Jacques Richier, PDG d'Allianz France : « Nous accueillons Gan Eurocourtage sereinement »

Jacques Richier, PDG d'Allianz France : « Nous accueillons Gan Eurocourtage sereinement »

Près d'un mois après avoir annoncé la reprise du portefeuille de Gan Euro courtage, Jacques Richier, PDG d'Allianz France, fait le point sur cette importante opération de croissance externe et sur la stratégie de l'entreprise.

0ù en est le processus d'acquisition de Gan Eurocourtage ?

L'accord portant sur l'acquisition du portefeuille de Gan Eurocourtage hors activité transport a été signé le 7 juin. Nous devons attendre le feu vert des autorités de la concurrence et de contrôle, au début du quatrième trimestre. Ce n'est qu'après leur accord que nous pourrons effectuer le transfert de l'activité de Gan Eurocourtage vers Allianz IARD. Nous sommes donc aujourd'hui dans une période intermédiaire, pendant laquelle nous travaillons sur les aspects comptables et financiers. La cession de portefeuille ayant un effet rétroactif au 1er janvier 2012, il faudra notamment préparer son intégration dans nos comptes de l'exercice 2012. Pour le reste - aspects organisationnels ou commerciaux -, nous nous donnons de six à douze mois pour mettre en place les solutions appropriées.

Que vous apporte Gan Eurocourtage ?

Cette reprise de portefeuille s'inscrit dans la continuité du plan stratégique 2012-2015 d'Allianz France. D'une part, nous voulons renforcer notre présence sur le marché des entreprises et nos relations avec les courtiers. Avec cette opération, nous prenons la deuxième place en risques d'entreprise, avec 12 % de part de marché, et nous devenons coleader sur le marché du courtage, avec 20 % de part de marché. D'autre part, ce rapprochement nous permet aussi de consolider nos positions en risques des particuliers - notre part de marché passant de 7 % à 8 % - et de rééquilibrer notre chiffre d'affaires entre assurance dommages des particuliers et des entreprises. Ce projet intervient dans un contexte favorable pour l'entreprise. Au cours du précédent plan stratégique, nous avons renforcé notre solidité et nos fondamentaux techniques, revu notre organisation, repositionné nos réseaux de distribution, changé de marque, etc. À l'heure du lancement du nouveau plan, tout ce travail réalisé nous permet d'accueillir Gan Eurocourtage sereinement.

Allianz France

1er trimestre 2012

  • Assurance dommages    1 138 M€ (+ 0%)
  • Ratio combiné                      98,6 % (+ 0,9 point)
  • Résultat opérationnel            96 M€ (- 4,0%)
  • Assurance vie et santé    2 018 M€ (+ 4,3% )
  • Résultat opérationnel            86 M€ (- 20,0%)

Quelles sont les grandes lignes du plan stratégique 2012-2015 ?

Ce plan vise à consolider nos positions sur le marché des particuliers en maintenant des taux de couverture positifs, et à faire de l'entreprise - toutes branches confondues - une place forte d'Allianz France. En parallèle, notre objectif est de poursuivre la transformation déjà amorcée dans une logique de simplification. Celle-ci comporte quatre grands volets : la refonte de nos processus de fonctionnement, la simplification de nos produits afin de gagner en compétitivité, la modernisation de notre architecture informatique et l'optimisation de la gestion de sinistres, en termes économiques mais aussi relationnels. L'indemnisation s'inscrit comme le deuxième pilier de la relation clients avec les réseaux commerciaux.

Considérez-vous, comme d'autres, que les modalités de rémunération des agents doivent évoluer sur le marché des particuliers ?

Avec Internet, les comportements évoluent. Un client peut vouloir s'assurer en ligne un jour et s'adresser à un agent le lendemain. Il peut opter pour un produit bon marché pour certains de ses besoins et privilégier le conseil, le service et la marque pour d'autres. À cette liberté dans l'acte d'achat s'ajoutent, du fait de la crise, de nouvelles attentes en termes de prix, de possibilités de comparaison, de transparence, d'éthique... Autant de sujets qui posent la question de la rémunération. Sans compter qu'il nous faut gagner en compétitivité et travailler à réduire nos dépenses, au moment où la crise redistribue les cartes et offre des opportunités que nous voulons saisir. Et à un moment, nous allons nous retrouver avec un centre de gravité des coûts qui se situera davantage au niveau des commissions que des frais administratifs.

Comment abordez-vous le dossier PIP ? Vous défendez la nullité du contrat, la justice a confirmé sa validité.

Selon la décision du tribunal de commerce de Toulon, le contrat est valide et s'applique aux personnes opérées en France. Nous avons fait appel de cette décision, parce que nous considérons qu'elle nous contraint à garantir les agissements frauduleux à l'origine des réclamations d'un certain nombre de personnes. Nous ne contestons en rien le fait que les victimes demandent réparation, notre action est exclusivement dirigée contre la société PIP. Un assureur n'est pas responsable des dommages : il est un garant des réparations, mais pas n'importe comment, ni dans n'importe quelles conditions.

Ce dossier a une résonance importante dans la société civile, ce que l'on comprend aisément. Il a aussi une résonance particulière dans le métier de l'assurance : la question est celle du droit du contrat. L'obligation nous a été faite par le Bureau central de tarification (BCT) d'assurer PIP. Cependant, même dans le cadre de cette procédure, un assureur ne peut gérer que des risques exactement déclarés et licites, sinon les conditions de mesure du risque ne sont pas réunies. L'intervention du BCT ne peut être une solution qui exempte de ces règles fondamentales. Il faut créer des conditions de marché acceptables pour tous.

Récemment, le débat sur Solvabilité 2 semble quitter le seul domaine technique pour devenir plus politique. Est-ce une bonne chose ?

Le débat technique a lieu depuis dix ans, et aujourd'hui, force est de constater que les solutions avancées ne font pas l'unanimité. Il faut porter le débat au niveau politique, notamment européen, et réfléchir au rôle de l'assurance vie dans l'économie. Si l'on considère que l'assurance vie est fondamentale pour répondre aux besoins de revenus futurs face aux questions d'allongement de la vie humaine, et qu'elle a un rôle à jouer dans le financement de long terme comme dans des investissements qui soutiennent la croissance, il faut adapter Solvabilité 2. Si les politiques ne s'approprient pas ce débat, ils auront à en gérer les conséquences économiques et sociales.

La titrisation de prêts aux collectivités locales et aux entreprises est-elle une piste intéressante pour diversifier vos actifs ?

En mai dernier, nous avons mis en place, sur ce modèle, un financement immobilier de 275 M€ pour Foncière des Régions avec la Société générale. L'arrivée de Solvabilité 2 nous amène à augmenter le poids des obligations dans nos actifs, et la crise de l'euro à nous diversifier vers les obligations « corporate ». Investir dans les entreprises cotées ou non cotées, accompagner des émissions obligataires ou des projets : tout cela entre logiquement dans notre stratégie d'investissement. Nous nous orientons également vers les infrastructures et les énergies renouvelables, des lignes d'actifs adaptées aux investisseurs de long terme, avec des modèles économiques de cash-flow qui conviennent à un assureur vie.

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