Classement prévoyance 2015

D’un assureur à l’autre, la protection des personnes a connu des fortunes diverses en 2014. Mais ses atouts demeurent : un fort potentiel de croissance, une réelle rentabilité et une capacité à fidéliser les assurés. À l’exception de la dépendance, qui reste à la traine.

La prévoyance « reste un marché porteur sur lequel nous investissons beaucoup avec nos partenaires mutualistes », explique Cybelle Stefani-Rosé, responsable relation marché du particulier de Mutex. « C’est aussi un marché de plus en plus concurrentiel, notamment en prévoyance individuelle », ajoute Pierre François, directeur général de Swiss Life Prévoyance et Santé.

  • + 5% La croissance de la prévoyance en 2014, selon Optimind Winter
  • + 15,4% La progression du marché de la prévoyance entre 2013 et 2016, d’après les prévisions de MutRé
De quoi expliquer les résultats en demi-teinte de l’année 2014 ? Un tiers des assureurs de notre classement a terminé l’année en recul, un tiers avec une croissance inférieure à 5% et un tiers avec 5% ou plus. « Une progression de 5 %, cela reste attractif ! », commente Gildas Robert, directeur métier actuariat conseil d’Optimind Winter. « D’autant que, contrairement à l’épargne, dont les marges fondent à vue d’oeil du fait de la chute des taux, et à la santé, dont l’équilibre technique est toujours précaire, la prévoyance reste rentable » (lire interview de Yossi Bohbot page ci-contre).

Espoirs déçus
Mais pour un marché considéré comme le relais de croissance de l’assurance de personne, on peut considérer que ces résultats sont décevants. Notamment pour les offres dépendance et garantie accidents de la vie (Gav), dont les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances : ces activités ne décollent réellement que chez certains acteurs. La société mutualiste Mutex affiche ainsi 11,1 % de croissance en Gav et 1,4 % en dépendance. « Depuis le printemps 2014, nous avons rénové toute notre gamme de prévoyance individuelle, explique Cybelle Stefani-Rosé. Nos mutuelles partenaires [Adréa Mutuelle, Apréva, Eovi- MCD Mutuelle, Harmonie Mutuelle, Ociane et 117 autres mutuelles, NDLR] veulent en effet avoir une offre individuelle globale, de façon à développer la multidétention. »

Plus question de se contenter de proposer uniquement de la santé, surtout à l’heure où le marché de l’individuel est malmené. Afin de fidéliser leurs assurés, les mutuelles entendent également se développer en retraite, épargne et prévoyance. Sur ce dernier segment, les nouvelles offres de Mutex ont été développées en coconstruction avec les 2 000 conseillers présents dans les 700 agences. « Être à l’écoute du terrain nous a permis de concevoir des produits – Edeo pour la dépendance, Quiem pour les accidents de la vie – qui fonctionnent très bien », poursuit Cybelle Stefani-Rosé. En moins d’un an, 6 000 contrats Quiem ont ainsi été placés.

Agressivité commerciale
Avec des résultats qui se situent dans la moyenne (3,3% de croissance) sur le marché global de la prévoyance, Swiss Life a gagné des points en prévoyance individuelle (5,2% de croissance). « Historiquement très présents sur le marché de la santé individuelle,
nous voulons élever la prévoyance individuelle au même niveau », explique Pierre François. Sa méthode : « L’agressivité commerciale, avec une inspection très présente, des réseaux motivés, un accompagnement en formation et une distribution multicanal. »

Mais des résultats hétérogènes : Swiss Life termine l’année 2014 à + 7,3% en garanties accidents de la vie, mais seulement 1,7% en dépendance : « Nous n’avons pas encore trouvé la martingale entre performance commerciale, équilibre technique et coûts de distribution, justifie Pierre François. Nos réseaux ne sont pas très motivés par la dépendance. En revanche, nous sommes en train de leur prouver que les Gav sont des produits rentables et assez faciles à vendre. Nous avons bien l’intention de nous développer sur ce marché dont les primes moyennes (autour de 200 €) finissent par dépasser celles des MRH ! »

Investir et innover
Moralité : ne gagnent du terrain que les assureurs qui innovent et investissent, aussi bien dans leur offre que dans leurs réseaux de distribution. Car la montée en puissance des bancasseurs ne passe pas inaperçue : la densité de leur réseau de distribution est un atout indéniable. Ce n’est donc pas un hasard si CNP Assurances et Crédit agricole Assurances pointent en trosième et quatrième places de notre Top 10 de la prévoyance. Les résultats des bancassureurs sont encore plus spectaculaires sur le marché des garanties accidents de la vie : Crédit agricole Assurances, Natixis Assurances, Groupe des assurances du Crédit mutuel, la Banque postale Prévoyance et CNP Assurances occupent la moitié du Top 10.

«La physionomie actuelle du Top 10 de la prévoyance ne devrait toutefois guère changer dans les années à venir, observe Gildas Robert. Les institutions de prévoyance ont, certes, perdu un peu de terrain. Mais elles ont bien l’intention de défendre leurs positions.» Comme le prouve la présence de Malakoff- Médéric, Humanis et BTP Prévoyance dans notre classement des dix premiers.

Avantage concurrentiel
De fait, la fin programmée des clauses de désignation ne semble pas les inquiéter outre mesure : « Cela ouvre le marché, admet Philippe Ricard, directeur du développement de Klesia. Mais en tant qu’organisme paritaire, nous gardons un avantage concurrentiel, car nous sommes les témoins des négociations de branche, ce qui nous permet d’avoir une connaissance précise des régimes mis en place. »

Voilà les concurrents prévenus : la chute de 14,6% enregistrée par Klesia en 2014 n’est qu’une illusion comptable : « En 2013, nous avons terminé l’année à + 48% après le transfert sur les comptes de Klesia Prévoyance d’un portefeuille de près de 100 M€ construit avec Generali, explique Philippe Ricard. Si l’on retire les effets de ce transfert, nous sommes encore en croissance : de l’ordre de 4% pour 2014. » Les institutions de prévoyance sont toujours là, et bien là…

Top 30 de la prévoyance 2015 (chiffres France 2014, exprimés en M€)

NC : non communiqué ; (–) : segment non exercé ;
1. Cotisations brutes de réassurance, hors acceptations, y compris dépendance ;
2. Humanis précise que la variation des cotisations s’explique en partie par le transfert du portefeuille et des provisions techniques du Groupement national de prévoyance (GNP) vers l’institution de prévoyance Humanis Prévoyance. Ce transfert est considéré comme une prime unique ;
3. Allianz indique que les données ne peuvent pas être comparées à notre édition de 2014 à cause du transfert d’une partie des contrats des collectives vers une autre société. Les montants 2013 ont donc été recalculés ;
4. Cotisations et ventilation du chiffre d’affaires : y compris MFPrévoyance et La Banque postale Prévoyance à 50 %, à l’exception du nombre des contrats, qui sont à 100 %. Sans l’intégration de La Banque postale Prévoyance, le montant des cotisations en affaires directes 2014 s’élève à 882,1 M€ et le nombre de contrats de 1 287 607 ;
5. Klesia précise que le repli du chiffre d’affaires combiné en 2014 s’explique par des entrées de portefeuille significatives en 2013 (hors épargne et hors santé) ;
6. Hors Assurances du Crédit mutuel (ACMN ) IARD ;
7. Y compris BPCE Assurances ;
8. Quote-part de 50 % de La Banque postale dans La Banque postale Prévoyance. Le nombre de contrats de prévoyance en individuel indiqué représente 100 % de l’activité de La Banque postale Prévoyance ;
9. Y compris Libea

Méthodologie

  • Le périmètre retenu pour ce Top 30 de la prévoyance est celui du groupe (liens capitalistiques majoritaires pour les assureurs, unions ou groupements de mutuelles publiant des comptes combinés, périmètre de combinaison pour les groupes de protection sociale).
  • L’activité prévoyance retenue pour le classement recouvre les couvertures invalidité, incapacité et décès souscrites dans un cadre individuel ou collectif, ainsi que les garanties accidents de la vie (Gav), l’assurance dépendance et les couvertures hommes clés. A contrario, elle n’intègre pas l’assurance maladie complémentaire, l’épargne retraite, l’assurance vie et l’assurance emprunteur.
  • Le classement en prévoyance est établi sur la base des cotisations encaissées en France, en 2014 en affaires directes (en brut de réassurance, hors acceptations).
  • Cas particuliers : Réunica et Société générale Insurance, présents lors de l’édition 2014, n’ont pas voulu ou pu nous répondre dans les délais. Par souci de cohérence et pour éviter un double comptage, nous avons pris le parti de ne pas faire figurer La Banque postale Prévoyance à 100 %, cette dernière étant détenue à 50 % par CNP Assurances. Classée indépendamment dans le Top 30, La Banque postale Prévoyance, avec un montant de cotisations 2014 (affaires directes) de 301,9 M€ (+ 9 % par rapport à 2013), se situerait au 19e rang.

Sur le marché de la garantie des accidents de la vie, les primes moyennes finissent par dépasser celles des MRH !

Pierre François, Swiss Life Prévoyance et Santé

« De nombreuses entreprises ne sont que partiellement couvertes en prévoyance collective.

Yossi Bohbot, Optimind Winter

Avec 660 M€ de primes en 2013, l’assurance dépendance est un marché stable, à un niveau bas.

Gilles Thivant, Scor Global Life

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