Assurances auto et MRH : Benoît Hamon veut «de la fluidité dans un marché quasi captif»

Assurances auto et MRH : Benoît Hamon veut «de la fluidité dans un marché quasi captif»
Alex Giraud Lors de sa viste à Niort, Benoît Hamon en discussion avec Roger Belot, pdg de la Maif

A l’occasion de son déplacement à Niort, le ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire et à la Consommation a justifié, pour la première fois, à l’Argus de l’assurance, son projet de réforme du droit de la résiliation des contrats d’assurance auto et habitation, en s’appuyant notamment sur l’exemple des autres pays européens

Lors de sa visite à Niort, Benoît Hamon n’a pas oublié les assureurs mutualistes en visitant le siège de la Maif et un centre Macif. A cette occasion, il a souligné que le modèle de gouvernance des mutuelles niortaises était un exemple de la « biodiversité, économique du paysage français » et que la future loi en cours d'élaboration « permettra aux acteurs de l’économie sociale et solidaire de bénéficier d'une véritable reconnaissance de leur statut et de la prise en charge de leurs spécificités, tant sur le plan économique que fiscal » : « C'est un modèle économique qui marche Ses entreprises ont mieux résisté à la crise et ont des durées de vie moyenne bien supérieures aux entreprises classiques. »

Raisonnement à court terme

Cependant, l'article 17 de l’avant-projet de loi Consommation, défendu par ce même Benoît Hamon, a un peu gâché la fête. Les dirigeants mutualistes ont profité de la présence du ministre pour lui faire part de leurs inquiétudes quant aux nouvelles dispositions prévues pour favoriser la résiliation des contrats d’assurance soumis à tacite reconduction. « C'est raisonner à court-terme et méconnaître les principes mêmes de l'assurance que de croire que plus de turn-over sur le marché conduira à une baisse des prix. Au contraire, la hausse des frais de gestion sera répercutée et au final ce sont les assurés qui seront perdants », résumait Pascal Demurger, directeur groupe de la Maif.

L'exemple des Pays-Bas

Mais les mutualistes n'on visiblement pas convaincu le ministre. « Les dépenses d'assurance obligatoires pèsent pour près de 5% dans les dépenses des ménages. Et sur les trois dernières années, les primes en MRH ont augmenté trois fois plus vite que l'inflation. Il est donc légitime de s'intéresser à ces dépenses et de mettre davantage de fluidité sur le marché. Et ce d'autant qu'avec le principe de tacite reconduction, le taux de rotation du marché est actuellement très faible, on est proche d'un marché captif », a confié Benoît Hamon à l’Argus de l’assurance au retour de sa visite. Et d'ajouter: « Nous avons analysée d'autres exemples européens, notamment les Pays-Bas, qui confirment l'impact qu'aurait cette mesure sur la baisse des tarifs. La France serait bien le seul pays où davantage de fluidité sur le marché aurait pour conséquence une hausse des tarifs! »

Le consommateur gagnant

Peu sensible au risque de non-assurance, qui existe déjà selon lui dans les faits, notamment avec la circulation de fausses attestations d'assurance sur internet, Benoît Hamon tient néanmoins à rassurer les acteurs mutualistes: « La Maif et la Macif ont des taux de fidélisation et de satisfaction parmi les plus élevés du marché. Il n'y a donc aucune raison qu'ils s'inquiètent: la qualité du service fera la différence et au final, c'est le consommateur qui y gagnera. »

L'assurance mobile éventuellement concernée

Concernant le périmètre de cette réforme, qui sera fixé par décret, le ministre confirme qu'il devrait se limiter assez naturellement à l'assurance auto et habitation, évoquant également la téléphonie mobile : « Mais tout cela est encore en réflexion. Nous avons saisi pour avis les instances compétentes: je vois le Gema et la FFSA a été reçue aujourd'hui...les discussions sont en cours. Je comprends les intérêts des assureurs mais en tant que ministre de la Consommation, je dois aussi tenir compte de l'intérêt des consommateurs. »

Mutuelle européenne

« Nous sommes reconnaissants des efforts fournis par le ministre à Bruxelles pour faire avancer le projet de statut de mutuelle européenne et nous l'accompagnons dans le projet des actions de classe. En revanche, concernant les résiliations, nous sommes en discussion pour essayer de faire entendre notre position. Nous avons trouvé une oreille attentive de la part du ministre mais nous restons pour l'instant en désaccord », devait reconnaître Gerard Andreck, président de la Macif et du Gema.

Aurélie Nicolas, à Niort

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