Classement IP/GPS 2017 : des paritaires chahutés

Classement IP/GPS 2017 : des paritaires chahutés

Si les résultats des institutions de prévoyance et groupes de protection sociale se maintiennent globalement sur l’exercice 2016, les assureurs paritaires sont confrontés à d’importants changements économiques et juridiques.

Une secousse chasse l’autre dans le monde paritaire. Les institutions de prévoyance subissent ces dernières années plusieurs chocs, aux effets plus ou moins diffus dans le temps. Le premier sur leur activité même : la censure des clauses de désignation en santé et prévoyance de 2013 a fragilisé des groupes en position dominante sur certaines branches professionnelles. « Les paritaires souffrent actuellement sur l’ensemble de leurs activités du fait du contexte (NDLR : compétition ravivée par l’ANI en santé et la fin des clauses de désignation en prévoyance), une période délicate qui s’inscrit par ailleurs dans un contexte de taux bas », résume Guillaume Leroy, actuaire et associé au cabinet Prim’Act.

Les taux bas plombent la prévoyance

En santé, la transition des désignations aux recommandations a d’abord paru douce, les organismes paritaires conservant globalement leurs positions. Mais la nouvelle procédure imaginée par Marisol Touraine, alors ministre de la Santé, montre désormais ses limites. La concurrence s’accroît, notamment en provenance du courtage et de la bancassurance, et les acteurs paritaires souffrent de faiblesses sur la distribution. « Nos réseaux ne sont pas suffisamment développés pour investir des branches comportant un grand nombre de TPE/PME », souligne le directeur général du groupe Apicil Philippe Barret.

La situation en prévoyance, pénalisée par le contexte de taux bas, n’est pas meilleure. « Il y aura certainement un inévitable – mais pas nécessairement immédiat – effet d’érosion de parts de marché en prévoyance avec le remplacement des désignations par des recommandations », ajoute Guillaume Leroy. Résultat : si, après une année 2015 difficile, l’activité en santé du monde paritaire s’est améliorée (+3,9 % selon le récent rapport commun CTip/FFA/FNMF), celle en prévoyance a décroché en moyenne de 4,3 % – et même, pour le leader AG2R La Mondiale, de 13,7 %... « Les groupes paritaires fortement liés à leur milieu professionnel rencontrent de moindres difficultés, car la dimension affinitaire reste prégnante », constate toutefois Guillaume Leroy. Et cela, au contraire des interpros, « dans une situation logiquement plus délicate ».

Parmi ces derniers, le groupe Klésia, a par exemple, choisi de ne pas se positionner sur les recommandations, même sur ses champs d’activité historiques où il était jusqu’à présent désigné. Le groupe est ainsi labellisé sur la branche des pharmacies d’officine, en opposition frontale avec l’organisme désormais recommandé, l’Apgis. « Le modèle affinitaire du groupe permet une bonne résistance à la concurrence avec un taux de résiliation observé, inférieur à la moyenne du marché », souligne toutefois le groupe.

DES MARIAGES PARFOIS DIFFICILES

Second choc pour le monde paritaire, la constitution de groupes prudentiels imposée par Solvabilité 2. L’échéance est fixée au 31 décembre 2017. Conçu spécialement pour les GPS, le format de la Sgaps (société de groupe assurantiel de protection sociale) a logiquement été privilégié, seuls Malakoff Médéric et Klésia ont fait le choix de la Sgam. Mais la concrétisation de ces projets a été inégale.

La Sgaps AG2R La Mondiale, pourtant cadrée dès 2016, a connu un accroc majeur avec la dissidence des entités alsaciennes du groupe – Arpège Prévoyance et Muta Santé –, tandis qu’Humanis a enregistré le départ de MBA Radiance fin 2015. Sans oublier, bien évidemment, la scission d’Audiens entre l’institution de prévoyance et la mutuelle suite à des divergences sur la gouvernance de la future Sgaps.

D’autres groupes connaissent des heures moins agitées, telle la Sgaps Ugo lancée fin 2016 par Uniprévoyance et la mutuelle Smatis France. « Ugo est un groupe prudentiel qui veille à préserver l’intégrité de ses partenaires », rappelle le président d’Ugo et d’Uniprévoyance, Alain Tisserant. Quelques mois après son lancement, ce groupe enregistre d’ailleurs une nouvelle adhésion avec la mutuelle des CCI (MCCI). « Notre groupe prudentiel a pour vocation, naturellement, de répondre aux exigences de l’ACPR, mais également de permettre à de petites et moyennes structures de fonctionner au mieux des exigences de Solvabilité 2 tout en conservant leur indépendance et en bénéficiant des synergies et mutualisations du groupe », ajoute M. Tisserant.

LES COÛTS DE GESTION DANS LE VISEUR

À l’origine du troisième choc, la retraite complémentaire. L’accord national interprofessionnel du 13 mars 2013 prévoit qu’aucun groupe de protection sociale ne peut désormais afficher un encaissement en retraite complémentaire inférieur à 10 % (ni supérieur à 30 %) de l’ensemble Agirc-Arrco. Un seuil qui a abouti à la formation de l’Alliance Pro, projet prévoyant le regroupement des activités de retraite complémentaire de ProBTP, Agrica, Audiens, IRP Auto, B2V et Lourmel, tandis qu’Apicil a échappé à ce mouvement malgré sa part de marché de 2,4 %.

Soucieux de tenir à distance les Urssaf, les partenaires sociaux ont également prévu un important programme d’économies de gestion pour les organismes concernés. Si la première tranche d’économies de 300 M€, à horizon 2018, devrait être tenue, voire anticipée, la seconde d’un montant identique (à horizon 2022) apparaît, pour reprendre l’expression du nouveau directeur général du groupe Humanis, Olivier Mesnard, « un peu plus complexe »… L’ensemble des acteurs paritaires pourront-ils survivre à ce contexte difficile dans les prochaines années ? Les indicateurs de solvabilité sont en amélioration quasi générale (SCR supérieurs à 200 % pour l’ensemble des groupes, hormis Humanis à 197 %) et la concentration du monde paritaire s’est nettement ralentie. « Si, en 2010-2015, le mot d’ordre était à la fusion, ce n’est plus le cas désormais, estime Guillaume Leroy. La quête exclusive de la taille critique paraît dépassée. » Jusqu’à quand ?

Emploi

KAPIA RGI

DVELOPPEURS ANGULARJS H/F

Postuler

KAPIA RGI

CHEFS DE PROJETS Vie et/ou IARD H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

Commentaires

Classement IP/GPS 2017 : des paritaires chahutés

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié