Gouvernement Valls : qui fait quoi

Avec Marisol Touraine qui reste à la Santé, le duo Montebourg-Sapin devra résoudre l'équation financière du pacte de responsabilité et de solidarité, avec une sévère purge pour l'assurance maladie, dont les complémentaires ne sortiront peut-être pas indemnes. Ces trois ministres piloteront également de nombreux chantiers en matière de dépendance, de consommation ou encore d'assurance vie, avec l'eurocroissance.

Valls, acte II. Une semaine après la nomination de seize ministres « de combat », le Premier ministre a complété son casting de quatorze secrétaires d'État. « L'équipe resserrée » voulue par le président de la République comprend trente membres contre trente-sept dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Principale innovation, la direction bicéphale de Bercy avec Arnaud Montebourg à l'Économie et Michel Sapin aux Finances. Un découpage à l'allemande jamais vu sous la Cinquième République. Le binôme est surprenant, tant les deux hommes affichent des positionnements politiques divergents : l'ancien élu de Saône-et-Loire, connu pour ses plaidoyers en faveur du patriotisme économique, ne cache pas son hostilité envers la Banque centrale européenne et l'Allemagne. Michel Sapin se définit quant à lui en « Schäuble français », en référence à son homologue allemand partisan de l'orthodoxie financière.

Comme les autres secteurs de l'économie, le monde de l'assurance s'interroge donc sur le cap que prendra le paquebot Bercy, impliqué dans presque tous les chantiers qui le concernent (voir schémas en pages précédentes). Les mutualistes ont au moins un motif de satisfaction : l'économie sociale et solidaire (ESS), chère à Benoît Hamon, ministre délégué à l'ESS dans le gouvernement Ayrault, sera défendue par Valérie Fourneyron. Tout en sachant que sur le projet de loi ESS, l'essentiel du travail est accompli : l'ancien ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Éducation populaire et de la Vie associative de Jean-Marc Ayrault n'aura plus qu'à défendre le texte de Benoît Hamon en première lecture à l'Assemblée nationale fin avril, après son adoption au Sénat en novembre dernier.

Un tour de vis sans précédent

Outre l'efficacité de l'insolite tandem de Bercy, l'autre grande question concerne la Sécurité sociale. Le pacte de responsabilité et de solidarité, qui était au coeur du discours de politique générale de Manuel Valls mardi 8 avril, a certes atteint l'un de ses objectifs, puisqu'il a valu à la France un satisfecit de la Commission européenne. Dès le lendemain, son porte-parole chargé des Affaires économiques, Simon O'Connor, saluait « l'engagement renouvelé » du gouvernement visant à redresser les comptes publics.

Toutefois, ce pacte laisse des questions béantes. Il prévoit que l'Assurance maladie contribue à hauteur de 10 Md€ aux 50 Md€ d'économies promis pour la période 2015-2017. Personne ne sait ce que recouvre cette somme - à laquelle s'ajoutent 11 Md€ provenant de notre « système de prestations », donc la Sécurité sociale au sens large. Ce tour de vis sans précédent intègre-t-il les mesures déjà connues au titre de la Stratégie nationale de santé (toujours dans les cartons) et de la « maîtrise durable des dépenses», selon la terminologie officielle ? Où s'agit-il de nouvelles mesures à hauteur de 10 Md€ ?

Les deux hypothèses impliquent des scénarios plus ou moins douloureux. Dans la première, le gouvernement devrait trouver 3 ou 4 Md€ de plus. Cela reste un objectif atteignable sans réformes structurelles, même s'il implique la répétition de mesures impopulaires, comme des baisses tarifaires pour certaines professions de santé. Dans la seconde, le tour de vis serait beaucoup plus sévère, avec des coupes franches dans les budgets.

Qui tranchera ?

On voit mal comment la promesse de Marisol Touraine de ne pas réaliser de nouveaux déremboursements - ou des transferts vers les complémentaires santé - pourrait être tenue. En revanche, on imagine très bien comment des économies pourraient être engrangées. Entre la Cour des comptes qui annonce 5 Md€ grâce au développement de la chirurgie ambulatoire et, tout récemment, les scénarios de rupture du Conseil d'analyse économique (CAE) qui conseille le Premier ministre, ou encore les réformes structurelles du Medef qui promet 15 à 20 Md€ d'économies par an à l'horizon 2017 avec des transferts massifs, les pistes ne manquent pas.

Mais quel que soit le montant des économies à réaliser et le scénario choisi, le gouvernement devra composer avec deux facteurs qui pèsent lourd. Le premier est le lobbying des professions de santé. Le second est le duo dichotomique de Bercy. Entre messieurs Montebourg et Sapin - qui a la main sur les dépenses de santé avec Marisol Touraine -, qui l'emportera lorsqu'il faudra trancher entre le Doliprane® made in France, plus cher que le générique asiatique mais pourvoyeur d'emplois, ou entre la lunette française, symbole de l'excellence industrielle et sa concurrente chinoise ?

50 Md€

Le montant du programme d'économies des dépenses publiques 2015-2017 annoncé par Manuel Valls

30

Le nombre de ministres (16) et secrétaires d'État (14) du gouvernement Valls, équipe la plus resserrée depuis 1997

Santé : le medef trouve 30 mde d'économie

CLAUDE TENDIL, président de Generali France, président de la commission Protection sociale du Medef

L'organisation de Pierre Gattaz a décidé d'apporter sa contribution au chantier de la Stratégie nationale de santé lancée par Marisol Touraine. Et le Medef réussit le tour de force - sur le papier - de combler le déficit de l'assurance maladie - près de 8 Md€ en 2013 - et de baisser les cotisations en dégageant entre 25 et 30 Md€ d'économies. D'une part, des réformes structurelles du système de soins, touchant tout particulièrement l'hôpital public, doivent permettre d'économiser de 15 à 20 Md€ par an à l'horizon 2017 « tout en améliorant la sécurité et la qualité des soins ». D'autre part, le patronat préconise de transférer 10 Md€ de dépenses vers les complémentaires et les assurés. Une potion aux antipodes des déclarations de Marisol Touraine. « Il faut tenir un discours de vérité aux Français et engager sans délai les réformes structurelles qui s'imposent », justifie dans un communiqué le président de la commission Protection sociale du Medef, Claude Tendil. F. L.

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