Espagne : Le prix de la conquête

Espagne : Le prix de la conquête

L'assurance santé espagnole, qui repose sur l'accès à des réseaux de soins privés, s'affirme de plus en plus comme une alternative à un système public frappé par la rigueur. À condition d'infléchir ses tarifs.

Marquée par une croissance exceptionnelle des primes santé de 131% (plus de 10% par an en moyenne !), la décennie 2000-2010 serait-elle déjà un lointain souvenir ? « Si nous la comparons aux 3% de 2011, force est de reconnaître un ralentissement doublé d'une certaine érosion des marges », répond-on chez Sanitas, l'un des poids lourds du secteur (1,1 Md€ de primes en 2011). Néanmoins, cette compagnie prévoit une croissance de 5% en 2012, alors que Mapfre inaugurera six nouveaux centres de soins et que Caser planifie l'ouverture de 75 agences spécialisées en cinq ans.

Quand l'État ferme sa bourse...

Sur une population totale de 46 millions de personnes, 10 millions d'Espagnols, dont 2 millions de fonctionnaires, possèdent une assurance santé, d'après les statistiques de la fédération des assureurs (Unespa), chiffre encore susceptible d'augmenter. En effet, la volonté du gouvernement de réduire de 7 Md€ les dépenses de santé se traduit, presque chaque semaine, par de nouvelles coupes budgétaires, potentiellement favorables aux assureurs. Par exemple, 700 000 étrangers d'origine communautaire qui avaient accès à des soins gratuits, d'où l'expression de « turismo sanitario » (tourisme sanitaire), vont perdre cet avantage.

Voilà un marché que convoite Mapfre. « Notre produit Mapfre Salud Eleccion a été spécialement conçu pour les étrangers résidant en Espagne ou pour les personnes à moindre pouvoir d'achat », reconnaît Gemma Pozuelo, directrice du département assurance de personnes chez Mapfre Familiar.

De fait, si l'austérité et ses répercussions sur le système de santé publique font de plus en plus de l'assurance privée une alternative, les opérateurs doivent intégrer une autre réalité : la baisse des revenus. « Selon une enquête réalisée auprès de 500 personnes en 2011, 52% des Espagnols souhaitaient maintenir leur assurance telle quelle en dépit des difficultés économiques », explique Bernard Retali, directeur du consultant Inov Finance, à Barcelone. Cependant, compte tenu de la cherté des polices (entre 700 et 800 € de prime annuelle moyenne, d'après Unespa), l'autre moitié paraît de plus en plus sensible à l'argument prix. Chose impensable voici quelques années, Nectar Seguros, du groupe NHA, la mutuelle des architectes, propose sur Internet une assurance santé à 24 € par mois ! De là à imaginer le développement dans l'assurance santé d'un marché low cost comparable à celui de l'automobile, il n'y a qu'un pas... qui fait bondir les assureurs.

LE CHIFFRE

6,5 Md€ Le volume des primes d'assurance santé en 2011, en progression de 3%.

(Source : Unespa.)

... les assureurs rivalisent de services

« L'offre est seulement mieux adaptée aux nécessités des clients et à la situation économique que nous traversons, d'où une approche plus modulaire qui permet de se centrer sur les besoins essentiels », réagit Gemma Pozuelo (Mapfre). « S'il existe une guerre des prix pour la captation de nouveaux clients, nous préférons rester en marge et apporter la différenciation au travers de nos services », ajoute Miguel Azpeitia, directeur du pôle santé de Caser. Une récente enquête Inov Finance-Inese classant le prix comme quatrième critère de choix des consommateurs derrière le service, les garanties et l'accueil personnalisé semble valider cette stratégie et montrer que, pour le moment du moins, l'assurance santé peut affronter la crise en assouplissant son offre et sans remettre en cause son modèle.

CASER S'EST ADAPTÉ

  • Caser, 10e assureur espagnol détenu à environ 20% par la Maaf et MMA, a adapté sa stratégie d'assurance santé de façon à répondre à la situation économique. « Aujourd'hui, cette offre aux primes plus attrayantes représente 20% des nouvelles affaires », confie Miguel Azpeitia, directeur du pôle santé de Caser. Parmi les produits de cette offre figure Caser Salud Médica, une assurance non hospitalière présentée par le site Internet de la compagnie comme « économique » parce que reposant sur le copaiement. Ce contrat permet de consulter un spécialiste ou de réaliser une analyse médicale dans un cadre extrahospitalier de façon rapide. Un avantage appréciable alors que les listes d'attente s'allongent dans le système de santé public.

Emploi

KAPIA RGI

Chef de Projet Assurance-Vie H/F

Postuler

KAPIA RGI

Ingénieur Développement PHP5/ZEND (H/F)

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Acquisition de titres restaurant

MSA Mutualité Sociale Agricole du Languedoc

22 avril

48 - MSA DU LANGUEDOC

Prestations de services d'assurances.

Ville de Meylan

21 avril

38 - MEYLAN

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Espagne : Le prix de la conquête

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié