« Humanis sur la voie du redressement »

Le groupe de protection sociale a considérablement réduit son déficit sur l'exercice 2013. Son directeur général, Jean-Pierre Menanteau, explique le sens de l'action menée depuis quinze mois.

La présidence paritaire d'Humanis est-elle en train de gagner son pari ? Fin 2012, contre toute attente, elle remerciait le directeur général du groupe, pour le remplacer par Jean-Pierre Menanteau, ancien directeur général d'Aviva France. Un peu plus d'un an après sa nomination, les résultats semblent donner du crédit à ce changement. Au-delà de l'amélioration du résultat net, essentiel pour une société sans capitaux, le nouveau directeur général a visiblement donné une unité à ce géant paritaire issu d'une succession de fusions récentes. « Construire Humanis pleinement, redresser, développer et bâtir l'avenir », voilà les quatre priorités affichées par Jean-Pierre Menanteau à son arrivée. La feuille de route n'est pas encore atteinte, mais pour le moins respectée.

« Aujourd'hui, il y a un véritable sentiment d'appartenance à Humanis. Nous avons franchi là une étape très importante. » Jean-Pierre Menanteau, directeur général d'Humanis

« Les pouvoirs publics sont en train de changer la plupart des curseurs. C'est pourquoi nous avons rassemblé sur un plateau des dizaines de compétences en mode start-up. » Jean-Pierre Menanteau, DG d'Humanis

- 10 M€

Un résultat net part du groupe en forte amélioration par rapport au déficit de 169 M€ en 2012 (pro forma et à périmètre équivalent)

2,7 Md€

Un chiffre d'affaires en assurances de personnes en légère progression de 1,6%

290%

Le taux de couverture de la marge de solvabilité

Humanis, un géant paritaire

  • Gestion de la retraite complémentaire pour le compte des fédérations Agirc-Arrco (12,4 Md€ d'encaissement, 8 caisses).
  • Assurances de personnes : - 5 institutions de prévoyance (3 à fin 2014), dont la principale est Humanis prévoyance (IP) ; - une union de groupe mutualiste (Radiance Groupe Humanis, Grand Est Mutuelle, MBA Radiance, Mutuelle Renault, MIP) ; - de nombreuses filiales (Welcare SA, Humanis Gestion d'actifs, InterExpansion Fongepar...).
  • Plus de 600 salariés. - 10 millions de personnes protégées. - 700 000 entreprises adhérentes.

Renouer avec les bénéfices en 2014

- « Clarification des comptes » et « redressement économique » : deux priorités parmi les priorités du nouveau directeur général. Et le groupe clôt l'exercice 2013 sur un résultat net déficitaire de 10M€, contre 169 M€ l'année précédente. « Humanis a inversé la tendance. Le groupe est sur la voie du redressement et la trajectoire 2014 est clairement bénéficiaire, dans les mêmes conditions économiques et financières », déclare Jean-Pierre Menanteau. Une réduction du déficit qui vient « essentiellement de la marge d'assurance ou du résultat technique » En clair : Humanis a nettoyé son portefeuille, ce que montre un chiffre d'affaires en légère progression, alors même que 180 M€ d'affaires nouvelles ont été engrangées. Mais l'objectif n'est pas seulement de revenir dans le vert. « Nous entendons dégager le plus rapidement un bénéfice à trois chiffres, un niveau de résultat qui nous permette d'accompagner notre projet de croissance. » Une politique de développement en cours de formalisation dans le plan stratégique 2018, qui s'appuie notamment sur « un pôle mutualiste plus puissant et plus fort » ainsi que sur la poursuite de nombreux partenariats. « Ce fonctionnement en architecture ouverte fait vraiment partie de notre ADN », insiste Jean-Pierre Menanteau, qui cite Apicil, Axa et CNP parmi la liste de ses grands partenaires.

Construire une organisation rationnelle

- « 2013 a été une année extrêmement intense, où il a fallu refondre en profondeur ce qui ne marchait pas dans la fusion. Hormis la retraite et l'action sociale, nous avons mené une réorganisation complète de l'entreprise. Toutes les directions en double (commerciale, marketing, informatique et financière, etc.) ont été unifiées. Ce travail d'harmonisation a également été mené sur les réseaux informatiques et les messageries, qui seront pleinement unifiés ou interconnectés de manière fluide cette année. Nous sommes passés à une organisation rationnelle, de bon sens, au grand soulagement du personnel. » Reste encore quelques chantiers en 2014 : la réorganisation des services de gestion de santé et de prévoyance, retardée par le départ de celle qui s'appelle désormais « M comme Mutuelle », ainsi que la mise en oeuvre de la direction des systèmes d'information unifiée. « Après cela, nous aurons achevé la construction opérationnelle d'Humanis. Mais il nous restera ensuite pas mal de travail pour simplifier et optimiser les processus. »

Repenser l'ancrage territorial

- « Humanis en grand. » Le slogan donne le ton : recherche de l'effet de taille, économies d'échelle, industrialisation des process et développement des services sont au programme. Mais, pour autant, Humanis entend « maintenir et développer un ancrage territorial fort ». C'est toute l'ambition de son réseau des territoires. « Pour chacun d'entre eux, il s'agit de décliner notre stratégie Humanis 2018, en partant des enjeux locaux », explique Jean-Pierre Menanteau. Sans surprise, le Nord-Pas-de-Calais, région où le groupe est fortement implanté - 54% des retraités Agirc-Arrco sont affiliés à Humanis - sera territoire pilote. Suivront le Centre et l'Île-de-France. « Ensuite, pour les autres régions, nous nous appuierons sur les mutuelles, comme MBA (Mutuelle Bretagne Atlantique) dans l'Ouest ou Mutuelle Grand-Est, qui couvre une aire allant de Chambéry à Sens. Nous en construirons de plus petite taille dans le Sud, depuis Toulouse et Montpellier, où nous possédons aussi des implantations. »

Affirmer une identité

- « Quand j'ai pris mes fonctions, j'avais été frappé par la crispation sur les périmètres d'origine, du type "je suis un ex-...". Aujourd'hui, il y a un véritable sentiment d'appartenance à Humanis. Avec la construction de cette identité, nous avons franchi une étape très importante. Elle s'explique notamment par un changement des méthodes managériales - le travail en silo est proscrit - et des efforts afin de rapprocher des salariés répartis sur de nombreux sites, à l'exemple de la création d'un réseau des assistantes Humanis, qui permet, entre autres, des échanges de bonnes pratiques et un partage de la documentation. » Dans ce registre de la cohésion interne, la négociation sociale engagée sur un statut unique pour les plus de six mille salariés du groupe revêt une réelle importance. « C'est un enjeu fort pour 2014, tant en termes de construction de l'identité de l'entreprise que de compétitivité économique. »

Remodeler l'équipe dirigeante

- Jean-Pierre Menanteau a reconfiguré les instances dirigeantes, notamment en resserrant le comité exécutif (lire ci-dessus), une action qui s'est traduite par des changements importants parmi les cadres dirigeants. « Seulement 11 % du top 180 sont des nouveaux venus. Il y a eu beaucoup de promotions internes », précise toutefois le directeur général, avant de souligner « une part significative de départs à la retraite parmi les cadres dirigeants ». Les recrutements sont quasiment terminés. Humanis s'est doté d'un secrétariat général. « Afin de s'adapter au départ de Jean-Paul Lacam [pour le CTip, NDLR], Olivier Mesnard et Gilles de Margerie, les deux directeurs généraux adjoints ont vu leurs responsabilités s'accroître », et le nouveau secrétaire général, Alexandre Siné [ancien directeur de cabinet de Vincent Peillon, NDLR] « est un modernisateur, dont nous avons besoin pour accompagner la transformation du groupe ».

Affronter les mutations de l'environnement

- Pour faire face à la généralisation de la complémentaire santé et aux évolutions attendues des contrats responsables, Humanis a déployé une organisation originale. « Nous sommes lucides sur le fait que les pouvoirs publics sont en train de changer la plupart des curseurs. C'est comme si on remplaçait le tableau de bord d'un avion, avec un nouveau système de commandes. Face à cette difficulté et à l'imprévisibilité du calendrier, nous avons mis en place un programme dédié, Cap santé 2015. Dans ce cadre, nous avons rassemblé sur un plateau des dizaines de compétences en mode start-up, avec des salariés détachés trois jours sur cinq de leur travail habituel ». À la différence de certains concurrents, Humanis n'a pas souhaité lancer d'offre estampillée « ANI » - du « pur marketing » à ses yeux. Il a préféré confier à sa start-up la création d'une nouvelle offre collective directe et par courtage dans la perspective d'une commercialisation à la rentrée, avec possibilité de la faire évoluer jusqu'au dernier moment. Et dans un environnement en pleine mutation, toutes les idées sont bienvenues. C'est pourquoi le groupe a lancé une démarche d'« open innovation », « l'innovation ouverte à tous à l'intérieur de l'entreprise et partagée avec les partenaires », résume Jean-Pierre Menanteau.

Comité exécutif : jean-pierre menanteau s'appuie sur les hommes en place

Depuis son arrivée en mars 2013, le nouveau directeur général du groupe Humanis a profondément réorganisé les instances de direction, mais en faisant largement appel à des cadres dirigeants déjà en poste. Seuls Gilles de Margerie et Alexandre Siné ne faisaient pas partie du groupe avant la nomination de Jean-Pierre Menanteau. Jean-Pierre Menanteau, directeur général Gilles de Margerie, directeur général adjoint finances et actuariat, gouvernance, épargne Olivier Mesnard, directeur général adjoint retraite complémentaire, opérations et services aux clients et partenaires Virginie Hauswald, directrice stratégie, partenariats et innovation Laurent Huyghe, directeur action sociale, ingénierie et entrepreneuriat social Ludovic Lézier, directeur des ressources humaines Fabienne Petit, directrice marketing, nouveaux services, digital et international Frédéric Rousseau, directeur distribution et développement institutions de prévoyance et mutuelles Alexandre Siné, secrétaire général (communication et développement durable, relations extérieures et affaires européennes, gouvernance institutionnelle, transformation)

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Commentaires

« Humanis sur la voie du redressement »

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13/06/2014 13h:43

Bonjour,Collaborateur du groupe, j'attire votre attention sur ce qui semble être une coquille dans l'article, à savoir que le groupe Humanis compte 6600 collaborateurs et non 600.Cordialement,

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13/06/2014 13h:55

Le groupe Humanis compte bien évidemment plus de 6000 salariés. La coquille a été corrigée. Merci pour votre remarque.

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