Bilan FFSA : quatre défis pour 2013

Les premiers éléments du bilan 2012 montrent que, certes, « l'assurance française tient le choc », comme l'a souligné Bernard Spitz, le président de la FFSA. Aidés par le rebond des marchés financiers, les assureurs pourraient même afficher des résultats meilleurs que prévu. Il n'empêche, au-delà des difficultés conjoncturelles, comme la concurrence du livret A ou la recrudescence des petits sinistres en dommages, certaines tendances plus structurelles révèlent les défis auxquels l'assurance française est confrontée.

1. Gérer la décollecte - ASSURANCE VIE

La situation de décollecte nette en assurance vie (- 3,4 MdE) est sans doute le fait le plus marquant de 2012. Que les épargnants retirent (117,6 MdE, + 1 %) plus qu'ils ne placent (114,2 MdE, - 8 %) sur leurs contrats relève du jamais vu. Les explications au repli des cotisations sont connues : attentistes compte tenu du contexte économique, les ménages ont, en matière d'épargne, nettement privilégié les placements liquides, et ce d'autant plus que les plafonds des livrets réglementés défiscalisés (livret A, livret de développement durable) ont été relevés. Mais l'arbre ne doit pas cacher la forêt. Pour de nombreux observateurs, la décroissance des cotisations a un caractère structurel... tout comme l'est la hausse des prestations. Le taux de sortie des contrats, c'est-à-dire les prestations et les rachats rapportés aux encours, s'établit à 8,5 % à fin 2012, alors qu'il se situait aux alentours de 7,2 % au début des années 2000. Un phénomène qui reflète le vieillissement du portefeuille (les deux tiers des contrats auraient plus de huit ans, selon Fitch Ratings)... et des souscripteurs. Les rachats servent de plus en plus à fournir des compléments de revenus pour la retraite à ceux qui les effectuent. Ce phénomène représentait près de 40 % des sorties en 2011.

2. Compenser le rebond de la sinistralité - DOMMAGES

En apparence, le dynamisme reste de mise sur le front des assurances de biens et responsabilité. En effet, les cotisations ressortent en hausse de 4 % en 2012, à 49,8 MdE, après une année 2011 déjà marquée par une croissance du même ordre. Attention cependant, car la croissance est avant tout le fait de rattrapages tarifaires. Avec la crise économique, l'évolution de la matière assurable est freinée par la forte concurrence à laquelle se livrent les acteurs sur un marché proche de la saturation. Or, même en l'absence de catastrophe naturelle majeure en 2012, la sinistralité est repartie à la hausse (4 %). Entre l'épisode de froid de février 2012 (hausse des fréquences de dégâts des eaux de 25 %), la croissance du coût moyen des incendies et la recrudescence des cambriolages, l'époque est aux « petits sinistres », qui tombent sous les seuils d'intervention de la réassurance. Les assureurs, dont les équilibres techniques sont mis à mal (la FFSA évoque des ratios combinés de 103 % en auto et 106 % en MRH), accusent donc le coup « plein pot » dans leurs comptes. Les assurés, plutôt enclins à limiter leurs dépenses d'assurance, supporteront-ils de nouvelles hausses de tarifs en 2013 ?

3. Vivre avec des marchés capricieux - RÉSULTATS

Ils en ont sans doute un peu perdu l'habitude..., mais en 2012, le rebond des marchés financiers devrait avoir un effet globalement bénéfique sur les comptes des assureurs, dont les résultats sont, du coup, plutôt attendus en hausse. Le Cac 40 a progressé de 15 % l'an dernier, et les assureurs français cotés ont en moyenne rebondi de 26 %. Cette situation devrait permettre au secteur d'apparaître « plus riche » en 2012 qu'il n'était à fin 2011 (année marquée par la dépréciation des titres grecs et par un repli du Cac 40 de 17 %). De fait, selon la FFSA, les actifs des assureurs ont progressé de 10,4 % en 2012, à 1 881 MdE, et ils recèlent 146 MdE de plus-values latentes : 9,4 fois plus qu'en 2011 ! Parallèlement, l'étau devrait se desserrer du côté des provisions réglementaires, les fameuses provisions pour dépréciation durable (PPD) et provisions pour risque d'exigibilité (PRE), avec des reprises vraisemblables dans les deux cas. Attention, cependant, aux effets exceptionnels. « Les titres qui étaient dépréciés au 31 décembre 2011 remontent globalement, ce qui devrait conduire à une reprise de PDD, confirme Antoine Esquieu, associé chez Mazars. Mais du fait d'une diminution de la volatilité des marchés en 2012 certains assureurs envisagent de ramener le crible de dépréciation à 20 % de moins-value latente, alors qu'il était positionné à 30 % précédemment, élargissant ainsi la base des titres en PDD... » Un point ne change pas : les assureurs doivent vivre avec les caprices des marchés.

4. Faire face au casse-tête des taux bas - RENDEMENTS

Fin 2012, les marges de solvabilité des assureurs devraient avoir retrouvé des couleurs et se situer à des niveaux d'avant-crise (supérieurs à 200 %). À cet égard, la faiblesse actuelle des taux d'intérêt gonfle les plus-values latentes obligataires au bilan. Or, ces dernières entrent dans le calcul de la couverture de la marge de solvabilité (avec l'accord de l'Autorité de contrôle prudentiel). En réalité, vivre avec de faibles taux d'intérêt relève du casse-tête pour les assureurs, qui continuent à investir massivement en obligations (73 % des actifs), et qui voient donc leurs rendements sérieusement dilués. La collecte nette négative de 2012 a au moins eu l'avantage de faire baisser les exigences de marge (basées sur l'activité en Solvabilité 1) et de limiter les flux de réinvestissement. Il n'empêche, c'est la rentabilité future de l'assurance vie qui est aujourd'hui en jeu. « J'anticipe une hypothèse moyenne de 2,5 à 2,6 % pour les taux servis en 2013, sachant qu'ils pourraient descendre à 2,2 % si le taux de l'OAT 10 ans reste durablement sous les 2 % », indique Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts et Figures. Pas de quoi supporter la comparaison avec le livret A, même à 1,75 %. Mais le pire serait une remontée brutale des taux, qui mettrait les rendements des contrats en total décalage avec les taux de marché, provoquerait des rachats massifs et obligerait les assureurs à vendre à perte des obligations. Pour contrer ce scénario catastrophe, autant avoir de la provision pour participation aux excédents (PPE) sous le pied...

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