L'assurance française reprend goût à la vie

Après une année 2012 atone, le marché français de l'assurance a redressé la barre en 2013, selon les premiers éléments du bilan de la FFSA. Un rebond encouragé par le retour à une collecte nette positive en assurance vie, mais « qui reste fragile », comme l'a rappelé Bernard Spitz, président de la FFSA.

Le Bilan de l’année

Les assurances de personnes tirent le chiffre d’affaires vers le haut.

L'ASSURANCE VIE REDRESSE LA BARRE EN 2013...

Même si l'année se termine mal avec une collecte nette négative de 1,6 Md€ au mois de décembre, dû à « des niveaux de prestations plus élevés », selon Jean-François Lequoy, délégué général de la FFSA, l'assurance vie a repris des couleurs en 2013, avec une collecte nette positive de 10,7 Md€. Autre bémol, selon Bernard Spitz, président de la FFSA, « On est encore très loin des niveaux des années 2009 ou 2010 » qui dépassaient les 50 Md€ de collecte nette.

Si les fonds en euros sont toujours archi-dominants, en 2013, la stratégie des assureurs d'orienter la collecte davantage vers les unités de compte (UC) commence à porter ses fruits : les UC ont représenté 14% de la collecte en 2013 contre 12% en 2012.

Parallèlement, après deux années de hausse, les prestations sont en baisse de 9%. Autre indicateur rassurant : le taux de sortie (prestations et rachats / encours) est redevenu proche de 7%, soit au niveau des années fastes, reflétant un profil moins vieillissant des contrats. En 2013, le cap des 1 500 Md€ d'encours de l'assurance vie n'aura pas été franchi en dépit d'une hausse annuelle de 5% : il s'élève à 1 463 Md€ dont 82% en fonds en euros.

10,7Md€ : La collecte nette (vie et capitalisation) est de nouveau positive en 2013, après la décollecte nette de 6,3 Md€ en 2012.

... ET RESTE ATTRACTIVE EN TERMES DE RENDEMENTS

On s'attendait à pire dans un contexte persistant de taux bas des obligations. Cependant les rendements 2013 moyens des fonds en euros devraient se situer à environ 2,80% nets de frais de gestion (contre 2,90% en 2012), selon les premières estimations de la FFSA.

Indirectement les fonds en euros ont profité de la bonne tenue des marchés financiers (+ 18% pour le Cac 40 en 2013) car nombreux sont ceux qui comprennent une part d'actions, même minime.

De surcroît, les fonds en euros ont en partie refait leur écart avec l'épargne réglementée (Livret A et Livret de développement durable étant descendu à 1,60% de moyenne annuelle), mais aussi avec l'inflation qui chute à 0,9% en moyenne annuelle.

Les supports en UC ont profité de la bonne tenue des marchés financiers qui leur a permis de devenir les « champions toutes catégories des placements », selon Jean-François Lequoy avec + 10,7% en moyenne sur un an.

DAVANTAGE D'ACTIFS D'ENTREPRISES DANS LES PLACEMENTS

Les Placements des assureurs en 2013

Les actifs d’entreprises représentent 58% des actifs des assureurs.

« Les assureurs financent massivement les entreprises, je le répète chaque année », martèle Bernard Spitz. En témoignent les quelque 1 985 Md€ d'actifs détenus par le secteur dont plus de la moitié (58%), soit 1 151 Md€ à destination des entreprises.

C'est un chiffre historique. « Il prouve que l'assurance joue pleinement son rôle de financement dans un contexte de désintermédiation et d'un basculement du financement bancaire vers le financement par le marché et les investisseurs traditionnels », précise le président de la FFSA. Avec un coup d'accélérateur net en direction des petites et moyennes entreprises. La preuve : les PME et les entreprises de taille intermédiaire ont, en 2013, attiré 4,6 Md€ d'investissements nouveaux de la part des assureurs pour atteindre 46,6 Md€ de placements. Une tendance, encouragée par la création des fonds Novo en 2013, qui devrait encore se poursuivre en 2014.

46,6Md€ : Le montant des placements des assureurs dans les PME et ETI, en 2013

texte citationne pas offrir une résiliation à tout moment de l’assurance emprunteur, mais ouvrir une fenêtre à la souscription.

Jean-François Lequoy, délégué général de la FFsA

l’eurocroissance a été pensé comme un juste milieu entre les fonds en euros et les unités de compte.

Bernard Spitz, président de la FFsA

Les 5 défis de l'assurance française en 2014

1. S'ADAPTER AU MARCHÉ DE L'ASSURANCE SANTÉ

Après moult rebondissements tout au long de 2013, la loi de sécurisation de l'emploi votée en juin transcrivant l'Accord national interprofessionnel (ANI) du 11 janvier 2013, va fortement toucher le marché de la complémentaire santé dès 2014. Ce « risque de déstabilisation » du marché s'est pourtant transformé en « opportunité » avec la liberté de choix donnée aux entreprises, selon Bernard Spitz qui rajoute : « Maintenant que les textes sont clairs, il va falloir suivre la généralisation de la complémentaire santé en entreprise ». Déjà les premiers contrats Ani-compatibles ont fait leur apparition. La concurrence risque d'être féroce. Seule inconnue majeure : la redéfinition des contrats responsables. 7/10

2. RÉUSSIR LE LANCEMENT DE L'EUROCROISSANCE

Dispositif phare de la réforme de l'assurance vie, votée en décembre dans le cadre de la loi de Finances rectificative pour 2013, l'eurocroissance est une « étape majeure, une réforme aussi structurante que le lancement des unités de compte, il y a plus de trente ans », pour Bernard Spitz. Les assureurs prennent à bras-le-corps cette innovation qui introduit un fonds « croissance » - dont le capital est garanti au bout de huit ans ou plus - aux côtés des traditionnels fonds en euros et unités de compte dans un contrat multisupport baptisé eurocroissance. Mais ils sont pendus à la parution des textes réglementaires qui pourraient tarder, en raison de nombreuses questions encore en suspens. Son lancement devrait occuper les assureurs pendant toute l'année 2014 : les services marketing, informatiques et de formation des réseaux sont déjà à la manoeuvre. 4/10

3. PRÉPARER LA MISE EN OEUVRE DE SOLVABILITÉ 2

Le risque de déstabilisation du financement de l'économie européenne a fait long feu grâce à l'accord de novembre 2013. « Nous sommes entrés dans la phase de préparation des mesures de niveau 2 », indique Bernard Spitz en précisant : « nous aurons deux points de vigilance » : d'une part, prendre en compte les modalités techniques du volatitily ajustment et du credit risk ajustment, et d'autre part, veiller au juste calibrage de certains risques d'investissement comme le private equity et certains risques techniques. 6/10

4. LOI CONSOMMATION : RÉUSSIR LA MISE EN OEUVRE OPÉRATIONNELLE

En dommages et en assurance emprunteur, l'année 2014 sera rythmée par l'entrée en vigueur de la loi consommation chère à Benoît Hamon. Sur les dispositions concernant l'assurance, la FFSA reconnaît que le « débat est tranché », mais s'attachera à ce que « la loi soit respectée et se fasse dans l'intérêt des usagers ». Tout n'est pas perdu. La FFSA espère transformer la loi en opportunité de marché en se saisissant de l'action de groupe à la française. « La profession accompagnera les entreprises dans leur protection assurantielle contre ce nouveau risque », relève Bernard Spitz. Les assureurs devraient être en mesure de traduire dans leur stratégie et leur positionnement tarifaire les effets de la loi Hamon au plus tôt fin 2014. 4/10

5. DIGITAL : ACCOMPAGNER LE CHANGEMENT

Enjeu de long terme, le numérique et son impact sur l'assurance devient un axe prioritaire en matière d'innovation. Il figure d'ailleurs parmi les chantiers inscrits à l'ordre du jour du Conseil d'orientation et de réflexion de l'assurance (Cora), organe interne à la FFSA, pour 2014. La profession souhaite ainsi s'adapter aux nouveaux usages (concrétisation du e-constat), aux nouveaux risques (e-réputation, perte de données) et faire face aux nouveaux acteurs dans un marché plus ouvert. Non cités, la menace du « gang des quatre » (Google, Amazon, Facebook, Apple) plane. 7/10

MÉTHODOLOGIE

Pour apprécier la capacité de la FFSA de relever le défi cette année sur ses principaux dossiers, L'Argus de l'assurance a élaboré un indicateur de réussite. Il mesure le rapport entre les difficultés à surmonter le défi pour le secteur et les espoirs de réussite. Ainsi, plus la note obtenue tend vers 10, plus les chances de réussite de la profession sont élevées. À l'inverse, en deçà de 5/10, les efforts entrepris ne dégageront pas totalement les effets attendus au cours de l'année.

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