Generali France : comment se dessine l'après-Lombard

Generali France : comment se dessine l'après-Lombard
Le siège de Generali France à Saint-Denis (93).

Après des mois de rumeurs, Generali s’est finalement bien séparé du PDG de sa filiale française. La compagnie italienne met en avant la nécessité d’engager sa transformation après avoir redressé ses comptes.

La rumeur s’est répandue dès l’été 2016… Dès que Jean-Laurent Granier a annoncé son départ du groupe Axa à la suite de la nomination de Thomas Buberl en remplacement d’Henri de Castries. Une nouvelle fois, Generali allait servir de terre de refuge aux ambitions frustrées lors des passages de témoin entre dirigeants chez Axa. Autrement dit, l’information courait que Jean-Laurent Granier ne resterait pas longtemps sans poste. Les liens tissés avec un autre ancien pilier d’Axa, Philippe Donnet, dauphin malheureux en son temps de Claude Bébéar, et tout nouveau patron de Generali depuis mars 2016, allait le conduire directement au poste de PDG de Generali France.

Une rumeur régulièrement démentie par la compagnie. Pas question de se séparer d’Éric Lombard ni de vendre Generali France à Allianz ou un autre. Ces méchantes rumeurs étaient mises sur le dos du ressentiment italien de voir les principales entreprises de la péninsule dirigées par des Français ou encore du climat délétère suscité l’hiver dernier par l’OPA hostile de la banque italienne Intesa Sanpaolo. Une « blitzkrieg » qui a échoué après que, suivant la technique de l’arroseur arrosé, Generali a acquis 3,01 % du capital d’Intesa, ce qui obligeait celle-ci à prendre au moins 60 % du capital de l’assureur.

Un dénouement en mai

Des démentis jusqu’à ce vendredi 12 mai 2017 où Generali a finalement bien validé ce scénario. Jean-Laurent Granier est le nouveau PDG de Generali France à compter du 1er juin 2017. Mais Éric Lombard ne quitte pas le groupe tout de suite. Il continuera à travailler avec Philippe Donnet, DG du groupe, sur des affaires stratégiques et institutionnelles, et restera président de la filiale Europ Assistance et membre du conseil d’administration de DVAG (ndlr : Deutsche Vermögensverwaltung, spécialiste de la distribution de produits financiers détenu à 50 % par Generali) jusqu’à son départ du groupe à la fin de l’année. Les 17 et 18 mai derniers, Generali organisait, à Rome, son premier challenge international d’agents généraux. À cette occasion, lors d’une rapide rencontre avec la presse, Philippe Donnet a définitivement clos l’épisode OPA – « Nous sommes un groupe indépendant et nous voulons le rester. Cette affaire appartient définitivement au passé » – et il est, ensuite, revenu sur les changements, à Paris. « Éric a réussi une transformation très importante de l’activité sur le plan financier, menée dans un contexte de marché très compétitif et difficile », a reconnu le DG de la compagnie. Il n’empêche… Après Alberto Minali fin janvier, directeur financier et numéro 2 du groupe italien, Éric Lombard est le deuxième membre du comité de management du groupe Generali à quitter le navire depuis le début de l’année. La feuille de route du nouveau capitaine ? Améliorer les processus industriels pour gagner en agilité et en performance. « Échouer n’est pas une option », prévient Philippe Donnet. Et la mission de Jean-Laurent Granier s’avère ambitieuse puisqu’il s’agit d’accélérer la mue de l’assureur en France, pour faire de Generali un groupe plus « simple, rapide et connecté ».

Jean-Laurent Granier, une carrière chez AXA

Depuis le 1er juin 2017, Jean-Laurent Granier est le nouveau PDG de Generali France. Le successeur d’Éric Lombard a effectué sa carrière chez Axa de 1997 à 2016. Depuis 2012, il occupait le poste de DG de la région Méditerranée et Amérique latine du groupe, dont il était membre du comité exécutif, mais également PDG d’Axa Global P&C et membre du comité de direction. À 51 ans, ce diplômé de l’École polytechnique, de l’Ensae et de l’Institut français des actuaires intègre aussi le comité de management du groupe italien.

Philippe Donnet compte sur lui pour « mener l’accélération du redressement opérationnel de notre activité ». Le nouveau capitaine de la filiale française composée de 10 000 collaborateurs et agents généraux, responsable de 8,3 millions de clients s’est déclaré « ravi de rejoindre Generali, qui est l’un des acteurs majeurs de l’assurance dans le monde ».

Mission accomplie

Si Éric Lombard était l’homme du redressement financier de l’entreprise, Jean Laurent Granier sera donc celui de la transformation rendue possible aujourd’hui grâce au travail du premier. « Pendant deux ans, nous avons mené des travaux qui ne se voient pas forcément, mais qui nous donneront, plus tard, un coup d’avance », confiait à L’Argus Éric Lombard début 2017. Entré dans la compagnie en 2013 en tant que DG, après avoir dirigé BNP Paribas Cardif pendant presque dix ans, Éric Lombard était PDG de Generali France depuis 2016. Débauché par Mario Greco, patron du groupe de l’époque, sa feuille de route consistait alors à redonner des couleurs à la filiale française. Un enjeu fort puisque l’Hexagone est le troisième marché de l’assureur avec 11,3 Md€ de primes collectées, derrière l’Allemagne (17,7 Md€) et l’Italie (25,3 Md€). Mission accomplie, en copilotage avec Stéphane Dedeyan, DG délégué.

Si le chiffre d’affaires de la filiale française a reculé en 2016, son bénéfice d’exploitation a, en effet, grimpé de 25% en deux ans. Autre indicateur fondamental au vert : le ratio combiné, passé en 2016 sous la barre des 100%, à 99,4%. Un beau redressement puisque la France était le seul grand pays du groupe où les activités IARD n’étaient techniquement pas rentables. « Ces résultats sont très satisfaisants, d’autant que le marché IARD n’a jamais été aussi concurrentiel. En 2017, notre stratégie sera de privilégier la stabilité et la rentabilité de notre portefeuille. Nous ne ferons pas la course aux volumes », avait alors déclaré Éric Lombard à L’Argus le 31 mars 2017. Depuis son arrivée à la tête de l’assureur italien en mai 2016, l’obsession de Philippe Donnet reste le déploiement du plan stratégique engagé en 2012 par son prédécesseur. Celui-ci se décline au travers de six chantiers destinés à renforcer la structure industrielle du groupe d’ici à 2018. Le premier axe en comprend trois : le renforcement de la performance opérationnelle via une optimisation de la présence du groupe à l’international (+1 Md€), la rationalisation des opérations pour générer des économies (objectif -200 M€ qui devrait être atteint dès 2018, -70 M€ ayant déjà été obtenu en 2016) et le renforcement des capacités techniques. Le deuxième axe de développement comprend lui aussi trois chantiers visant à créer de la valeur à long terme en rééquilibrant et en optimisant les portefeuilles de la part en vie afin de garantir une croissance rentable en santé/prévoyance et en faisant croître l’activité IARD. « Nous n’avons pas l’obsession du 50/50 en vie et non-vie », a souligné Philippe Donnet.

Rodolphe Plouvier, directeur de la distribution chez Generali France
« Faire grandir notre réseau d’agents généraux »

  • Quel était l’objectif de ce premier challenge international d’agents généraux organisé à Rome ?
    Depuis avril 2016, nous avons impulsé une nouvelle dynamique pour entraîner et faire grandir notre réseau d’agents. Nous avons entrepris des démarches de coconstruction, notamment sur le digital, qui commencent à porter leurs fruits. L’objectif de ce challenge, qui a mis en compétition 82 000 agents Generali venus de 14 pays, était de récompenser les agents les plus performants et de mettre en avant les bonnes pratiques afin qu’elles se diffusent le plus largement possible dans le réseau. Les agents qui sont en avance sur le digital doivent « tirer » par leur exemple ceux qui ne le sont pas.
  • Comment aidez-vous les agents à « se digitaliser » ?
    Cela dépend du niveau d’avancement de chaque agent. Nous les accompagnons à la fois dans la réorganisation de leur fonctionnement sous gestion électronique des documents, les formons au maniement des outils digitaux et à l’utilisation des réseaux sociaux. Tout le monde aujourd’hui étant un client digital, nous devons proposer aux agents des plateformes mobiles ou Web adaptées. Nous lançons, en juin, une nouvelle application mobile unique et travaillons également à la convergence et à l’unicité des espaces clients digitaux.

La vitalité en accéléré

Autres chantiers : innover pour les clients et les distributeurs afin d’améliorer le taux de rétention et renforcer l’image de marque de Generali. La distribution constitue un volet phare. Dans le cadre du premier challenge international d’agents que Generali vient d’organiser dans la capitale italienne, Philippe Donnet a répété que Generali se voulait une « compagnie proche de ses agents ». Comprendre qu’ils sont la clé pour parvenir à personnaliser les nouvelles solutions de télématique, domotique ou le programme Generali Vitality, ainsi que les solutions d’épargne hybrides de l’assureur. Pour y parvenir, la priorité est plus que jamais donnée au digital.

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