La pax numerica ?

Avec l'e-constat auto, la profession effectue ses premiers pas numériques autour d'un socle commun. Mais son lancement devrait préfigurer le top départ d'une nouvelle compétition en matière de services associés à la gestion du sinistre auto.

L'Association française de l'assurance (FFSA et Gema, AFA) peut se frotter les mains ! Et pour cause : en ce mois de décembre 2014, l'e-constat auto est désormais accessible au téléchargement pour les 27,7 millions de propriétaires d'un smartphone en France et d'un véhicule assuré. La concrétisation d'une innovation de place acquise au terme de 18 mois d'un travail mené de concert entre la FFSA, le Gema et Darva, le développeur de l'application (voir ci-dessous). « L'AFA avait à coeur d'accompagner la montée en puissance du numérique. L'e-constat n'est qu'un élément d'une démarche plus globale », avait alors rappelé Bernard Spitz, président de l'AFA et de la FFSA à l'occasion de la présentation du e-constat à la presse. Avec l'adhésion de plus de 90% du marché français, la profession peut se targuer d'avoir posé, sans encombre, la première pierre de l'édifice numérique de l'assurance.

  • 5 millions

Le nombre de constats amiables papier remplis chaque année en France.

  • 3,1 millions

Le nombre d'accidents par an en France dont 150 000 occasionnant des dommages corporels.

  • 27,7 millions

Nombre de smartphones en France dont 85 % fonctionnent sous un système d'exploitation compatible avec l'e-constat.

« Tous les acteurs de l'assurance se sont mis autour de la table, souligne Pascal Demurger, président du Gema et vice-président de l'AFA. Tous y ont contribué et tous vont la reconnaître. » Le coup de maître est à la fois politique et technique. D'autant que cette première incursion réussie dans l'« oekoumène numérique » a été complétée depuis par deux autres réalisations : l'élaboration d'un pack de conformité (deux normes simplifiées et trois autorisations uniques) avec la Cnil et la mise en place d'une commission numérique de l'AFA, dont la présidence a été confiée à Virginie Fauvel, membre du comité exécutif d'Allianz France et la vice-présidence à Antoine Ermeneux, directeur de la transformation stratégique chez Covéa. « Son objectif est de concevoir des dispositifs pour faciliter la relation avec l'assuré », précise Bernard Spitz. De quoi préfigurer d'autres développements digitaux à terme.

À première vue, l'e-constat aura donc le mérite de permettre à l'ensemble du marché d'améliorer le temps de traitement des sinistres auto et de réduire les coûts engendrés par la gestion des dossiers. Mais cette paix de place pourrait bien s'avérer précaire. Car si l'on en croit Michel Gougnard, président du conseil d'administration de Darva et directeur général de Covéa AIS, loin de mettre les assureurs au même niveau, l'application mobile devrait, a contrario, intensifier la concurrence. « Pour les assureurs, c'est le top de départ d'une nouvelle ère de compétition entre les assureurs sur les trois plans que sont les services aux assurés, la productivité de nos systèmes de gestion et la maitrise des coûts. » Au risque d'accentuer un peu plus encore la fracture numérique entre d'une part, des sociétés qui profiteraient de l'expérience de l'e-constat pour se saisir de la question digitale au sein de leurs organisations, et, d'autre part, celles dont les directions des systèmes informatiques (DSI) sont suffisamment acculturées au numérique pour capitaliser sur l'ensemble de la chaîne de valeur de l'assurance, en particulier dans le champ de la gestion des sinistres. Les majors disposent déjà d'une longueur d'avance. Pour preuve : Allianz France a d'ores et déjà intégré l'e-constat dans son application « Mon Allianz Mobile » en précisant que ses clients « bénéficieront d'un engagement de traitement et de rappel dans l'heure ». La Matmut a interfacé le constat numérique avec sa propre application tout comme la Maif qui propose en complément la possibilité de localiser un réparateur, une pharmacie, un hôpital ou encore de demander l'aide à un ami. De son côté, la Macif travaille à une application annoncée pour le premier semestre 2015. Reste que « l'application officielle des assureurs français » - une manière habile d'étouffer toutes celles qui fleurissent sur l'AppStore et Google Play - doit encore convaincre les assurés. Aux Pays-Bas, où elle est proposée depuis 2 ans aux automobilistes, à peine 5% des constats sont remplis depuis un smartphone.

L’AFA avait à coeur d’accompagner la montée en puissance du numérique. L’e-constat n’est qu’un élément d’une démarche plus globale.

Bernard Spitz, président de l’AFA et de la FFSA

Les assureurs ont la possibilité de récupérer et d’exploiter les informations contenues dans le constat pour imaginer des services autour de la gestion du sinistre.

Sophie Cousin, chargée d’études chez Darva



un chantier de 18 mois

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