Bientôt la fin...

Le tribunal de commerce de Paris a beau avoir validé la liquidation judiciaire le 4 juillet dernier, le feuilleton Assor continue. Entre le licenciement des salariés, le mécontentement des consommateurs et l'attente des créanciers, plusieurs dossiers sont ouverts pour encore quelques semaines.

Une histoire sans fin, tel est le titre qu'aurait pu prendre l'affaire Assor. Même si le courtier grossiste a bien vu son avenir

Depuis 2011, Des effectifs en chute libre

Le déclin et la perte inéluctable d’assor, à cause d’erreurs de gestions répétées.

 

administratif scellé lorsque le tribunal de commerce de Paris a prononcé sa liquidation judiciaire le 4 juillet dernier, au niveau opérationnel cette dernière n'est pas encore effective.

Il n'y a qu'à voir la position délicate dans laquelle se trouvent actuellement les salariés d'Assor. Et oui décidément, rien n'est simple dans ce dossier. Le 4 juillet dernier, les salariés croyaient en effet voir le bout du tunnel. « À cause des problèmes de retard de versement de salaires et des conditions de travail difficiles dans lesquelles nous exercions depuis quelques mois, nous sommes épuisés. Cette liquidation, c'est donc finalement la moins pire des solutions », précisait ce jour-là, un employé à la sortie du tribunal.

Seulement voilà, deux mois plus tard, la situation n'est pas totalement réglée. Les 106 salariés, licenciés courant juillet par l'administrateur chargé de la liquidation, n'ont toujours pas reçu leur solde de tout compte. « Une partie des salaires de juillet n'a pas été encore versée. Nous n'avons pas eu non plus les imprimés nécessaires à l'inscription à Pôle-Emploi », précise un salarié, dépité. Autrement dit, pour l'instant, les ex-salariés ne peuvent prétendre toucher des allocations chômage. Et dans l'attente de la réception de ces fameux papiers, ils sont dans l'obligation de se serrer la ceinture.

Du côté des consommateurs, c'est la même chanson. Les forums Internet accueillent encore des contestataires et des mécontents critiquant la gestion du courtier grossiste. Preuve que ces derniers n'ont pas encore été prévenus de la situation catastrophique de leur gestionnaire d'assurances tant par les institutions compétentes que par les assureurs ou mutuelles ayant eu une délégation de gestion avec Assor. Alors que le monde de l'assurance veut tourner au plus vite la page de ce feuilleton, l'histoire n'est bel et bien pas encore terminée même au niveau des créanciers...

Le montant des dettes s'alourdit

Des créanciers qui ont en effet deux mois après la publication de la liquidation judiciaire au Bodacc (bulletin officiel) pour se positionner. Selon une source proche du dossier, alors que l'annonce a été faite le 4 juillet, la dite publication ne serait, elle, intervenue qu'à la fin du mois d'août. Une situation qui nous amène jusqu'à fin octobre pour voir l'étendue des dégâts concernant les dettes du courtier grossiste. Il reste d'ailleurs fort à parier que tous ces créanciers privilégiés ou chirographaires ne retrouveront certainement pas leurs deniers, passant après les salariés et l'État dans l'ordre des créanciers prioritaires. Des noms comme Allianz, Axa, Swiss Life, Pradot mutuelle ou encore Pasteur mutualité sont cités dans ce dossier houleux.

Mais quand débute cette histoire qui a bousculé le monde du courtage et de l'assurance ? Le feuilleton commence directement avec l'activité IARD du courtier grossiste, qui très vite aurait demandé à certains de ses fournisseurs, pour qui il était gestionnaire, un délai supplémentaire pour reverser les primes collectées... allant, selon nos informations, « d'une période de 6 à 12 mois pour atteindre près d'un an et demi ». Alors que les dettes fournisseurs s'amoncellent, elles ne freinent pas les envies de croissance du dirigeant d'Assor, qui n'hésita pas à reprendre en 2009 le portefeuille particulier de Gras Savoye et en 2010 l'activité grossiste d'Assurema. La dernière acquisition, et non des moindres, scellera le début de la perdition du courtier grossiste. En reprenant cette activité et les équipes de Monteux (Vaucluse), Stéphane Verdeil n'aura en revanche pas réussi le pari de l'intégrer pleinement à Assor France.

Les défauts de gestion s'accumulent

Soucis informatiques et équipes en sous-effectifs mettront définitivement en exergue les défauts de gestion de la société parisienne. Après avoir effectué un premier écrémage en fin d'année 2010, le grossiste pense avoir trouvé une solution pour pérenniser l'activité, mais que nenni... car entre temps le courtier tente l'aventure de la complémentaire santé, faisant inexorablement grandir ses dettes fournisseurs, notamment à cause du système d'avances sur trésorerie (les précomptes). Résultat à fin 2011, le courtier affiche sur ses résultats un besoin de fonds de roulement à financer à hauteur de 19 M€ et une dette globale de 47M€, dont 30,6 M€ contractés auprès de ses fournisseurs, et ce pour un chiffre d'affaires de 48,8 M€.

Le juge peut décider si nécessaire, pour rembourser salariés et fournisseurs, de démanteler et mettre en liquidation les autres filiales de la galaxie Assor.

Un des avocats d'un assureur impliqué dans le dossier Assor

Face à ces difficultés, la direction d'Assor projette de mettre en place un plan de sauvegarde de l'emploi pour finalement se rétracter. Une annonce qui avait fait naître quelques espoirs auprès des salariés. Mais même si le dirigeant se disait confiant avec un potentiel investisseur, ce chevalier blanc n'est jamais venu. Parallèlement, c'est bien au parquet du tribunal de commerce de Paris que s'est joué la fin du film d'Assor. Accumulant les référés à son encontre, la direction d'Assor France a joué son va-tout en faisant nommer un mandataire ad'hoc début 2013 pour essayer de gérer ses contentieux, notamment avec ses fournisseurs assurantiels. Mais c'est déjà trop tard, devant la fin de non-recevoir des assureurs et autres mutualistes, le mandataire n'a d'autre solution que de déposer au tribunal de commerce un rapport dit de carences. Un seul choix s'impose pour les dirigeants : la voie du dépôt de bilan.

En juin dernier, les dirigeants de la société de courtage se déclarent ainsi en cessation de paiement et le 4 juillet le tribunal de commerce confirme la mise en liquidation judiciaire du courtier.

Bientôt la fin... pour Assor France

Alors que pour le moment il n'y a qu'Assor France de concerner, « le juge pourra très bien s'il estime nécessaire, notamment pour rembourser salariés et fournisseurs, démanteler et mettre en liquidation les autres filiales de la galaxie Assor, filiales qui ne sont pour la plupart que des coquilles vides à l'heure actuelle », estime un des avocats d'un assureur impliqué dans le dossier Assor.

Et même si l'histoire devrait toucher à sa fin, elle restera encore longtemps dans les têtes des acteurs du marché français de l'assurance. Comme une mauvaise publicité tant pour les intermédiaires que pour le métier d'assureur...

QUELQUES DATES...

  • 2010 Après l'acquisition en 2009 du département assurance de particuliers de Gras Savoye, le courtier parisien continue sa moisson en annonçant le rachat du grossiste Assurema. Une acquisition qui aurait mis en exergue les premières difficultés de consolidation d'Assor.
  • Juillet 2012 Après avoir essayé de trouver d'autres solutions, les premiers assureurs, Allianz IARD et Axa IARD en tête, règlent leurs contentieux avec Assor France devant le tribunal de Commerce de Paris et obtiennent gain de cause.
  • Janvier 2013 Tout s'accélère pour Assor. Devant cette situation, le tribunal de Commerce de Paris décide, à la demande de la direction générale du courtier, de nommer un mandataire ad'hoc afin d'essayer de trouver des solutions auprès des créanciers.
  • Février 2013 À l'appel des fédérations CGT et FO, une quarantaine de salariés de sociétés de courtage manifestent devant le siège de la Chambre syndicale des courtiers d'assurances. Ils sont principalement employés chez Assor.
  • Mars 2013 De décembre 2012 à mars 2013, les référés à l'encontre du courtier grossiste se multiplient. Conséquences directes : l'arrivée de nombreuses compagnies et mutuelles au niveau des nantissements de fonds de commerce.
  • Avril 2013 Devant la fin de non-recevoir émanant des créanciers, notamment celle des compagnies d'assurances et autres mutuelles, le mandataire ad'hoc nommé quelques mois plus tôt se voit contraint de déposer un rapport de carence au tribunal de Commerce de Paris. Juin 2013 Après avoir joué son va-tout en tentant, sans effet, d'impliquer le groupe Pasteur mutualité dans sa chute, la direction générale d'Assor France se déclare finalement en situation de cessation de paiement (dépôt de bilan) devant le tribunal de Commerce de Paris. Juillet 2013 La liquidation judiciaire d'Assor France est confirmée par le tribunal de Commerce de Paris le 4 juillet 2013. Cette décision vient ainsi valider le jugement rendu le 27 juin.

JEAN-SIMON BITTER, SECRÉTAIRE FÉDÉRAL DE FO ASSURANCES « Une carence de l'ACP »

Que vous inspire la fin d'Assor ?

Le dossier n'est pas clos. Dans l'unité des fédérations FO et CGT, nous avons saisi durant l'été le ministère de l'Économie et des Finances afin qu'il intervienne auprès des ex-salariés d'Assor. L'Autorité de contrôle prudentiel, qui enquêtait depuis 2011 sur la situation de l'entreprise, n'a donné aucune information aux représentants du personnel, ni pris aucune mesure.

C'est donc à l'autorité de tutelle d'intervenir aujourd'hui. Du fait de cette carence de l'ACP, mais aussi de tous ceux qui avaient la responsabilité d'agir, les ex-salariés devraient être ainsi assurés d'une indemnisation au moins égale à un an de salaire.

Pour vous, qui est fautif également dans ce dossier ?

Nos deux fédérations CGT et FO avons saisi, au printemps dernier, la Chambre syndicale des courtiers d'assurances pour demander l'ouverture d'une négociation pour le maintien de tous les emplois au même lieu géographique sans perte de salaire ni déqualification, en cas de défaillance totale ou partielle d'un courtier. Or, la CSCA a refusé cette négociation, manquant là une occasion unique de montrer que le courtage était une profession unie et solidaire. PROPOS RECUEILLIS PAR NICOLAS THOUET

Emploi

AFI ESCA

Délégué Régional grands comptes H/F

Postuler

SERPINET CONSEIL

Inspecteur Commercial SUD 12 15 30 34 48 81

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Assurance Responsabilité Civile et Risques Annexes pour le CHU

CHU de Montpellier

21 janvier

34 - Montpellier

Assurances Risques Statutaires

CHU de Montpellier

21 janvier

34 - Montpellier

Missions d'assistance, de conseil juridique et de representation en justice.

Syndicat Inter Hospitalier de Mangot-Vulcin

20 janvier

972 - LE LAMENTIN

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Bientôt la fin...

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié