Baromètre Udap : des cadres dirigeants de l'assurance stressés... mais plutôt confiants

Baromètre Udap : des cadres dirigeants de l'assurance stressés... mais plutôt confiants

L’Union des directeurs de l’assurance et de la protection sociale (Udap) vient de publier un baromètre sur les dirigeants du monde de l’assurance. Selon cette enquête, ces cadres s’investissent beaucoup dans leur travail et se disent confiants dans l’avenir même si l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle est délicat.

Un sujet plutôt tabou. Le 16 avril dernier, l’Union des directeurs de l’assurance et de la protection sociale (Udap) a présenté les résultats d’une enquête portant sur un thème dont on parle rarement, voire jamais, dans l’entreprise : le moral et la santé des cadres dirigeants. Rarement les préoccupations de cette population – pas vraiment réputée pour se lamenter ou se plaindre – sont exposées au grand jour. Mais pour cette étude, 327 cadres supérieurs – employés dans des compagnies d’assurance, des mutuelles, des institutions de prévoyance et des cabinets de courtage – ont accepté de répondre au questionnaire de l’organisation syndicale des dirigeants du secteur. Le moins que l’on puisse dire, c’est que leurs réponses sont riches d’enseignements.

Le premier ? Les dirigeants du monde de l’assurance sont aujourd’hui sous tension. Plus de trois cadres sur quatre (77 %) font part d’un niveau de stress élevé. « Regroupements, digitalisation, mutation des métiers… Nous n’avons jamais eu autant de bouleversements et de mouvements dans notre secteur », observe Anne-Sophie Godon, directrice de l’innovation de Malakoff Médéric Humanis. « Or beaucoup de ces problématiques reposent sur les épaules des dirigeants », ajoute celle qui a mené cette étude pour le compte de l’Udap. Autre explication de ce niveau de stress élevé : la charge de travail. Une majorité (53 %) des interrogés déclare travailler plus de 50 heures par semaine.

« Que cette population soit davantage sous pression que la moyenne des salariés du secteur n’est pas étonnant. À travers leur fonction, les dirigeants sont forcément plus sollicités dans l’entreprise », relativise Djamel Souami, président de l’Udap (et président du Centre technique des institutions de prévoyance, le CTip). « Là où cela devient problématique, c’est quand le travail de ces cadres déborde et que leur vie privée en pâtit », précise-t-il. En l’occurrence, 61 % des personnes consultées indiquent avoir aujourd'hui des difficultés à concilier vie professionnelle et vie personnelle. À titre de comparaison, 42 % des salariés, tous secteurs confondus, révèlent rencontrer les mêmes difficultés, selon le baromètre santé au travail réalisé par Malakoff Médéric. Conséquence : à la question de savoir s’ils se sentent prêts à travailler au même rythme dans dix ans, 43 % des cadres de l’assurance répondent négativement.

93 % La part des dirigeants qui se disent pleinement confiants dans leur capacité à s’adapter aux évolutions à venir.

Manque de reconnaissance

Autre problématique pointée par les cadres dirigeants du secteur : le manque de reconnaissance de leur statut. Plus d’un sur quatre (27 %) estime ne pas bénéficier d’un juste retour de son engagement au travail. Un chiffre qui monte jusqu'à 31 % dans les compagnies d’assurance. Par ailleurs, pour une personne interrogée sur trois, les spécificités de la responsabilité du cadre dirigeant sont insuffisamment prises en compte.

Le tableau n’est toutefois pas si noir pour cette population. En effet, neuf dirigeants sur dix (91 %) se disent, toujours attachés au secteur de l’assurance et de la protection sociale. Et 95 % indiquent se retrouver dans les valeurs portées par leur entreprise. Alors qu’on pourrait croire, de prime abord, qu’ils ont le moral en berne, les dirigeants sont au contraire plutôt « remontés à bloc » : 93 % d’entre eux sont ainsi pleinement confiants dans leurs capacités à s’adapter aux évolutions à venir, et 75 % des sondés se déclarent sereins quant à l’avenir de leurs missions et de leur métier. Là aussi, à titre de comparaison, seulement 44 % des salariés français, selon une étude réalisée par BVA, sont confiants dans leur évolution professionnelle. Un résultat optimiste qu’il convient toutefois de relativiser car, selon l’enquête de l’Udap, 34 % des dirigeants n’ont aucune perspective identifiée aujourd’hui du développement de leurs compétences. « En France, on considère que lorsque l’on devient dirigeant, on a atteint la perfection et que l’on n’a plus besoin d’être formé », remarque Djamel Souami, président de l’Udap. Un constat surtout vrai dans le courtage, où près d’un cadre sur deux (47 %) avoue ne pas être satisfait des perspectives de développement de ses compétences.

Djamel Souami , président de l’UDAP
« Aider les dirigeants à mieux prendre soin d’eux »

  • Pourquoi avoir réalisé cette étude ?
    Le but de ce baromètre est de faire prendre conscience aux cadres supérieurs du secteur que les difficultés qu’ils peuvent rencontrer dans leur quotidien professionnel sont communes à d’autres dirigeants du secteur. À travers cette enquête, nous souhaitons aussi que les entreprises améliorent la gestion de leurs talents. Nous avons un besoin criant de « DRH stratèges ». Pour l’Udap, les enseignements sont autant d’axes de travail que nous allons approfondir.
  • Quels sont ces axes de travail ?
    Nous voulons travailler sur le développement des compétences des dirigeants. Nous allons également œuvrer pour que les spécificités des missions et des statuts des cadres dirigeants soient mieux reconnues. Il faut trouver notamment une voie plus raisonnable, plus dépassionnée en cas de séparation avec les entreprises. Nous voulons enfin aider ces dirigeants à mieux prendre soin d’eux. Parce qu’ils travaillent beaucoup, ce sont peut-être ceux qui font le moins attention aujourd’hui à leur santé dans l’entreprise !

 

Assurer ses arrières

Reste un sujet sur lequel la vision des dirigeants évolue : les avantages liés à leur statut. La précédente étude de l’Udap sur les dirigeants avait été réalisée en 2008. « À l’époque, les cadres interrogés ne s’imaginaient pas ailleurs que dans leur entreprise, et étaient donc très attentifs aux avantages liés à la jouissance immédiate de leurs poste, tel qu’une voiture de fonction », indique Anne-Sophie Godon. Dix ans plus tard, les mentalités ont changé. Car ces cadres préfèrent désormais bénéficier d’une retraite supplémentaire (54 %) et… d’indemnités de rupture (39 %). « C’est bien la preuve que pour les dirigeants du secteur, rien n’est dorénavant acquis et qu’ils préfèrent assurer leurs arrières », concluent les auteurs de l’étude.

Méthodologie

L’enquête Baromètre des dirigeants a été réalisée par l’Institut de sondage BVA du 14 janvier au 4 février 2019. Alors que le questionnaire a été adressé à plus de 4 000 cadres dirigeants (issus de compagnies d’assurance, de mutuelles, d’institutions de prévoyance, et de cabinets de courtage), 327 personnes ont finalement répondu à cette étude. À noter que certains résultats ont été comparés à une étude réalisée auprès de 1 000 salariés français en juillet 2018. D’autres réponses, notamment liées aux questions relatives au stress, à l’équilibre de vie et au rythme de travail, sont comparées au baromètre santé au travail réalisé par Malakoff Médéric Humanis en avril 2018, auprès de 3 500 salariés de tous secteurs.

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