Guillaume Sarkozy, délégué général de Malakoff-Médéric : « Nous n'avons pas besoin des désignations pour réussir »

Guillaume Sarkozy, délégué général de Malakoff-Médéric : « Nous n'avons pas besoin des désignations pour réussir »

Après un exercice 2012 marqué par une progression à deux chiffres du résultat dans un marché plutôt atone, Guillaume Sarkozy, délégué général de Malakoff-Médéric, privilégie les partenariats pour assurer le développement de Malakoff-Médéric et dément les rumeurs sur son départ.

Quel bilan tirez-vous de l'exercice 2012 ?

Malakoff-Médéric a réalisé une bonne année 2012. En prévoyance, nous ressentons l'effet des pertes d'emplois dans l'industrie, mais de façon encore imprécise. C'est l'innovation et notre stratégie de gestion du risque qui tirent notre activité, en particulier en assurance santé. Mais, contrairement à un certain discours que l'on peut entendre sur les profits des organismes complémentaires, la santé ne rapporte pas d'argent. Aux progressions importantes des dépenses de santé s'ajoutent les taxes, et, dans ce contexte économique difficile, le marché, qui est couvert à 92%, n'est pas prêt à subir les augmentations qui seraient nécessaires.

Les résultats financiers restent donc un apport important ?

« Divergence de vues »

  • Le départ, début 2013, de Pierre Guillocheau, directeur général adjoint du groupe, qui était chargé de la gestion, est lié à une « divergence de vues » avec l'ensemble du comité de direction générale.
  • La gestion a été reprise le directeur général des opérations, Yann Charron. - Ce dernier a par ailleurs été nommé vice-président de Quatrem en juin.

Oui, et je suis très satisfait de notre ratio combiné, car il préserve les intérêts de nos assurés. Son niveau de 98,5% est aussi lié à notre stratégie de professionnalisation dans la finance. Nous avons créé une véritable direction des investissements, et recruté des professionnels pour Fédéris Gestion d'actifs. L'arrivée de Dominique Trébuchet a renforcé notre vision financière. Si notre résultat net est en forte hausse, à 192 M€, notre résultat courant d'exploitation est légèrement négatif. Notre gouvernance nous a donné trois ou quatre ans pour le rendre positif d'un ou deux points. Cette notion de résultat courant d'exploitation n'est pas habituelle dans les métiers de l'assurance. Elle est plutôt industrielle, mais j'y tiens, car elle traduit notre activité.

Comment se portent l'épargne salariale et l'épargne retraite ?

Nous avons mis un terme à nos expérimentations en épargne retraite avec CNP. Depuis, nous poursuivons notre activité : le chiffre d'affaires en épargne retraite est en hausse de 9,5% en 2012. Les réflexions nationales sur l'épargne retraite sont au point mort, mais je suis persuadé que, sur le long terme, cette activité connaîtra une relance stratégique. En épargne salariale, nous souhaitons construire des partenariats, car c'est une activité importante, connexe à notre coeur de métier, et nous n'avons pas la taille critique.

Vous affirmiez l'an dernier que Réunica est un dossier intéressant. Regrettez-vous qu'il vous ait échappé ?

Réunica a lancé un appel d'offres et notre gouvernance nous avait demandé d'y répondre. Pour des raisons qui lui sont propres, Réunica a choisi AG2R-La Mondiale, et je n'ai pas de commentaires à faire à ce sujet. Bien sûr, nous aurions apprécié d'être choisis, mais nous n'avions pas besoin de réserves supplémentaires. Nous avons une excellente solidité financière. Néanmoins, nous sommes loin d'être au bout des rapprochements nécessaires sur le marché.

Vous avez donc d'autres projets ?

Le marché bruisse toujours de rumeurs... Plusieurs facteurs sont susceptibles d'influencer les mouvements à venir, les réflexions sur le rôle des complémentaires santé, sur le fonctionnement de la retraite complémentaire, la complémentaire santé pour tous les salariés, la fiscalisation sur le contrat collectif. Mais il est beaucoup trop tôt pour en évaluer les conséquences. Aujourd'hui, ce qui m'intéresse au sein de l'économie non lucrative, c'est de trouver des partenaires avec qui construire et partager des outils industriels pour le meilleur service de nos clients.

Qu'en est-il de vos partenariats mutualistes, notamment avec Harmonie Mutuelles ?

Nous sommes associés pour le réseau Kalivia, qui est un grand succès, ainsi que dans l'une de leurs réalisations hospitalières où nous avons pris une petite participation. Kalivia va poursuivre sa montée en puissance en devenant la plate-forme des mutuelles de Mutex. Nous avons 7 millions de personnes protégées et nous nous demandons s'il ne faut pas aller plus loin. Même si nous avons la dixième mutuelle interprofessionnelle française avec Malakoff-Médéric Mutuelle, notre gouvernance est paritaire. Par ailleurs, nos instances ont décidé de créer l'union de groupe mutualiste Malakoff-Médéric. Les mutuelles qui y rentreront auront accès à l'essentiel de nos outils de gestion du risque. Je précise que cette UGM ne sera pas dans le périmètre de combinaison du groupe. Il s'agit simplement de partager des services.

En matière de services, votre stratégie est-elle toujours d'intégrer l'ensemble de la chaîne de valeur de la santé, comme avec vos prises de participation dans BEA (49%) et Korian (14,24%) ?

Oui, même si le marché ne se développe pas rapidement et qu'il n'y a pas encore de modèle économique pour le maintien à domicile, les services à la personne et la dépendance. Tout le monde recherche les bons produits et services. Avec Korian, nous apprenons beaucoup de choses, nous voyons ce qui se passe dans d'autres pays. Nous sommes assureurs en collectif, nous y faisons évoluer les services et, maintenant, nous souhaitons le faire en individuel, même si c'est plus difficile. Je suis persuadé qu'il y aura un jour des passerelles entre le domicile, les soins de suite et les Ehpad.

Le partenariat de distribution entre Quatrem et MMA est-il remis en cause par l'arrivée dans Covéa de l'institution de prévoyance Apgis et de la mutuelle SMI, spécialisées dans le collectif ?

Ce partenariat, qui va jusqu'en 2015, fonctionne à la satisfaction générale, et j'espère qu'il se prolongera. Quatrem représente 40% de notre chiffre d'affaires en collectif. C'est vraiment le canal courtage du groupe, qui se développe et se déploie aussi auprès du courtage de proximité.

Quel est l'impact de l'accord national interprofessionnel (ANI) sur votre activité ?

Avec Quatrem et le réseau de Malakoff-Médéric, nous n'avons pas besoin de la désignation. Nous avons des solutions à proposer aux entreprises, avec ou sans les désignations de branches. Toutes les conclusions n'ont pas encore été tirées de l'avis du Conseil constitutionnel. La vraie question est la suivante : en assurance individuelle, quand vous voulez faire de la prévention, vous avez très peu de moyens de trouver un retour sur investissement. En collectif, vous pouvez mobiliser beaucoup de leviers, en faisant le lien entre santé et prévoyance. La vraie valeur de l'ANI se situe là. Cela justifie aussi la stratégie que nous avons mise en place en 2008 : nous proposons aux entreprises de devenir de nouveaux territoires de santé, des lieux où santé des salariés et productivité vont de pair. Nous avons déjà eu de très bons résultats, notamment à travers l'expérimentation Vigisanté [dépistage de l'hypertension en entreprise, NDLR], avec notre Baromètre Santé et Bien-être au travail, nos outils d'évaluation des risques. Nous proposons maintenant aux branches de devenir des territoires de santé.

Vos commentaires sur la rumeur de votre remplacement par Frédéric Van Roekeghem, le directeur général de l'Assurance maladie ?

À peine étais-je arrivé en 2006 qu'il se disait que j'allais être nommé ministre de l'Industrie. On a aussi dit que je partais pour la Caisse nationale d'assurance maladie. Je viens de fêter mes 62 ans, je suis très content d'être ici depuis sept ans et je n'ai pas l'intention de partir. D'ailleurs, pour mettre les statuts de nos institutions en conformité avec la réforme des retraites de 2010, nos assemblées générales ont voté à l'unanimité les modifications des statuts permettant au délégué général, qui est salarié, de rester jusqu'à ses 70 ans, ce qui est le droit commun.

Les forces commerciales, un atout majeur

  • 3,33 Md€ Chiffre d'affaires en 2012 (+ 2,3%)
  • 192 M€ Résultat net (+ 15%)
  • 490% Marge de solvabilité à fin 2012 (360% en 2011) (1)
  • 3,6 Md€ de fonds propres (+ 6%)
  • 7,6% du chiffre d'affaires du groupe en collectif sont issus des désignations de branches
  • Une dynamique commerciale plurielle en collectif, avec :
  • ... un réseau direct de 700 commerciaux salariés et 44 délégations commerciales
  • ... et une société, Quatrem (40% du chiffre d'affaires du groupe en collectif), qui travaille à 100% avec le courtage

 

1. Marge hors plus-values latentes : 350% (330% en 2011)

Source : Malakoff-Médéric

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