L'heure des comptes...

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Groupama a annoncé coup sur coup les ventes de sa filiale Gan Eurocourtage et d'un prestigieux immeuble sur les Champs-Élysées. D'autres cessions sont prévues, sans oublier la mise en place d'un plan drastique d'économies. Pour autant, pas sûr que ces opérations arrivent à combler le lourd déficit de l'assureur mutualiste.

Chez Groupama, la sérénité est de mise. « Nous sommes confiants sur la capacité [...] d'atteindre l'équilibre et même des bénéfices sur l'année 2012 », a déclaré, le 8 juin, Thierry Martel, le directeur général de l'assureur vert, sur Radio classique. Le jour même, Groupama a annoncé que le groupe cédait sa filiale Gan Eurocourtage à Allianz France. Cette opération participe au plan de redressement des comptes de l'assureur qui, plombés par la chute des marchés financiers (Groupama détient d'importantes participations dans des sociétés cotées, notamment Veolia et Société générale) et une forte exposition en Grèce, ont affiché un déficit de 1,76 Md€ en 2011.

Ce besoin de liquidités explique la vente, le 5 juin, d'un immeuble de 26 000 m² sur les Champs-Élysées. Mais si Thierry Martel a confirmé sur Radio classique que cette transaction s'élève à « plus de 500 M€ », aucun chiffre n'a filtré sur le montant du « deal » Gan Eurocourtage. Idem pour la filiale espagnole, Groupama Seguros, bien partie pour être vendue. Quant aux cessions, début avril, des actions Bolloré et de la participation dans Belambra, on reste dans la plus grande incertitude. Contactée, la direction de Groupama n'a pas souhaité apporter de précisions, invoquant des « clauses de confidentialité inscrites dans les accords ». Quoi qu'il en soit, même en retenant les fourchettes hautes, les comptes n'y seraient pas... « Groupama est en train de vendre les bijoux de famille. Mais cela risque de ne pas être suffisant », estime un connaisseur du marché, qui ajoute : « Plus que le déficit, c'est la nature même des placements de Groupama qui pose problème. »

GROUPAMA

  • Cession de Gan Eurocourtage + 110 à 200 M€
  • Cession de l'immeuble des Champs-Élysées + 500 M€
  • Cession de Groupama Seguros + 350 à 400 M€
  • Cession de 61% de Belambra + 200 M€
  • Plan d'économies sur deux ans + 400 M€
  • Cession d'actions Bolloré + 121 M€
  • Apport de capital par la CDC 0€

À VENIR

BELAMBRA

  • Groupama, qui possède - via Acto Capital, le fonds de Groupama Private Equity - 61% du capital du groupe de clubs de vacances Belambra (ex-VFF), aux côtés de la Caisse des dépôts (34%) et des salariés (5%), veut céder sa participation. Plusieurs fonds seraient intéressés, dont Fondation Capital, Sagard, PAI et Montefiore. Groupama espère tirer 200 M€ de cette opération. Ni Groupama ni Belambra n'ont souhaité s'exprimer sur le sujet.

AUGMENTATION DE CAPITAL

  • Comme prévu, la Caisse des dépôts (CDC) a souscrit le 14 mars à une émission d'actions dit « de préférence » de Gan Eurocourtage de 300 M€. Cet apport en capital visait à permettre à la filiale de Groupama de « renforcer sa solidité financière », selon un communiqué de l'assureur. L'accord prévoit qu'en cas de cession de Gan Eurocourtage, sa maison mère « rembourse » les 300 M€ à la CDC, comme cette dernière nous l'a confirmé. En revanche, ni le calendrier ni le mode opératoire ne nous ont été communiqués.

EN COURS

GROUPAMA SEGUROS

  • L'entité espagnole de Groupama est la première filiale étrangère à trouver preneur. Alors que Mapfre et SantaLucia Seguros avaient fait part de leur intérêt, le groupe mutualiste est entré en phase de négociations exclusives avec Catalana Occidente le 31 mai. L'opération de cette filiale à 100% devrait permettre à l'assureur de récupérer 350 à 400 M€. Groupama Seguros a enregistré, en 2011, un bénéfice avant impôt de 43,1 M€ et un chiffre d'affaires de 930 M€.

PLAN D'ÉCONOMIES

  • Le groupe s'est engagé dans un plan d'économies de 400 M€ d'ici à 2014, avec une baisse de 10% des frais généraux des directions de Groupama SA dès 2012 et une baisse de 10% des frais généraux (hors commissions) des filiales d'ici à 2013. D'autres économies sont annoncées, telle la réduction du budget publicité-sponsoring. L'assureur a déjà réduit de moitié son budget sponsoring dans la voile (qui était d'environ 20 M€ par an) et envisage de se retirer du football (Olympique lyonnais et Olympique de Marseille).

RÉALISÉ

GAN EUROCOURTAGE

  • Le transfert de portefeuille concerne la partie IARD (hors transport) particuliers et entreprises et l'assurance voyage. Les activités liées à la GRL (gestion des risques locatifs) et à l'assurance chômage pour les dirigeants ne sont pas concernées. La partie s'occupant des collectivités reste aussi dans le giron de Groupama, tout comme la société de courtage Présence assistance tourisme. La transaction devrait être à peine supérieure à 110 M€, mais permettrait à Groupama de conserver ses fonds propres (300 M€).

IMMOBILIER

  • Le 1er juin, l'assureur a cédé au fonds souverain qatari QIA l'immeuble de 26 000 m² du 52 avenue des Champs-Élysées (qui héberge notamment le magasin Virgin), pour plus de 500 M€. Il s'agirait de la troisième transaction la plus importante de ces dix dernières années dans l'immobilier d'entreprise en France. D'autres cessions d'actifs pourraient intervenir, d'autant que Groupama possède un patrimoine immobilier de 4,1 Md€ (composé à 70% des bureaux, en grande majorité à Paris), dont la propriété de son siège social, rue d'Astorg.

BOLLORÉ

  • Début avril, l'assureur mutualiste a vendu les 3,10% qu'il détenait dans le groupe diversifié Bolloré. La vente a porté sur un bloc de 777 878 actions. À 156 € pièce (cours du 30 mars), l'opération aurait rapporté, selon nos calculs, un peu plus de 121 M€. « Cette cession de titres s'intègre dans la stratégie, annoncée par Groupama, de réduction de son exposition aux risques du marché », a justifié l'assureur, dans un communiqué.

Les espoirs de gains

Outre Gan Eurocourtage et Groupama Seguros, l'assureur mutualiste envisage la vente d'autres filiales. C'est le cas de son activité au Royaume-Uni. Celle-ci aurait du mal à se concrétiser, car Groupama veut vendre d'un seul bloc (activité courtage et dommages). La consultation se poursuit pour la filiale en Turquie (environ 400 M€ de chiffre d'affaires), peu bénéficiaire, mais dont l'activité est appelée à se développer. La succursale polonaise intéresserait plusieurs investisseurs, même si, récente, elle dégage peu d'argent pour l'instant. En revanche, en Italie, en Hongrie et en Roumanie, le groupe n'a pas de velléités de vendre.

La masse salariale comme variable d'ajustement

Une cession de Gan assurances serait la dernière solution à laquelle se résoudrait Groupama, compte tenu de la complexité de l'opération (Gan assurances est très intégré dans le groupe et l'activité vie est imbriquée dans Groupama Gan vie). La cession même de GGVie a un temps été étudiée, Groupama ayant exploré un recentrage sur son coeur de métier, l'assurance dommages. Mais le contexte défavorable détournerait les acquéreurs, et là aussi, il s'agirait d'une opération trop complexe à mettre en oeuvre. Enfin, la masse salariale pourrait servir de variable d'ajustement. « En dehors de Gan assurances, il n'y a pas aujourd'hui officiellement de plan de départ volontaire et encore moins de plans de licenciements. Nous ne sommes toutefois pas dupes : l'emploi se réduit dans le groupe. Des collègues nous quittent régulièrement et sont remplacés à la marge », constate Martial Le Pennec, délégué CFDT. Une chose est sûre : la cession de Gan Eurocourtage entraînera le départ de 634 salariés de Groupama vers Allianz.

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