Épargne Retraite : un marché tiré par le Perp

Épargne Retraite : un marché tiré par le Perp
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Si la collecte des acteurs du marché de l’épargne retraite a légèrement progressé en 2015, c’est en partie grâce aux bons résultats obtenus sur le Perp, devenu en quelques années un produit de défiscalisation. En revanche, les contrats Madelin et les contrats d’épargne retraite d’entreprise semblent plafonner.

Ce n’est pas encore l’euphorie, mais c’est tout de même un signe que l’épargne retraite est sur une pente ascendante. Selon les chiffres de notre classement 2016, les cotisations du marché ont progressé de 3,7 % l’an dernier, pour atteindre 12,7 Md€.

La capitalisation aurait-elle enfin la cote auprès des Français ? C’est en tout cas ce que semble confirmer l’étude Deloitte publiée début avril, dans laquelle 71 % des personnes interrogées pensent que le système actuel de retraite, reposant sur la solidarité intergénérationnelle, n’a « pas d’avenir ». De fait, à l’heure où les mesures annoncées à l’automne dernier dans l’accord Agirc-Arrco (voir L’Argus de l’assurance n° 7433-34, du 20 novembre 2015) prévoient une baisse significative d’ici 2019 des pensions chez les cadres et les salariés, 77 % des actifs sondés estiment avoir désormais besoin de compléter leur pension par des ressources supplémentaires.

Mais ce n’est pas là le seul élément jouant en faveur du troisième étage du système français de retraite. « Jusqu’à présent, les produits garantis – à savoir les PEL, les livrets et les contrats d’assurance vie en euros – étaient privilégiés pour préparer la retraite. Or, comme les rendements de ces solutions ne cessent de baisser, les Français prennent désormais conscience qu’ils doivent plutôt placer leur épargne dans des produits plus longs et moins disponibles, autrement dit dans des contrats de retraite supplémentaire et dans l’épargne salariale », indique Olivier de Fontenay, directeur général de la société de conseil et de gestion d’épargne salariale et retraite Eres.

Dans ce contexte plutôt porteur, un produit de retraite par capitalisation connaît aujourd’hui un joli succès : le Plan d’épargne retraite populaire (Perp). Sur les dix premiers organismes qui le commercialisent, six ont vu en 2015 leur collecte progresser de plus de 13 %. « Ce placement s’est extrêmement modernisé. Le Perp bénéficie d’avantages fiscaux et d’une souplesse qui le rendent très attractifs auprès des épargnants », précise Olivier Mariée, directeur des activités épargne et wealth management d’Axa France. Échappant notamment au plafonnement des niches fiscales à 10 000 € introduit dans la loi de financement 2013, le Perp est devenu l’un des produits de défiscalisation privilégiés pour les populations aisées. Pas étonnant, dans ces conditions, de voir Swiss Life (+62,1 %), Aviva Vie (+25,6 %), Axa France (+25,2 %) ou encore Generali (+24,2 %), autrement dit des compagnies s’appuyant sur des réseaux spécialisés dans la clientèle haut de gamme, afficher les plus fortes croissances sur ce marché.

Néanmoins, tous les produits d’épargne retraite ne bénéficient pas du même engouement. Les contrats Madelin, notamment, feraient moins recette auprès des épargnants concernés, déjà bien équipés (voir résultats ci-contre). Mais ils sont sans doute aussi moins poussés par les réseaux de vente. « Ces produits ont longtemps été vendus avec des garanties de table de mortalité et de taux de conversion de la rente versée lors de la liquidation de la retraite. Or, dans le contexte actuel de taux bas, ces régimes coûtent trop cher aux organismes assureurs, qui préfèrent ne plus forcément les mettre en avant dans leur approche commerciale », explique Olivier de Fontenay. En outre, il est difficile, pour ces acteurs, de décrocher de nouveaux contrats dans un marché lancé en 1994, et considéré comme mature. Fin 2014, la part des travailleurs non-salariés (TNS) en activité détenant un contrat Madelin en phase de constitution auprès des sociétés d’assurances s’établissait à 49 %. Or, en prenant en compte les contrats souscrits auprès des mutuelles relevant du code de la mutualité, le taux d’équipement dépasserait aujourd’hui les 60 %.

Les contrats d’entreprise n’ont pas forcément aussi le vent en poupe. Seuls six des vingt premiers acteurs ont vu leurs cotisations en collectives progresser entre 2014 et 2015. Surtaxés depuis plusieurs années, les contrats collectifs à prestations définies – communément appelés « Article 39 »– reculent fortement chez une majorité des acteurs (-85,8 % chez CNP Assurances, -50 % chez Allianz Vie, -17 % chez Crédit agricole Assurances…). En revanche, les résultats des régimes de retraite à cotisations définies sont plus contrastés. « Certains assureurs arrêtent de commercialiser des « Article 83 », car les engagements sont trop élevés. Et d’autres sont aujourd’hui dans l’attente de la création potentielle d’un Fonds de retraite supplémentaire professionnelle (FRPS, voir L’Argus de l’assurance n°7447, du 4 mars 2015) qui permettra de s’affranchir des contraintes de Solvabilité 2», conclut Olivier de Fontenay.

En forme

  • Axa France + + +
    Numéro un de l’épargne retraite individuelle et collective en France, Axa France a vu les cotisations sur ses Perp croître de plus de 25 % en 2015. En recul chez une majorité d’acteurs, les articles 39 proposés par le leader de la retraite supplémentaire ont, pour leur part, progressé de 33 %.
  • Swiss Life + + +
    Porté par des résultats exceptionnels (+62,1 %) sur le Perp, l’épargne retraite individuelle proposée par Swiss Life connaît une croissance à deux chiffres (+14 %). Les cotisations en collectives sont également en nette amélioration (+20,4 %).
  • Crédit agricole Assurances + +
    Plus forte progression sur les contrats à cotisations définies (+491,9 %), le bancassureur se classe également deuxième du marché des Perp en France.

En panne

  • UMR - - -
    -14,6 % en épargne retraite individuelle, -10,7 % en collectives : l’année 2015 n’a pas souri à l’Union mutualiste retraite (UMR).
  • Allianz Vie -
    En net recul sur l’épargne retraite collective (-35,5 %), Allianz Vie compense avec des versements sur ses produits individuels en légère hausse (+0,6 %)
  • CNP Assurances -
    Toujours troisième de notre classement 2016 de l’épargne retraite, CNP Assurances affiche toutefois des cotisations globales en baisse (-3,1 %) par rapport à l’exercice précédent.

Chiffres clés

  • +3,7 % La part d’augmentation des cotisations versées sur des produits d’épargne retraite entre 2014 et 2015 en France.
  • 4,3 % La part des cotisations versées au titre de la retraite supplémentaire dans l’ensemble des différents systèmes de retraite en France.

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