« L'ANI ne sera pas un tsunami »

« L'ANI ne sera pas un tsunami »
André Renaudin, directeur général d'AG2R la mondiale

Homme discret, André Renaudin dirige l'un des poids lourds du monde paritaire. Alors qu'AG2R La Mondiale affiche un bon cru 2013, son directeur général explique pourquoi le spécialiste des accords de branche ne redoute pas la fin des clauses de désignation et défend sa stratégie de renforcement du pôle mutualiste.


Comment analysez-vous les résultats 2013 d'AG2R La Mondiale ?
C'est une bonne année au plan commercial. En assurance de personnes, la croissance de plus de 9% est tirée par l'assurance vie et l'épargne, malgré un recul en retraite supplémentaire lié à une opération exceptionnelle enregistrée en 2012 et qui ne s'est pas renouvelée en 2013. Nous notons aussi une décroissance sur les contrats « article 39 », qui ont sans doute pâti de l'appellation de « retraite chapeau » après que quelques contrats ont défrayé la chronique. En santé et en prévoyance, notre progression de 5% devrait être supérieure à celle du marché, grâce à la progression de l'activité en assurance collective. (Lire page 10.)

Quelle est votre marge de solvabilité et comment vous préparez-vous à Solvabilité 2 ?
Notre marge de solvabilité est de 244%, ce qui représente un excédent de fonds propres de près de 3,5 Md€ dans le régime Solvabilité 1. Au regard de l'écart significatif entre Solvabilité 1 et Solvabilité 2 pour l'activité retraite, nous envisageons très sérieusement de placer une bonne partie de ce portefeuille sous le parapluie IORP. Et nous ne serons pas les seuls. Cette solution nous obligerait à cantonner les actifs retraite et à rompre la solidarité de l'actif général. Pour les autres activités, notre stratégie demeure le modèle standard, en recourant à l'utilisation de paramètres techniques spécifiques, adaptés aux risques de nos portefeuilles, comme nous en aurons la possibilité.

Favorisez-vous la collecte en UC et serez-vous présent sur l'eurocroissance ?
Nous ne menons pas de politique offensive en faveur des unités de compte. Notre taux de collecte en UC est de 21,5%, bien au-delà de la moyenne du marché. Pour autant, notre priorité est de répondre aux besoins des assurés. Et s'ils expriment un besoin de sécurité, nous nous devons d'être en capacité d'apporter la réponse adéquate. C'est à l'intermédiaire, en charge du conseil, qu'il revient de faire l'analyse de ce besoin. S'agissant du contrat eurocroissance, nous serons prêts dès la publication des textes. Nous en maîtrisons la technique, au regard de notre investissement dans un contrat à la logique proche, l'eurodiversifié, qui a démontré son effet positif sur les rendements. L'eurocroissance demandera un temps d'acclimatation. C'est un produit qui s'inscrit bien dans le paysage et qui se développera progressivement dans les années à venir, à l'image du contrat Madelin.

« Nous entendons conquérir une part significative du nouveau marché de la complémentaire. »

Comment expliquez-vous vos bons résultats en santé collective ?
Par la conjonction de l'indexation d'un certain nombre de contrats, de la montée en puissance sur des branches professionnelles et, plus largement, de nos conquêtes de nouvelles affaires. Nous profitons sans aucun doute de meilleures synergies au sein de notre force commerciale, alors que les réseaux d'AG2R et de La Mondiale ont été unifiés voilà maintenant cinq ans. Le « travailler ensemble » ne se décrète pas, il se construit au quotidien.

Comment le groupe aborde-t-il la généralisation de la collective santé à l'horizon 2016 ?
Nous nous mettons en ordre de marche pour répondre aux défis que représente l'ANI. Et le premier défi tient aux quelque 670 000 TPE- PME à équiper. Je ne vois pas d'autre exemple d'un tel transfert massif au sein d'une activité. Dans ce domaine, nous ne manquons pas d'atouts : nous disposons d'un bon réseau commercial, de la connaissance des entreprises et des partenaires sociaux, et d'un véritable savoir-faire en matière de couverture collective. Notre objectif est de mobiliser notre force commerciale, sans exclure une probable guerre tarifaire. Nous observons certaines tarifications qui ne permettent visiblement pas l'équilibre technique.

N'êtes-vous pas directement touchés par la censure des clauses de désignation ?
Les plus touchées, ce sont les branches professionnelles, qui devront bâtir des accords sur la base juridique existante. Je ne crois pas beaucoup aux recommandations dont le mécanisme asymétrique - seuls les assureurs ont de véritables obligations - pose de sérieux problèmes techniques. Au-delà, je ne crois pas non plus à un tsunami : on ne s'improvise pas assureur collectif. Beaucoup de paramètres entrent en jeu dans le choix de l'assureur : le savoir-faire, l'ancienneté et la qualité de la relation... Nous sommes sereins sur la résistance de notre portefeuille et nous entendons aussi conquérir une part significative de ce nouveau marché de la complémentaire.

Votre développement en santé individuelle va-t-il connaître une inflexion ?
Nous ne changeons pas de cap. Le pôle mutualiste de la santé individuelle était, tant en taille qu'en maturité et en développement, celui sur lequel nous devions nous renforcer pour le mettre au niveau des autres grands pôles du groupe que sont la retraite complémentaire Agirc-Arcco, la santé et la prévoyance collectives, ainsi que l'assurance vie et retraite. Il reste un axe stratégique de développement. D'ailleurs, nous avons en projet l'arrivée de Viasanté, une mutuelle interprofessionnelle du sud de la France, au sein de notre pôle AG.Mut pour fusionner avec Primamut.

Justement, il se dit que votre groupe impose une approche plus « centralisatrice » aux mutuelles...
Si vous faites allusion à la décision de la mutuelle Just'en Famille de quitter le groupe, je pense que c'est plus pour une question d'affectio societatis que de gouvernance. Cela dit, je ne souhaite pas relancer les polémiques autour des mutuelles de proximité, qui ont leur pleine raison d'être. La concentration du secteur n'est pas terminée. Nous devons nous renforcer, car, dans un marché de l'individuel en contraction, seuls les acteurs les mieux armés pourront se maintenir.

Quel bilan tirez-vous de votre partenariat en collective avec la Macif ?
Notre capacité à travailler ensemble est un acquis indiscutable. Chaque fois que les équipes commerciales se sont attelées à faire de la prospection en commun, la coopération s'est bien passée. Au vu des difficultés du marché, AG2R Macif Prévoyance n'a pas si mal réussi pour une petite institution de prévoyance. Par ailleurs, notre partenariat industriel dans Terciane a été un projet à la fois lourd et indispensable. Tous les assurés AG2R La Mondiale et Macif peuvent désormais bénéficier de la carte de tiers payant Terciane, soit 2,5 millions de personnes. C'est un acquis, pas un aboutissement. Nous ne sommes certainement qu'à la moitié du chemin et nous devons encore trouver des partenaires.

Quelle est votre stratégie pour Terciane dans le domaine des réseaux ?
Les réseaux de soins ne figuraient pas dans le cahier des charges initial. Le partenariat avec Macif a donc joué un rôle d'accélérateur, nos échanges ayant montré qu'il y avait quelque chose à faire dans ce domaine. Notre réflexion n'est pas achevée, et il y a toujours beaucoup de débat autour des réseaux. D'ores et déjà, Terciane nous apporte un bon relationnel avec les professionnels de santé.

Où en est le rapprochement avec Réunica ?
Les fédérations Agirc-Arrco ont donné leur autorisation pour la fusion. Nous pourrons donc la mettre en oeuvre au travers de résolutions qui seront soumises aux prochaines assemblées générales. Ce volet institutionnel conduira à la constitution d'un groupe de protection sociale avec une association sommitale unique au 1er janvier 2015. Ensuite, les travaux continueront avec l'objectif de fusionner les institutions de retraite complémentaire Agirc et Arrco à l'échéance 2016 ou 2017 au plus tard. En parallèle, nous commencerons à travailler ensemble dès le 1er juillet de cette année. Nos comités exécutifs se réuniront de manière conjointe. Par ailleurs, le chantier social est engagé puisqu'un accord de méthode a été signé par des organisations syndicales. L'idée est d'avoir un seul GIE employeur dès le 1er janvier prochain pour les conventions collectives de la retraite, sur les 3 périmètres AG2R, Réunica et Systalians. Au total, le groupe comptera 7 500 collaborateurs sous convention collective de la retraite et 2 500 pour celle de l'assurance.

L'ensemble AG2R La Mondiale-Réunica aura-t-il une taille optimale ?
Il aura une très belle taille, puisqu'il représentera 25% de la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Cela nous donne la capacité de générer des économies d'échelle, comme les partenaires sociaux et les fédérations Agirc-Arrco le souhaitent. Avec Réunica, nous atteignons également quelque 10 Md€ de cotisations sur le périmètre des activités assurantielles, ce qui nous placerait au 8e rang des assureurs de personnes.

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