FFA : Florence Lustman, vers une nouvelle présidence

FFA : Florence Lustman, vers une nouvelle présidence
Florence Lustman a été élue à la tête de la Fédération française de l’assurance le 18 juin. © Bruno Levy

Florence Lustman succède à Bernard Spitz à la tête de la maison commune de l’assurance. La nouvelle présidente compte dynamiser l’image de la Fédération et la repositionner dans le débat public.

Changement d’époque à la Fédération française de l’assurance (FFA). La maison commune de l’assurance, née en juillet 2016, a élu le 18 juin une femme à sa tête : Florence Lustman, qui occupait jusque-là le poste de directrice financière de La Banque postale. Elle succède à Bernard Spitz, qui avait été élu, pour la première fois, à la tête de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA) en 2008. Mais, après dix ans de service, la lassitude des sociétés anonymes – le front Axa, Allianz, Generali, Scor – l’a finalement poussé à ne pas briguer un nouveau mandat.

À sa création, la FFA a fait du consensus entre les trois familles qui la composent la règle fondamentale de son fonctionnement. Florence Lustman, dont le nom avait été soumis aux trois vice-présidents par le chasseur de têtes Spencer Stuart, est alors apparue comme la seule candidate en mesu­re de mettre toutes les familles d’accord. Elle a d’ailleurs été élue à l’unanimité par l’assemblée générale des membres de la FFA, bien que certains fassent remarquer que, si le vote avait eu lieu à bulletin secret, il aurait pu réserver quelques surprises…

Une technicienne de l'assurance

  • Diplômée de Polytechnique (1983), de Sciences Po Paris (1985) et actuaire
  • 1985 Commissaire contrôleur des assurances
  • 2000 Secrétaire générale de la Commission de contrôle des assurances et chef du corps des contrôleurs de l’assurance
  • 2007 Inspectrice générale des Finances
  • 2008 Chargée par Nicolas Sarkozy du plan Alzheimer
  • 2012 Inspectrice générale, membre du comité exécutif de La Banque postale
  • 2014 Directrice financière de La Banque postale

 

Réconcilier les trois familles

Comble de l’ironie, Florence Lustman officiait jusqu’ici dans une banque, alors même que la famille des bancassureurs soutenait la réélection de Bernard Spitz… et faisait barrage à l’éventuelle candidature du PDG d’Allianz France, Jacques Richier, dont les prises de position sans concession sur la vente d’assurance liée aux emprunts dans les groupes bancaires ont été très mal digérées…

Nouveau réseau

Florence Lustman, qui prendra ses fonctions de présidente de la FFA au 1er octobre 2019 après le préavis de rigueur pour quitter La Banque postale, n’est pas pour autant une inconnue du monde de l’assurance. Bien au contraire. « L’assurance est un secteur passionnant que je connais bien pour avoir décidé d’y travailler dès l’âge de 23 ans et que je n’ai pas quitté depuis », rappelle-t-elle à L’Argus de l’assurance. Comme Thierry Martel, le directeur général de Groupama, Jean-François Lequoy, membre du comité de direction générale de Natixis, en charge des activités d’assurance, ou encore André Renaudin, directeur général d’AG2R La Mondiale, elle est issue du corps des contrôleurs de l’assurance de l’École polytechnique. Elle connaît donc la plupart des dirigeants du secteur. « C’est assez cocasse car nous nous souvenons tous des contrôles que nous avons subis lorsqu'elle était secrétaire générale de la Commission de contrôle des assurances (NDLR : qui a précédé l’ACPR) », s’amuse un membre de la FFA. L’élection de Florence Lustman marque ainsi la fin d’une ère, celle des énarques, et la montée en puissance des « X ». Elle a d’ailleurs étudié à l’École polytechnique au sein de la même promotion (1980-1983) que Philippe Donnet, le PDG du groupe Generali, et de Jacques de Peretti, le PDG d’Axa France, premier contributeur financier de la FFA, dont le poids dans cette élection a été décisif…

Tandis que son prédécesseur était avant tout un homme de réseau et de carnet d’adresses, connu pour sa proximité avec les cercles politiques (Bernard Spitz est notamment membre du groupe de réflexion Les Gracques et du cercle Le Siècle), Florence Lustman se distingue par sa connaissance technique de la matière assurantielle et de ses principaux enjeux réglementaires. Un atout lorsqu'il s’agira de porter la voix des assureurs français dans les négociations européennes sur la révision de Solvabilité 2 – les travaux sur la revue 2020 viennent de s’ouvrir – ou encore sur les normes compta­bles IFRS. Des sujets qu’elle connaît bien, car cette actuaire a été membre fondatrice de l’Autorité européenne des assurances, le Ceiops (par la suite renommée Eiopa), et a siégé à l’IASB, le Bureau international des normes comptables. « Nous avions besoin d’une technicienne de haut niveau, avec sa compétence et le soutien de ses membres ; son carnet d’adresses suivra. La FFA va dynamiser son image et renforcer sa crédibilité », estime ainsi Antoine Jolivel, responsable des affaires publiques de Crédit agricole Assurances.

Florence Lustman n’est pas non plus inconnue des milieux politiques, puisqu'elle a rejoint en 2007 l’Inspection générale des finances, ce grand corps de l’État dont les membres sont majoritairement présents à Bercy. Elle fut notamment en charge du pilotage interministériel du plan Alzheimer, lorsque Nicolas Sarkozy était président de la République.

Un nouvel exécutif pour la FFA

L’élection à la présidence de la FFA devrait être suivie du renouvellement des trois vice-présidents, représentant chacun une famille de l’assurance. Changements attendus là aussi.

  • Thierry Martel (Groupama); Association des Assureurs Mutualistes (AAM). Pascal Demurger, le directeur général de la Maif, qui présidait l’Association des assureurs mutualistes (AAM), avait déjà annoncé dans nos colonnes qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat. L’assemblée générale de l’AAM qui devait se tenir le 4 juillet a élu son successeur… À l’heure où nous bouclions ces lignes, Thierry Martel, directeur général de Groupama, était le seul candidat.
  • Jean-François Lequoy (Natixis Assurances), groupement français des bancassureurs. L’heure du changement a également sonné pour les bancassureurs : Pierre de Villeneuve, président de BNP Paribas Cardif, présidait le Groupement français des bancassureurs depuis 2015 mais, atteint par la limite d’âge, il devrait être remplacé par l’actuel vice-président, Jean-François Lequoy, membre du comité de direction générale de Natixis, en charge des activités d’assurance.
  • Jacques Richier (Allianz France), Fédération des Sociétés AnonymesLa Fédération française des sociétés anonymes d’assurances (FFSAA), est présidée par le PDG d’Allianz France, Jacques Richier. Mais, selon des membres de la Fédération française de l’assurance, Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France, ou Jacques de Peretti, PDG d’Axa France, seraient candidats à sa succession.

 

Grands enjeux sociétaux

C’est surtout par son style de gouvernance que Florence Lustman devrait trancher avec son prédécesseur. « J’ai envie de fédérer les équipes de la FFA en appliquant les méthodes de travail que j’ai toujours défendues dans mes différentes fonctions. Celles-ci reposent sur les notions de transparence – je fais ce que je dis et je dis ce que je fais –, de concertation, d’écoute et de bienveillance. J’entends aussi faire preuve de pédagogie en rassemblant les connaissances et en associant les compétences », confie-t-­elle à L’Argus de l’assurance. Alors que la profession souffre d’un déficit d’image auprès du public, ce n’est pas un hasard, soufflent certains, si la Fédération a élu une femme à sa tête, dans un milieu encore très masculin : on ne compte en son sein qu’une seule femme dirigeante, Patricia Lacoste, PDG du groupe Prévoir. Florence Lustman veut surtout « aider cette profession à se repositionner dans le débat public autour des grands enjeux de société, afin de mieux faire entendre la voix des assureurs », jugeant qu’« aujourd’hui, on n’accorde pas à ces derniers la place qu’ils méritent ». C’était pourtant l’ambition affichée par Bernard Spitz lors de son premier mandat en 2008… « Sur les questions de retraite, de médecine ou de dépendance, par exemple, le volet assurantiel est insuffisamment présent », constate Florence Lustman. « Il n’y a pas assez de propositions concrètes émanant de la profession pour participer au débat public. Pourtant, au sein de la fédération, il y a des collaborateurs d’une très grande qualité et les commissions de la FFA sont composées de personnes extrêmement qualifiées. […] La fédération doit être davantage audible », ajoute-t-elle. Au programme : les questions de santé et de vieillissement de la population, les risques climatiques, les risques émergents, comme le cyber, et les questions d’ordre réglementaire. Sur tous ces sujets, Florence Lustman souhaite réaliser « un diagnostic partagé » au sein de la Fédération. Elle devra surtout s’atteler à maintenir l’unité de la maison commune, après une élection sous tension qui devrait sans doute laisser des traces…

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