie. Cela pèsera sur les résultats des assureurs », poursuit-il.

Emmanuel Macron, nouvellement élu président de la République (voir p. 24), a effectivement envisagé une hausse de la fiscalité de l’assurance vie lors de la campagne électorale.

Sources : L’Argus de l’assurance et les sociétés citées
NC : non communiqué.
1. En brut de réassurance, hors acceptations.
2. Périmètre : Aviva Vie et Aviva Épargne Retraite (AER).
3. Société détenue à parité par Aviva France et Crédit du Nord. Depuis avril 2017, elle est intégrée à 100 % dans Société générale.
4. Périmètre : Les Assurances mutuelles Le Conservateur et Les Associations mutuelles Le Conservateur.


Sources : L’Argus de l’assurance et les sociétés citées




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