Groupama : cap sur la rentabilité opérationnelle, après le redressement financier

Groupama : cap sur la rentabilité opérationnelle, après le redressement financier
Jean-Yves Dagès, président de Groupama : « Le fonds de commerce de Groupama a tenu pendant la crise »

Au prix d’une restructuration intégrant cessions d’actifs, désensibilisation du bilan et réduction des frais généraux, le groupe est passé de 107% à 179% de marge de solvabilité, mais affiche une perte nette de 589 M€ au titre de 2012.

A l’issue d’une année 2012 marquée par un redressement financier à marche forcée, le nouveau président du groupe mutualiste, Jean-Yves Dagès, l’affirme : « le fonds de commerce de Groupama a tenu pendant la crise ». Le groupe, qui compte 13 millions de sociétaires et clients a, en effet,réussi à engranger de nouveaux contrats l’an dernier, notamment en France, avec 13.000 nouveaux contrats auto et 32.000 en MRH.

Cessions d’actifs

Il n’en demeure pas moins que « pour retrouver son poids de forme après des excès de mauvaise Grèce (sic) », selon les termes de Thierry Martel, directeur général de Groupama SA, le groupe a été contraint de tailler dans le vif. D’abord en procédant à un vaste programme de cessions en France (Gan Eurocourtage, private equity) comme à l’étranger (Groupama Seguros en Espagne, Groupama Insurance et deux courtiers au Royaume-Uni, Proama en Pologne). Ces opérations lui ont permis d’encaisser 1,5 Md€ de cash et de contribuer à hauteur de 17 points à l'amélioration de sa marge de solvabilité (qui était de 107% à fin 2011). Cela s'est aussi traduit par 334 M€ de pertes exceptionnelles.

Désensibilisation du bilan

Par ailleurs, Groupama a cherché à rendre son bilan moins sensible aux évolutions des marchés financiers. En dégageant  1,1 Md€ de vente d’actifs immobilier avec de fortes plus-values, l’assureur mutualiste a pu procéder à des cessions obligataires (sortie du risque souverain grec, notamment) et céder pour  2,5 Md€ d’actions - dont 55% de sa position dans Société Générale (il n’en détient plus que 1,93%) et 100% dans Bolloré – soit 30% de son portefeuille. Au final, le groupe est passé de 12,8% à 10,1% d'actions  (8,5% en prenant en compte les couvertures), et veut tendre vers « 5% à 6% en fonction des opportunités de marché ».

Réduction des frais généraux

« Pour la première fois chez Groupama », les frais généraux ont été réduits de 6,5% par rapport à 2011 (soit 180 M€ d'économies) dans toutes les entités du groupe et sur tous les postes,. Les effets sur la masse salariale du plan de départ volontaire de 650 collaborateurs et des 900 départs non remplacés se feront sentir en 2013. En attendant, ils impactent les comptes 2012 à hauteur de 47M€.

Enfin, des dépréciations exceptionnelles de goodwill ont été effectuées à hauteur de 298 M€, surtout dans les filiales d’Europe centrale et continentale, pour refléter des perspectives de croissance et de rentabilité moindre qu'anticipé.

Solvabilité renforcée

Le tout se traduit par une perte nette de 589 M€ (contre 1,76 Md€ en 2011) et une solvabilité renforcée de 72 points à 179%. « Des pertes qui renforcent la solvabilité, cela peut paraître paradoxal », reconnaît Thierry Martel. Le redressement des marchés a profité au groupe, qui dispose de 6,1Md€ de plus values latentes « sur toutes les classes d’actifs » (contre une moins value latente de 1 Md€ à fin 2011). Le groupe dispose de 6,3 Md€ de fonds propres, en hausse de 19,3%. Si « le projet d’ouverture du capital a été complètement abandonné », le groupe se dit très intéressé par les possibilités qu’offriraient les certificats d’investissement mutualistes envisagés dans le cadre de la future loi Hamon sur l’économie sociale et solidaire.

Priorité aux UC

Sur le front de l’activité, le chiffre d’affaires assurance ressort en baisse de 3,9% en 2012, à 13,9 Md€. L’activité en assurance de personnes recule de 10,3% à 6,8 Md€,  plombée par la chute de l’assurance vie qui ne représente plus que 45% du chiffre d’affaires, contre 52% en 2011. « Nous donnons une claire priorité à la qualité au détriment du volume », a indiqué Thierry Martel. Le taux de rendement d’à peine 2,25% sur ses fonds en euros en 2012 est à cet égard un signal fort de la réorientation vers les unités de compte (14% de l’épargne individuelle) et vers les produits de risque comme la santé et la prévoyance (+ 41.000 contrats GAV en 2012). L’orientation sur les UC se poursuit en 2013 avec une collecte de 30% en UC au mois de janvier.

Redressement du ratio combiné

Côté assurance dommages, le chiffre d’affaires ressort en hausse de 3,2% à 7,1 Md€, mais le ratio combiné est monté à 102%, contre 97,9% en 2011, alors même que le ratio de frais généraux est passé de 27% à 25,7%. « Les affaires nouvelles en auto sont beaucoup moins bonnes », reconnaît Thierry Martel. A ceci s’ajoute une sur-sinistralité climatique (1,5 point de ratio combiné) et l’effet retard de la sécheresse de 2011 (+1,4 point).

Dans ce contexte, le redressement de la rentabilité opérationnelle fait figure de priorité pour l’avenir.  L’objectif, dès 2013, est de repasser sous 100% de ratio combiné, et de tendre vers 98% en 2014-2015. Le groupe, dont le résultat opérationnel économique est déficitaire de 78 M€ en 2012, n’a pas souhaité s’engager sur un objectif précis en la matière, mais a reconnu que là réside le prochain défi du groupe mutualiste.

Carole Molé-Genlis, avec Géraldine Vial

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