Classement IP et GPS 2018 : les paritaires s'accrochent

Classement IP et GPS 2018 : les paritaires s'accrochent

Les institutions de prévoyance et groupes de protection sociale conservent pour l’heure leurs positions, avec une activité globale en légère croissance. Une dynamique qui ne sera toutefois pas simple à maintenir à l’avenir.

Année 2017 plutôt calme pour le monde paritaire, si on se fie à leur seul chiffre d’affaires.

Aucun changement n’est en effet à signaler au sein de notre classement annuel des institutions de prévoyance, même si les fortunes restent diverses. Humanis et CCPMA Prévoyance (Agrica) sont ainsi les seules à afficher un volume d’activité en baisse au sein de notre Top 10, le premier ayant légèrement perdu en prévoyance (mais surtout pénalisé sur son résultat – 298 M€ en négatif pour le groupe – en raison du renforcement des provisions d’Humanis Prévoyance), le second étant pénalisé par un marché de l’emploi agricole peu favorable. Au contraire, le leader de notre classement, la Sgaps BTP, bénéficie pleinement de la reprise de l’emploi dans le bâtiment, qui a crû de 4,7 % en volume en 2017.

  • + 4,1 % La progression moyenne des institutions de prévoyance sur la prévoyance (+ 4,4 % pour l’ensemble du marché en 2017)
  • + 3 % La progression moyenne des institutions de prévoyance sur la santé (+ 2,3 % pour l’ensemble du marché en 2017)
    Sources : rapport commun CTip, FFA et FNMF, juillet 2018

 

Surperformance en santé

Cette résistance se manifeste notamment en santé, où les paritaires surperforment légèrement le marché (voir chiffres pages suivantes), boostés notamment par la Sgaps BTP et Malakoff Médéric. La réforme de la généralisation de la complémentaire santé pour les salariés du privé n’a que peu fait évoluer le marché des branches professionnelles, où les paritaires restent dominants. Tendances plus contrastées en prévoyance, CCPMA et Humanis étant dans le rouge, là où AG2R Réunica Prévoyance (+ 14,8 %) et Uniprévoyance (+ 20,5 %) ont connu une meilleure année. « Nous restons prudents : notre ancrage traditionnel sur les grands comptes fait qu’une affaire nouvelle gagnée – ou perdue, d’ailleurs – peut avoir un impact considérable sur l’ensemble de notre activité », tempérait récemment dans nos colonnes le directeur général d’Uniprévoyance Bruno Liger-Belair.

Si les institutions de prévoyance parviennent donc à stabiliser leurs parts de marché en santé (autour de 18 %, là où les mutuelles ont perdu huit points en dix ans et sont passées sous la barre des 50 %) et en prévoyance (autour de 28 %), elles ont toutefois été impactées par les réformes en santé, mais surtout celles, à venir, sur la retraite complémentaire : lancement de l’Alliance Pro, fusion de l’Agirc et de l’Arrco au 1er janvier 2019… « L’expertise des paritaires sur la retraite complémentaire se dilue quelque peu avec la fusion de l’Agirc et de l’Arrco, mais elle va les aider à améliorer leurs positions sur le marché de l’épargneretraite , redynamisé par la loi Pacte », souligne ainsi Virginie Degroote, managing director assurance et protection sociale au sein du cabinet Accenture France.

Virginie Degroote, managing director assurance et protection sociale, Accenture France
« Les paritaires s’effondreront à l’avenir s’ils ne repensent pas leur business model »

« Pour l’heure, les paritaires résistent. Mais ils s’effondreront à l’avenir s’ils ne repensent pas leur business model ! Les institutions de prévoyance tiennent encore car elles conservent leur mainmise sur le marché des branches professionnelles en santé et prévoyance, où peu d’assureurs sont réellement allés jusqu’à présent. Mais l’avenir appartiendra à ceux qui proposeront des offres globales de protection de l’individu et du salarié (via l’entreprise) : les individus ne veulent plus aujourd’hui avoir à naviguer entre différents assureurs pour leur protection vie pro / vie perso tout au long de leur vie. Les paritaires qui se sont rapprochés des assureurs en IARD ont pris le bon pli pour faire face à la concurrence – encore faut-il que ces rapprochements se fassent vite... »

 

Mouvement de concentration

Les rapprochements en cours, entre paritaires (futur groupe Malakoff Médéric Humanis) ou avec des non-paritaires (AG2R La Mondiale – Matmut), vont également bouleverser un marché déjà très concentré, puisqu’il n’existe plus que 35 institutions de prévoyance – dont seulement quatre au-delà du milliard d’euros de chiffre d’affaires. AG2R La Mondiale s’ouvre ainsi au marché du IARD en trouvant avec la Matmut un partenaire de poids pour créer un groupe diversifié – une stratégie qui inspire aussi Bruno Liger-Belair (Uniprévoyance), considérant qu’« une alliance du type AG2R - Matmut pourrait tout à fait avoir lieu au sein d’Ugo ».

Apicil, de son côté, poursuit un chemin à part en prenant notamment du poids sur l’assurance vie : l’intégration de Gresham (ex-Legal & General) puis, bientôt, de la société luxembourgeoise OneLife, fera qu’à terme, le chiffre d’affaires du groupe Apicil pourrait frôler les 3 Md€… « Ce n’est pas notre métier. On n’en fait pas du tout, c’est un choix clair et assumé », soulignait de son côté durant Reavie 2018 le directeur général de Malakoff Médéric Humanis, Thomas Saunier.

Les rapprochements, voie privilégiée de la résistance des paritaires

  • AG2R La Mondiale Le rapprochement du groupe de protection sociale avec la Matmut a reçu l’accord de l’ACPR, pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2019. Le premier séminaire commun des managers des deux groupes pesant 12 Md€ (dont 10 en France) a eu lieu le 16 novembre. André Renaudin pilotera l’ensemble à compter du 1er janvier 2019 ; Nicolas Gomart lui succédera deux ans plus tard.
  • Malakoff Médéric - Humanis Le rapprochement des deux groupes de protection sociale a été approuvé par l’ACPR mi-novembre, il sera effectif au 1er janvier 2019. Le futur groupe avoisine les 6 Md€ de CA. Thomas Saunier devient directeur général, Michel Estimbre et Christophe Scherrer directeurs généraux délégués.
  • Sgaps BTP - Agrica - IRP Auto Après plus de quatre ans de discussions, l’Alliance Professionnelle a vu le jour le 4 avril dernier, avec effet rétroactif au 1er janvier 2018. Pro BTP, Agrica, B2V, Lourmel, IRP Auto et Audiens ont regroupé leurs activités de retraite complémentaire qui représentent désormais 18 % des régimes de retraite de l’Agirc et de l’Arrco. Reste à savoir si cette union va gagner les activités concurrentielles.
  • Apicil Si le groupe lyonnais est resté en dehors du cadre de l’Alliance Pro, il se développe toutefois sur un autre segment : l’assurance vie. Après l’acquisition de Gresham, Apicil a annoncé l’acquisition de la société luxembourgeoise OneLife, dotée d’une collecte en 2017 de plus de 500 M€.
  • Klesia Le périmètre du groupe a évolué en 2017 avec l’intégration de l’ex-mutuelle UMC, désormais dans Klesia Mut’ avec Klesia Saint-Germain.
  • Sgaps Ugo Après la mutuelle Smatis, associée originelle d’Uniprévoyance au sein d’Ugo, la mutuelle des chambres de commerce et d’industrie (MCCI ) s’est à son tour jointe à la Sgaps fin 2017.
  • Ircem Le groupe de protection sociale, très courtisé, n’est pour l’heure pas pressé de se rapporcher.

Différenciation par les services

Son groupe est justement révélateur d’une autre voie, que l’ensemble du marché épouse mais à des degrés divers : la différenciation par les services. « Les paritaires ont tout intérêt à développer des plateformes de services plus ou moins intégrées, en y agrégeant par exemple des start-up et services non assurantiels », note Virginie Degroote. Malakoff Médéric s’est fortement positionné dessus, son programme Territoire de santé pour les branches et les entreprises se focalisant notamment sur la prévention.

Les groupes paritaires veulent également séduire les start-up pour se transformer et compléter leurs offres : fonds d’investissement dédiés pour Malakoff Médéric et, plus récemment, pour AG2R La Mondiale, accélérateurs et autres incubateurs du côté de Pro BTP ou encore Audiens… même si, pour l’heure, l’articulation entre ces jeunes pousses agiles et ces groupes toujours plus gros n’est pas aisée. Bref, les groupes de protection sociale tentent de construire leur business model de demain sous peine, à terme, de voir leur étoile pâlir.

Méthodologie

  • Le classement des IP est établi sur la base des cotisations 2017 hors taxes, sans intégration du chiffre d’affaires d’autres structures juridiques (sociétés d’assurances, mutuelles...). Lorsque plusieurs IP combinent leurs comptes, seule l’IP combinante est indiquée dans le tableau.
  • Le classement des groupes de protection sociale est établi sur la seule base des comptes combinés (hors institutions de retraite complémentaire et hors activité non-combinées, même au sein d’un même groupe de protection sociale).

Liste des institutions de prévoyance servant de base à notre classement

L’IP combinante (en vert) est suivie des IP combinées et du groupe d’appartenance

  • Sgaps BTP, BTP Prévoyance – Pro BTP
  • Sgam AG2R La Mondiale, AG2R Réunica Prévoyance, Arpège Prévoyance – AG2R La Mondiale.
  • Sgaps Humanis Développement Solidaire, Humanis Prévoyance, Ipsec – Humanis
  • Sgam Malakoff Médéric, Malakoff Médéric Prévoyance, INPR, Capreval – Malakoff Médéric
  • Klesia, Klesia Prévoyance, Carcept Prévoyance, Ipriac – Klesia
  • Uniprévoyance, Sgaps Ugo
  • CCPMA Prévoyance, Agri Prévoyance, CPCEA – Agrica
  • Apicil Prévoyance, Apicil
  • Sgaps IRP Auto Assurances, IRP Auto Iéna Prévoyance – IRP Auto Prévoyance Santé – IRP Auto
  • Apgis, Sgam Covéa
  • Audiens Prévoyance, Audiens
  • Ircem Prévoyance, Sgaps Ircem
  • Ipeca Prévoyance, Ipeca
  • Capssa
  • Kerialis

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