Gan Eurocourtage : Le match final

Après plusieurs rebondissements dans le dossier de la reprise de Gan Eurocourtage, nous avons décidé de faire un arrêt sur image et d'analyser les deux offres qui nous semblent tenir la corde : celle d'Allianz et celle d'un pool d'investisseurs mené par Daniel Ellezam, DGA de la filiale de Groupama. Un décryptage suivi d'une interview exclusive de Christian Collin, directeur général délégué de Groupama.

Plan social ou pas ?

Qu'il s'agisse d'un repreneur unique avec le groupe Allianz ou d'un pool d'investisseurs, la question du volet social reste entière. Même si le directeur général de Groupama, Thierry Martel, s'est engagé auprès des organisations syndicales à ne pas toucher à l'emploi, il est difficile de dire ce que le ou les repreneurs feront à l'avenir, d'autant que les fonds d'investissements n'ont pas la réputation de sécuriser les emplois. Du côté d'Allianz, « cette acquisition pourrait conduire à de nouvelles synergies entre les structures existantes, principalement en France. Il devrait en résulter des économies d'échelle, améliorant ainsi la rentabilité », juge Roland Pfänder, analyste de la Commerzbank.

AA ou BBB- ?

Gan Eurocourtage pâtit d'un BBB- de Standard et Poor's depuis le 15 décembre 2011, au même titre que sa maison mère. Qu'adviendrait-il de sa notation en fonction du repreneur ? Même si les choses paraissent plus simples avec Allianz (AA avec perspective négative), l'assureur ayant cédé, début mars, ses obligations grecques, rien n'est joué pour autant. En effet, comme l'explique Marc-Philippe Juilliard, directeur senior assurance chez Fitch, « quand l'actionnariat est dispersé, et même s'il apparaît moins évident que plusieurs repreneurs puissent soutenir la filiale, notre analyse se déroule de la même manière. En cas de reprise, nous étudierions à nouveau le profil intrinsèque de la société et sa flexibilité financière. Il n'y a pas de notation automatique, notre approche est globale ».

500 ou 600 M€ ?

« Allianz est tout à fait capable de financer facilement ce rachat par ses moyens propres », confirme Thorsten Wenzel, analyste de la DZ Bank. Le prix de vente est estimé, Outre-Rhin, à au moins 500 M€, et, en temps normal, Allianz dispose chaque année d'1 Md€ pour mener d'éventuelles opérations de croissance externe. Du côté du pool d'investisseurs, l'estimation de la valeur de la filiale de Groupama tournerait plutôt autour des 600 M€.

Les peurs du courtage

Cette reprise éventuelle par Allianz, un assureur déjà présent sur le marché français, nourrit quelques inquiétudes chez les courtiers. « Cela représenterait inévitablement la perte d'un guichet pour le petit, le moyen et le grand courtage. Ce consortium d'investisseurs viserait ainsi à préserver la présence d'un acteur sur le marché », lance le PDG d'Aon France, Robert Leblanc. Jean-Paul Lecoeur, DG du cabinet niçois Ascore (2 personnes, 250 K€) poursuit : « Outre la fermeture d'un guichet, on peut aussi voir l'assureur repreneur arrêter certaines couvertures de risques qui n'entrent plus dans sa stratégie de développement, nous obligeant à chercher des solutions sur les marchés étrangers, comme le Lloyd's. »

Le syndrome « lejaby »

Alors que le dossier allemand était encore, il y a une semaine, le mieux placé pour la reprise de Gan Eurocourtage, au siège à Munich, on évoquait déjà le risque de l'arrivée éventuelle d'un « chevalier blanc » tricolore. Même si l'on ne pensait pas forcément à un projet initié par le management de la structure, force est de constater qu'en pleine campagne électorale, les Allemands craignent effectivement que le rachat de Gan Eurocourtage par Allianz ne devienne un enjeu politique. En Allemagne, le récent « putsch » raté à la tête d'Airbus - la partie allemande de la maison mère EADS ayant tenté de prendre la direction de l'avionneur européen à Toulouse - est encore présent dans les mémoires.

Allianz

  • LES PLUS

- Même s'il a diminué de moitié son bénéfice en 2011, à 2,8 Md€, le groupe reste solide financièrement.

- Standard et Poors donne la note AA à Allianz.

- Aujourd'hui, le groupe allemand serait le plus avancé dans les négociations avec la direction générale de Groupama.

  • LES MOINS

- Le marché du courtage craint une reprise par Allianz, redoutant un déséquilibre des relations commerciales.

- Le groupe allemand serait toujours en train de négocier le prix de vente à la baisse.

- Une telle reprise pourrait donner lieu à un plan de restructuration de Gan Eurocourtage.

 

Pool d'investisseurs

  • LES PLUS

- Cette solution est appuyée par le marché, toutes tailles de courtiers confondues.

- Ce projet permet une continuité dans les relations commerciales et la préservation d'un guichet.

- Quatre grands réassureurs seraient dans le capital de ce pool d'investisseurs.

  • LES MOINS

- L'ACP n'étudiera le dossier que cette semaine.

- La présence de fonds d'investissement privés pourrait inquiéter le régulateur.

- D'autres projets ayant le même principe sont susceptibles d'entrer en lice.

- Socialement, cette solution pourrait faire des remous.

 

LE MONTAGE DU POOL
  • Initié par le DGA de la filiale de Groupama, Daniel Ellezam, ce consortium serait composé de trois fonds d'investissement, dont Paribas Affaires industrielles (PAI) et Apax Partners, et de quatre réassureurs, Gen Re, Hannover Re, Munich Re et Swiss Re. « L'équipe dirigeante a fait ses preuves en étant à la tête d'une entreprise saine. Les fonds qui l'accompagnent ont une bonne notoriété et il est rassurant de voir également dans le capital ces réassureurs de référence », analyse Robert Leblanc, PDG d'Aon France. Attention, toutefois : d'autres montages quasi similaires seraient déjà sur le bureau du directeur général de Groupama, Thierry Martel.

 

L'ACP EN ARBITRE
  • Toute modification de participation doit être notifiée à l'ACP quand les seuils de 10, 20, 33 ou 50 % des droits de vote sont franchis (baisse ou hausse) ou si l'entreprise concernée devient ou cesse d'avoir le statut de filiale. Les prises ou extensions de participation sont soumises à l'approbation préalable de l'ACP. L'ACP dispose de soixante jours ouvrables pour analyser la modification d'actionnariat. L'ACP se fonde sur plusieurs critères, dont :

- la réputation du candidat ;

- la réputation et l'expérience des nouveaux dirigeants ;

- la solidité financière du candidat ou la capacité de la société à satisfaire ensuite à ses obligations prudentielles.

 

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