Émergence d’un troisième modèle

Un an après l’acquisition de l’activité IARD de Gan Eurocourtage, beaucoup de changements sont intervenus au sein d’Allianz France. Bilan et perspectives d’une opération menée en tandem par l’ancien patron de Gan Eurocourtage, Baudouin Caillemer, et le directeur du courtage d’Allianz, Frédéric Grand.

Le7 juin 2012, le petit monde du courtage est en émoi. Allianz France annonce l’acquisition des activités dommages, hors transports, de Gan Eurocourtage. L’intégration d’une structure de 600 personnes reconnue pour sa proximité au sein d’une société de plus de 11 000 salariés pouvait laisser craindre une disparition des atouts de cette « pépite » de Groupama.

Nous avons ajouté à la technicité et à la force de frappe d’Allianz la proximité qu’entretenait Eurocourtage avec les courtiers.

Baudouin Caillemer, directeur d’Allianz Eurocourtage

Calendrier

  • 7 juin 2012 signature pour l’acquisition du portefeuille IARD de Gan Eurocourtage.
  • 1er octobre 2012 feu vert de l’autorité de la concurrence et de l’ACP.
  • Début 2013 uniformisation des statuts des collaborateurs ; présentation de la nouvelle organisation aux représentants du personnel.
  • Printemps 2013 début des déménagements, qui se termineront fin septembre ; tour de France du courtage.
  • 2 avril 2013 mise en place de la nouvelle organisation d’Allianz France.
  • 1er juillet 2013 finalisation de la gamme de produits commune et lancement du nouvel extranet.
  • Septembre 2013 mise en œuvre de la politique de souscription commune en risques d’entreprise.
  • Janvier 2014 convergence des traités de réassurance.

Un an après, l’heure est à l’apaisement. Au lieu d’une simple absorption, Allianz profite de cette acquisition pour redéfinir ses processus, ses méthodes et ses outils de travail afin de faire émerger un « troisième modèle » tirant partie des atouts des deux organisations. L’opération avait de quoi susciter des interrogations en interne. « Intégrer 600 personnes, dont 15 à 20% exerçant en province, *’est pas une opération aisée », note Alain Stephan, secrétaire du comité central d’entreprise d’Allianz France.

En six mois, beaucoup de choses ont déjà changé : les statuts des collaborateurs ont été harmonisés, les déménagements ont commencé… « À ce stade, le rapprochement se passe bien, rapidement mais sans précipitation », selon Alain Stephan. Si tout le monde a trouvé une place dans la nouvelle organisation, le cas des collaborateurs amenés à évoluer vers de nouvelles fonctions est tout de même suivi avec attention.

Et Allianz a encore à apporter des réponses aux agents généraux qui attendent de pouvoir accéder à des risques souscrits par Gan Eurocourtage mais pas par Allianz. « Aucune synergie en termes d’offres ou de compétences *’est encore apparue », indique Christian Reydet, secrétaire de leur syndicat, Mag3.

Les courtiers, quant à eux, auront bientôt accès à une gamme commune de produits et à un nouvel extranet articulé autour d’une seule marque. Pour autant, des questions persistent concernant la politique de souscription que va mettre en place Allianz lors des prochains renouvellements. Pour le marché comme en interne, la réussite de l’opération ne se mesurera donc qu’au premier trimestre 2014.

Le meilleur des deux

Frédéric Grand (F. G.) Cette acquisition a été l’occasion de nous interroger sur ce que nous pouvions apprendre d’Eurocourtage à travers l’image que nous en renvoyaient les courtiers. Nous avons adopté une approche jugée complexe par les consultants qui nous ont accompagnés : nous avons profité du rapprochement pour faire bouger les lignes au sein d’Allianz France, en adoptant les bonnes pratiques d’Eurocourtage, ce que nous avons symbolisé par le slogan « 1 + 1 = 3 », prendre le meilleur des deux pour évoluer vers un troisième modèle.

Baudouin Caillemer (B. C.)Ce troisième modèle est basé sur des valeurs auxquelles nous avons réfléchi ensemble au début du rapprochement. Elles se résument en quatre mots : proximité, réactivité, engagement et technicité. Au final, nous avons ajouté à la technicité et à la force de frappe d’Allianz la proximité qu’entretenait Eurocourtage avec les courtiers.

F. G. – C’est presque un tour de force. Il faut bien voir qu’avant le 1er octobre, il y avait peu d’échanges entre les équipes, car nous attendions l’avis de l’Autorité de la concurrence et de l’ACP.

Un nouveau fonctionnement

F. G.– Chez Allianz, les souscriptions s’effectuaient après obtention de dérogations auprès des équipes techniques, alors que chez Eurocourtage, il y avait une responsabilisation plus forte des souscripteurs, avec un contrôle a posteriori des affaires. C’est ce mode de fonctionnement que nous avons adopté pour gagner en réactivité, tout en renforçant ce qui a permis à Allianz de retrouver un bon niveau de développement dans le courtage, sa forte présence commerciale sur le terrain.

B. C.– Dans cette organisation, la proximité est entièrement entre les mains des équipes commerciales d’Allianz Courtage, qui ont une responsabilité globale par rapport à la relation avec les courtiers (toutes branches confondues), les souscripteurs étant là pour se concentrer sur la souscription des affaires, une par une, sans notion de portefeuille ou de transversalité, en respectant les normes en vigueur.

Des changements d’habitudes

B. C.– En risques d’entreprise, chez Eurocourtage, les souscripteurs étaient à la fois souscripteurs, techniciens et commerciaux. Certains se concentrent désormais sur la souscription, alors que d’autres évoluent vers des fonctions commerciales ou techniques. Ce sont des changements importants, mais une fois qu’on a bien compris l’organisation et le rôle de chacun, cela fonctionne. Ce sujet est un peu derrière nous.

F. G.– La principale nouveauté chez Allianz France, la responsabilisation des souscripteurs, modifie les habitudes de travail. On touche là à quelque chose qui a quasiment trait à la culture d’entreprise. S’adapter prendra donc un peu de temps et nécessitera de l’accompagnement.

B. C. – Le nouvel organigramme est en place, le rapprochement géographique des équipes a commencé et sera terminé fin septembre. Au 2 avril 2013, tout le monde avait trouvé sa place dans l’organisation, même si certaines équipes n’ont pas encore rejoint leur lieu de travail définitif. En risques d’entreprise, tout sera complètement opérationnel le 2 septembre, pour préparer les renouvellements 2014.

Le réseau de courtiers

F. G. – Le réseau de 900 courtiers actifs d’Allianz est passé à 1 200. Beaucoup étaient communs. Alors, si l’interrogation portait sur le fait qu’Allianz pourrait passer à une étape de nettoyage, la réponse est non. Si le partenariat ne va pas dans le bon sens, on va avoir un échange qui peut aller jusqu’à la fermeture d’un code, mais ce ne sera pas fréquent. Nous n’avons pas la volonté de passer le réseau au tamis… Nous voulons au contraire profiter de la relation qu’avait établie Eurocourtage pour essayer d’amplifier notre couverture. De leur côté, les courtiers présents sur les segments du particulier et du professionnel nous ont dit avoir été dragués par la concurrence. Néanmoins, nous n’avons pas observé de phénomène de résiliation.

B. C.– Nous n’avons pas vu un seul transfert de portefeuille d’Eurocourtage vers une autre compagnie. Ça participe probablement de la proximité que nous avions établie avec les sociétés de courtage. Pour autant, les courtiers étaient bien en situation d’attente pendant la période du rapprochement. Il ne fallait pas que cette attente dure trop longtemps.

F. G. – Nous avons réalisé des sondages : 86% des courtiers interrogés disent être prêts à développer ou renforcer leurs relations avec le nouvel ensemble, et sur les 14% qui ne travaillaient pas avec Allianz, la moitié se disent prêts à travailler avec nous. Nous avons de bons échos, mais la preuve se fera avec le recul des chiffres.

Les renouvellements

F. G.– Les renouvellements 2013 se sont bien passé­s. En septembreoctobre, nous avions lancé­ un message clair aux courtiers: deux guichets, deux modes opé­ratoires et deux politiques de souscription. S’il y avait des soucis de cumul dans des dossiers c’é­tait notre problème, pas le leur. La seule chose qu’on ait mise en place dès le 2 octobre, c’est un système de saisine commun, car il n’y avait plus qu’une compagnie au sens juridique, Allianz IARD. Il nous fallait respecter les règles d’usage du courtage.

B. C.– Chacun des courtiers a continué­ à souscrire comme il le faisait avant. Un ou deux traité­s communs ont é­té­ mis en place en janvier 2013, mais autrement, jusqu’à fin 2013, les traité­s sont sé­paré­s, ils convergeront complètement au 1er janvier 2014.

F. G.– En ce qui concerne les tarifs et les capacité­s du nouveau traité­ de ré­assurance de janvier 2014, c’est en septembre, à Monaco, qu’on commencera à voir é­merger les premières tendances. En octobre à Baden Baden, nous rentrerons dans le vif des né­gociations… Nous avons ré­ellement la volonté­ d’acheter plus de capacité­s. Pour les prochains renouvellements, nous pourrons aussi nous appuyer sur un nouvel extranet que nous avons refaçonné­ afin de le rendre plus convivial et plus efficient. Nous conserverons la largeur de gamme et l’automatisation de celui d’Allianz, avec l’efficacité­ de celui d’Eurocourtage.

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 13 décembre 2019

ÉDITION DU 13 décembre 2019 Je consulte

Emploi

Mission Handicap Assurance

Mission Handicap Assurance

Postuler

Natixis Assurances

Cadre technique Indemnisation Auto H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

SERVICES D'ASSURANCES DOMMAGES OUVRAGE, RESPONSABILITE DE C.N.R. ET TOUS RISQUES CH...

HABITAT 44 - OPH de Loire Atlantique

12 décembre

44 - NANTES

Location longue durée (4 ans) avec option d'achat, installation, mise en service et...

Service Central des Blanchisseries

12 décembre

75 - SERVICE CENTRAL DES BLANCHISSERIES

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Émergence d’un troisième modèle

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié